Induction hypnotique: Méthode de relaxation progressive

Cette technique, encore nommée par Fleischer « Méthode déguisée », est très proche des techniques sophroniques.

En effet, à notre époque, le terme relaxation a une dénotation très agréable en général, à la différence du mot hypnose, lourd de sous­ entendus et qui est presque toujours à l’origine de résistance cons­ciente ou inconsciente.

Le mot relaxation n’implique pas la perte du contrôle de soi-même ou un quelconque sentiment de domi­nation. C’est donc un terme de choix. Fleischer a fait une série d’expériences  qui démontrent  que, contrairement  à l’opinion émise par beaucoup d’auteurs, il semble qu’un sujet a d’autant plus de chances d’être hypnotisé qu’il s’attend à être, non pas hypnotisé, mais relaxé. Cet auteur a fait en 1961 une série d’expériences sur deux groupes de volontaires. Les sujets du premier groupe s’attendaient à être hypnotisés et avaient été recrutés à cet effet. Les sujets du deuxième groupe pensaient qu’ils allaient s’initier à une technique de relaxation.


La technique d’induction par relaxation progressive fut enre­gistrée sur disque et servit individuellement à l’induction des sujets des deux groupes. Les résultats montrèrent qu’il y eut un plus grand nombre d’inductions hypnotiques chez les sujets qui s’attendaient à être relaxés que chez ceux qui s’attendaient à être hypnotisés.

Ceci se comprend fort bien et nous l’expli­querons lorsque nous étudierons le phénomène de résistance. On sait en effet que beaucoup de sujets sont résistants à l’hypnose, soit qu’ils manquent de motivations, soit purement et simple­ment du fait d’une anxiété importante. Il est bien évident que si vous proposez non pas l’hypnose mais une technique de relaxa­tion qui n’est pas imposée au sujet (mais que le sujet aura l’im­pression de faire lui-même), vous éliminez, comme dans la sophronisation, la plupart des facteurs de résistance.

Lorsque vous vous servirez de la technique déguisée, il faut donc vous arranger de manière que le patient auquel vous proposerez la relaxation, non seulement consente à cette expérience, mais qu’il éprouve le désir d’apprendre à la ressentir. L’approche du patient par la technique déguisée est conçue de telle façon que ce der­nier répondra qu’il désire apprendre à se relaxer, cette réponse affirmative étant prévue a priori simplement parce que le dia­logue praticien-patient est conçu de manière telle que ce dernier ait le désir de répondre par l’affirmative.

Comment obtenir un tel résultat ?

D’une manière très simple. Vous demandez à votre sujet : « Avez-vous jamais eu réellement la possibilité d’apprendre à vous relaxer ? Vous savez, si vous arriviez à vous relaxer convenablement, vous vous sentiriez vrai­ ment beaucoup mieux. » Si le sujet répond par la négative, vous lui dites :

« Voulez-vous que je vous apprenne une méthode simple mais très efficace de relaxation ? »

Votre patient répondra par l’affirmative, et vous pouvez être assuré de sa coopération. Lorsque l’on n’obtient pas tout de suite une réponse affirmative ou que le sujet demande d’autres explications, on oriente le dialogue de manière à provoquer le désir d’acceptation du patient, ce qui est généralement extrêmement simple. Par exemple, vous direz :

« Essayez donc de vous relaxer quelques instants. »


Quelques lectures intéressantes:

Puis vous prendrez la main de votre patient, vous l’élèverez puis vous la laisserez tomber. La plupart du temps la main descendra avec lenteur, quelquefois même elle ne descendra pas du tout. Il est bien rare que la main retombe lourdement comme un poids abandonné à sa chute. Ce petit stratagème fera prendre conscience à votre sujet du fait qu’il n’est pas relaxé et vous enchaînez à ce moment-là : « Vous voyez bien que vous n’êtes pas relaxé ; si réellement vous étiez parfaitement relaxé, votre bras tomberait comme une masse de plomb. Voulez-vous me laisser vous enseigner une méthode simple de relaxation ? En général, la réponse sera à ce moment-là positive et vous passerez immédiatement à l’induction :

« Etes-vous prêt ? » Le sujet vous ayant répondu par l’affirmative, vous direz : « Maintenant tout ce que je vous demande, c’est de fermer les yeux. »

(Cet ordre est donné lentement, fermement, distinctement, d’une voix assu­rée.) On demande ensuite au patient de détendre les masses musculaires de ses cuisses, de ses jambes, de ses pieds, en insis­tant sur la sensation de détente, de souplesse des masses muscu­laires, puis sur la sensation de lourdeur. Ensuite, on lui fait détendre les masses musculaires de ses bras, de ses avant-bras, de ses mains et de ses doigts jusqu’à ce qu’il éprouve la sensation de pesanteur. Une fois obtenue la relaxation complète des bras et des jambes, on lui suggère la relaxation des muscles des yeux :

« Maintenant, détendez les muscles qui sont autour de vos yeux. Vous les sentez qui se détendent, qui se décrispent, qui se décon­tractent, qui deviennent mous, de plus en plus mous, et, au fur et à mesure qu’ils se détendent, vous constatez que vos pau­pières deviennent lourdes, de plus en plus lourdes, tellement lourdes que tout se passe comme si vous ne pouviez plus ouvrir vos yeux. N’essayez même pas de les ouvrir, relaxez-vous de plus en plus profondément. »

Plutôt que de dire d’une manière autoritaire et directe :

« Vous ne pouvez pas ouvrir vos yeux », contentez-vous de la formule :  »

Tout se passe comme si vous ne pouviez pas ouvrir vos yeux « , car, si par hasard il arrivait à votre patient d’ouvrir les yeux, vous n’auriez pas perdu la face, vous pourriez lui expliquer que « tout se passe comme si…  »

En somme, la dynamique de cette induction part des jambes, continue par les bras, vise essentiellement à donner an patient le sentiment que ses muscles sont effectivement relaxés de ma­nière à ce que lorsqu’il arrive à détendre les muscles de ses yeux et que vous lui dites éventuellement :

« Tout se passe comme si vous ne pouviez plus ouvrir vos yeux, essayez de les ouvrir. Plus vous essayez de les ouvrir et plus ils se ferment », à ce moment-là vous le voyez en général faire un petit battement de paupières et vous obtenez la catalepsie des paupières qui indi­que l’entrée dans l’état hypnotique.

Cette technique d’induction par relaxation progressive vous aura donc demandé très exactement une minute et demie pour amener votre sujet aux portes de l’hypnose. Vous pouvez alors approfondir l’état en vous servant de la respiration comme technique d’approfondissement. Vous réveillerez ensuite très pro­gressivement votre patient en lui suggérant que la force revient dans les muscles de ses bras, dans les muscles de ses jambes, que sa respiration s’approfondit, qu’il peut bouger  ses  doigts et ses orteils. Vous lui suggérerez de respirer profondément, de s’étirer comme il le fait le matin au réveil et d’ouvrir ensuite les paupières. Le grand intérêt de cette méthode est de donner l’impression au sujet qu’il a collaboré avec le praticien, tout au long de l’expérience, sans avoir nullement été assujetti par lui. Elle est particulièrement pratique lorsqu’on a affaire à des sujets anxieux craignant de perdre le contrôle d’eux-mêmes.

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