Méthodes d’induction hypnotique lente

Il existe une multitude de techniques d’induction lente de l’hypnose. Elles sont tellement nombreuses que l’on pourrait leur consacrer un livre entier.

C’est la raison pour laquelle nous n’allons étudier qu’un certain nombre d’entre elles : celles qui ont un intérêt historique, celles qui sont utilisées le plus couram­ment, même par des médecins.

Comme l’a démontré l’Ecole sophrologique, toutes ces techniques constituent un rituel par­faitement inutile, car, comme l’a dit Dumont : « Elles ne sont pas faites pour les hypnotisés mais en réalité pour les hypno­tiseurs. »


Tous ceux qui ont pratiqué l’hypnose savent que l’induction est angoissante, l’hypnotiseur redoutant toujours consciemment ou inconsciemment l’échec.

Toutes les méthodes d’induction ont un dénominateur commun : la fermeture des yeux qui signe l’entrée du sujet dans la transe. Il faut donc à tout prix obtenir la fermeture de ces yeux qui vous jugent, de ces yeux qui ont fait que Freud s’est mis derrière le divan pour ne plus les avoir en face de lui.

Avant de passer en revue les techniques rituelles rejetées par Cayeedo et l’Ecole sophrolo­gique, voyons quelles sont les conditions préalables de l’hypnose. Pour Fleiseher, ces conditions nécessaires et suffisantes sont au nombre de cinq :

La croyance

Si vous voulez obtenir l’hypnose, il faut y croire.  L’opérateur doit avoir une confiance absolue dans sa capacité de créer le rapport hypnotique. Cette croyance, cette confiance se com­muniquent d’ordinaire au patient d’une manière non verbale. Lorsque l’opérateur est parfaitement à son aise, lorsque le ton de sa voix est calme, confiant, qu’il n’a aucune hésitation, que sa parole est parfaitement assumée, pleine d’aisance, il est alors capa­ble de communiquer à son patient ce sentiment de calme et de confiance. Ne commencez jamais par exemple votre induction par : « Nous allons essayer de… » Si vous parlez de tentative, c’est que vous n’avez aucune confiance en vous, votre patient le sentira et il n’aura lui non plus aucune confiance. La manière la plus aisée de faire passer ce message de confiance à votre patient est de connaître parfaitement votre technique d’induction. Vous ne devez pas avoir l’ombre d’une hésitation, vous devez trouver instantanément votre rythme, votre débit et votre modu­lation.

L’attente

Le patient a confiance en vous et il s’attend à ce qu’il se passe quelque chose, quelle que soit la méthode d’induction que vous avez choisie. Il n’est pas du tout nécessaire que votre sujet s’attende à être hypnotisé. Si, par exemple, vous utilisez pour votre induction la technique de relaxation, vous lui avez demandé tout d’abord s’il aimerait apprendre à se relaxer, et alors, une fois que vous lui aurez posé cette question, il s’attendra à ce que vous lui fassiez quelque chose, à ce que vous lui enseigniez quelque chose qui l’aide effectivement à se relaxer. Il est donc dans un état d’attente et c’est ce sentiment d’attente qui est l’une des conditions permettant au sujet de parvenir à l’hypnose.


Quelques lectures intéressantes:

La concentration et le détournement de l’attention

Le but de cette manœuvre est  essentiellement  de rétrécir le champ de conscience du sujet en focalisant son attention et en la détournant, après quoi l’hypnotiseur peut lui présenter les suggestions. Dans la méthode de Bernheim, l’hypnotiseur ordonne au sujet de le regarder fixement dans les yeux, ce qui entraîne la concentration de l’attention du sujet sur les yeux de l’hypnotiseur et le détournement de son attention, qui est entière­ment polarisée sur les yeux de l’opérateur, ce qui permet à ce dernier de lui suggérer que ses paupières deviennent de plus en plus lourdes, qu’elles sont de plus en plus lourdes, que ses pau­pières se ferment, qu’il sent le sommeil venir, etc. L’attention du sujet peut être détournée en lui faisant utiliser les cinq sens : la vue (« Regardez mes yeux, regardez ce point brillant »), l’ouïe (le coup de gong que l’on affectionnait beaucoup à la Sal­pêtrière n’avait pour but que le détournement brutal de l’attention du sujet), le goût, l’odorat et même le sens kinestésique.

La suggestion

Lorsque l’attention du sujet est concentrée et détournée, on peut implanter les suggestions. Par exemple, si l’on a demandé au sujet de fixer toute son attention sur son pouce et qu’on lui répète que ses paupières deviennent de plus en plus lourdes, de plus en plus lourdes, il a au bout de quelques instants effective­ment l’impression que ses paupières deviennent de plus en plus lourdes et que ses yeux se ferment.

La réalisation

Au fur et à mesure que le sujet constate que les suggestions qu’on lui présente se réalisent, sa faculté critique diminue progres­sivement et sa suggestibilité augmente. L’hypnose s’installe pro­gressivement.

Les différentes méthodes d’induction hypnotique lente:

Vous êtes praticien santé ou paramédical ? Boostez votre visibilité en vous inscrivant gratuitement sur Therapeutes.com