Comment diagnostiquer une candidose digestive ?

Qu’est ce que la candidose ?

La candidose est due à un champignon opportuniste, le Candida albicans, présent dans tous nos tissus, aussi bien sur la peau et les muqueuses que dans notre intestin.

Cette levure vit normalement en saprophyte dans l’intestin humain en se nourrissant de matières organiques en décomposition.

le Candida albicans vit en symbiose avec les bactéries, virus et parasites qui peuplent notre environnement microbiologique.


Il est généralement sans danger, tant que l’équilibre bactérien qui contrôle sa multiplication n’est pas altéré. Dans certaines conditions pourtant (prise d’antibiotiques, stress, excès de consommation de produits raffinés riches en sucre, pollution, baisse de l’immunité, etc….), il peut se multiplier de manière excessive et envahir tout l’appareil digestif ( bouche, intestin, anus).

La diversité des symptômes et la méconnaissance des professionnels de santé face à cette affection, retardent souvent le diagnostic.

Il n’existe pas de chiffres officiels, mais on estime qu’aux Etats-Unis, une personne sur 2 souffrirait d’un problème de candidose.

La raison vient essentiellement d’une multiplication par 7 de la consommation d’aliments raffinés riches en sucre (soda snacking) , en 50 ans.
Le Candida albicans, un champignon dimorphique qui se soustrait aux mécanismes de défense.

Le Candida albicans peut exister sous 2 formes différentes : la forme levure, et la forme mycélienne ou moisissure.

La forme mycélienne est de loin la virulente et la plus susceptible d’être la cause d’une prolifération de Candida.

Sa capacité à changer de forme ( dimorphisme) donne au Candida un avantage naturel sur les autres micro-organismes. Cela lui permet d’exister à de différentes températures et niveaux de pH, mais surtout d’échapper à la vigilance de notre système immunitaire.

D’autre part, ces moisissures ont la capacité de produire un bio film, permettant au candida d’adhérer à notre épithélium intestinal.

Grace à ce dimorphisme, il se soustrait aux mécanises de défense liés à l’immunité cellulaire.

Le Candida albicans, comme la plupart des levures, siège dans le côlon ascendant.

C’est dans cette partie du côlon que les processus de fermentation sont les plus importants, et le Candida participe activement à la digestion des sucres, libérant ainsi des métabolites, comme des aldéhydes, de l’ammoniac, ou encore des produits issus de la dégradation de certains sucres comme le D-arabinotol, les citramalates ou encore les tartarates.

En cas de dysbiose, la prolifération du Candida va, en plus perturber la production de ces métabolites, entraîner l’augmentation de la libération de mycotoxines, ce qui pourra occasionner de nombreux symptômes.

En cas de perte de l’intégrité de la muqueuse intestinal ( leaky gut syndrom), celles-ci pourront diffuser par voix sanguine dans tout l’organisme.

Quelles sont les principales causes de Candidose Chronique ?

Cause n°1 : Excès de sucre

Tout aliment riche e sucre peut favoriser une prolifération de Candida, on incrimine à juste titre les sucres raffinés issus de l’alimentation industrielle, mais le Candida ne fait pas la différence entre le sucre d’une banane, d’une barre de chocolat, d’une viennoiserie ou d’un baguette de pain.

Il existe plusieurs groupes d’aliments qui peuvent favoriser une prolifération de Candida.

C’est le cas avec les aliments contenant des levures, comme certains fromages ( roquefort, morbier, etc..)

Pourquoi le candida aime le sucre ?
La levure Candida possède une enzyme nécessaire pour assimiler le glucose, et par un processus de fermentation, elle va utiliser ce glucose pour en faire de l’énergie. Cette source d’énergie permet notamment au Candida de se développer, de construire de nouvelles parois cellulaires ( 80% des parois cellulaire de levure sont constituées de glucides) et de se transformer en sa forme fongique la plus virulente.

Cause n°2 : les antibiotiques

Les antibiotiques sont la deuxième cause la plus fréquente de Candidose, jute après un régime alimentaire riche en sucre.

Cela vaut particulièrement pour les antibiotiques à large spectre.

Ces antibiotiques ne vont pas seulement tuer les bactéries pathogènes qui sont à l’origine de votre état de santé, ils vont aussi détruire l’ensemble de la population de bonnes bactéries dans notre intestin.

Personnellement je prend en charge les personnes avant la cure d’antibiotiques, pendant la cure, et après la cure, avec des probiotiques et un régime alimentaire spécifique de courte durée.

