Comment donner une suggestion hypnotique ?

Les suggestions peuvent être données d’une manière autoritaire sur le ton du commandement. Cette manière de faire n’est indi­quée, à notre avis, que s’il existe chez le malade un besoin d’être dominé. En dehors de ces cas particuliers, cette méthode est sou­vent à l’origine de phénomènes de résistance.

La méthode permis­sive « vous pouvez faire ceci » , au lieu de « vous devez faire ceci », est peut-être un peu plus lente mais mieux acceptée, le sujet n’ayant pas l’impression d’être dominé. Les cas de résistance sont ici beaucoup moins nombreux.

Les suggestions peuvent être positives ou négatives.


D’une manière générale, les suggestions positives sont toujours beaucoup plus efficaces que les sugges­tions négatives. Si, par exemple, à un malade qui souffre de céphalée vous suggérez que ses douleurs vont disparaître, en lui disant : « Vous n’allez plus ressentir aucune douleur », suggestion négative, vous avez à peu près toutes les chances d’échouer. Si au contraire vous lui suggérez, suivant la technique d’Erickson, qu’il va ressentir une chaleur douce, agréable sur son front et qu’il se sentira de mieux en mieux, ce n’est que lorsqu’il ressent effectivement et nettement la sensation de chaleur avec une impression de soulagement que vous associez alors la suggestion négative de la disparition de douleur.

Ajoutons,  aux  lois  de la  suggestion,  les recommandations données par John Hartland.


Quelques lectures intéressantes:

  • La suggestion doit toujours être énoncée de manière très claire, non ambiguë. N’oubliez pas que vous cherchez essentiel­lement à obtenir un abaissement du niveau de conscience de votre sujet. Il ne doit y avoir aucun doute quant à l’intention recher­chée. Ayez toujours présent à l’esprit qu’en état d’hypnose vous vous adressez à l’inconscient du malade et que votre suggestion est acceptée littéralement. Utilisez donc une terminologie extrê­mement simple, des phrases courtes et concises n’ayant qu’une seule interprétation possible.
  • Utilisez les suggestion simples, ne compliquez pas les cho­ses. Plus une suggestion est compliquée, plus sa réalisation est difficile. Vous risquez, en donnant des suggestions compliquées, d’obtenir une élévation du niveau de conscience de votre sujet et de déclencher un phénomène de résistance.
  • Utilisez le moins possible la manière autoritaire de façon à éviter que le sujet ait l’impression d’être dominé, ce qui peut déclencher une résistance.
  • En énonçant les suggestions, vous devez trouver une intonation, un rythme appropriés. (Pour  les Indous,  le nom, le mot, le verbe, sont des médiateurs subtils entre le corps maté­ riel et la pensée subtile. Les doctrines du Gnana yoga professent que tout est vibration et que la vibration obéit à un certain rythme ; la santé, l’équilibre, le mouvement efficient dépen­dent de l’accord d’un rythme particulier avec le rythme universel.) Les sensations de lourdeur, de pesanteur par exemple, seront sug­ gérées en parlant plus lentement, en appuyant sur les mots de manière à communiquer verbalement au sujet l’impression de pesanteur, de lourdeur. La répétition de la suggestion est très importante, il est bon de laisser un petit intervalle libre entre ces suggestions. Finalement, tout hypnotiseur doit savoir jouer sur le rythme, les changements d’inflexion et de modulation de la voix, autant de choses qui ne s’apprennent pas clans les livres et ne sont ressenties qu’intuitivement.
  • Quelle que soit la profondeur de la transe obtenue, respec­ tez toujours votre contrat avec le malade. Ne donnez jamais de suggestions désagréables ou contraires au code moral de votre patient. Hartland insiste justement sur le fait que, même dans les cours où l’on donne des suggestion posthypnotiques pour démontrer la réalité du phénomène, il faut toujours prendre le soin d’éviter des suggestions qui risquent de ridiculiser les sujets. Comme nous l’avons dit, dans l’hypnose il y a un contrat patient-malade ; il faut en respecter les termes ; toute suggestion contraire au code moral entraînera, quelle que soit la profondeur de la transe, une résistance et le réveil brutal du sujet (s’accom­pagnant souvent d’une sensation d’angoisse intense).
  • En ce qui concerne les suggestions thérapeutiques, les plus importantes doivent être réservées pour la fin. Commencez toujours votre traitement par les suggestions les plus simples et terminez par celles qui sont les plus importantes, car ce sont les dernières suggestions, formulées au moment où la transe est la plus profonde, qui risquent d’être les mieux acceptées.
  • Les suggestions devront toujours être énoncées en termes qui seront appropriés à la manière de penser et aux habitudes du sujet.

 

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