Cause n°3 : Le stress

Un niveau élevé de stress mental à souvent été associé à une incidence accrue des infections vaginales à la levures, et il est une cause majeure de Candidose chronique.

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles une période de stress modifie la constitution physiologique de notre corps.

Sur le long terme, le stress psychique conduit à des changements prolongés de la chimie de notre corps, notamment en augmentant le taux de cortisol.

En effet, le cortisol est une hormone hyperglycémiante qui affaiblit le système immunitaire. Couplée à une baisse des défenses naturelles, cette hyperglycémie va ainsi créer dans l’intestin un environnement favorable au développement du Candida, en offrant à ce dernier une source d’énergie et un terrain propice favorisant sa prolifération.

Cause n°4 : La pilule contraceptive et la grossesse

Tout changement du climat hormonal chez la femme est susceptible de modifier le microbiote. Les oestrogènes présent dans la pilule contraceptive stimulent la production de glycogène dans le vagin.

Le glycogène étant une source d’énergie idéale pour les cellules de candida qui y vivent, son augmentation favorisera la prolifération de candida.

Cause n °5: Le diabète

Les diabétiques présentent des niveaux élevés de sucre dans le sang, ce qui alimente les cellules de levure Candida. Cela est dû soit à une pénurie d’insuline dans le corps, soit à une absence de réaction normale à l’insuline par l’organisme.

Le diabète perturbe le système immunitaire en l’affaiblissant, cela permet aux cellules de levure Candida de se multiplier et de se transformer en forme fongique et pathogène.

Cause n°6: Le terrain acide

Le pH optimal pour le développement de Candida fait l’objet de nombreux débats.
La confusion est liée à la variation de l’acidité à travers les différents parties de notre système digestif (tractus gastro-intestinal, et au fait que le Candida existe sous deux formes distinctes.

La levure Candida se développe mieux dans un environnement acide, c’est pourquoi elle est surtout présente dans la partie du tube digestif où le pH peut varier de 6 à 7, c’est à dire au niveau du côlon droit.

Toutefois, pour qu’elle se transforme en sa forme pathogène ( la plus virulente), il faut que l’équilibre du pH passe d’un milieu acide, voire neutre, à légèrement alcalin.

Pour cela le Candida décompose les nutriments dans l’intestin et libère de l’ammoniac, gaz alcalin qui ré-augmente immédiatement le pH de son environnement immédiat.

Ce phénomène permet à la levure de se transformer sous sa forme pathogène mycélienne.

Les conditions optimales de développement du Candida vont donc dépendre de la forme de Candida considérée.


Quelques lectures intéressantes:

La forme levure moins virulente et causant moins de problèmes de santé, se développe mieux dans un ph acide de 4, tandis que la forme fongique (mycélienne, ou moisissure), exige un pH neutre, voire légèrement alcalin, supérieur à 7 ou plus.

Cette différence de pH entre les 2 formes de Candida explique les nombreuses confusions autour du Candida et du pH.

Se pose alors la question suivante pour la guérir d’une infestation au Candida :

Faut-il réduire l’acidité dans l’intestin pour ralentir la croissance de la levure Candida, ou au contraire augmenter l’acidité pour améliorer pour éliminer le champignon Candida, plus virulent ?

La solution consiste à maintenir l’acidité dans l’intestin afin d’empêcher la levure Candida de se muer dans sa forme pathogène. Pour cela, une utilisation d’antifongiques naturels sera nécessaire ainsi qu’un régime faible en sucre.

Cause n°7 : Les dysimmunités

Tout organisme fragilisé par des infections chroniques sera l’objet d’agression multiples, notamment par le Candida Albicans.

En effet, contraint de faire face à de multiples agresseurs, notre système immunitaire laisse alors le champ libre au Candida Albicans.

Dans la maladie de Lyme par exemple, on parle beaucoup de “co-infection” à Candida, car le Candida est un micro-organisme opportuniste qui prolifère en cas de baisse des défenses immunitaires.

Comment diagnostiquer une Candidose ?

Le diagnostic reste avant tout clinique.

En complément, l’utilisation d’un questionnaire spécifique, sera nécessaire afin d’évaluer le niveau d’infestation et de procéder à un suivi durant les cures d’antifongiques naturels.

Comme évoqué, la diversité des symptômes rend le diagnostic difficile. Ces nombreux troubles et symptômes sont listés ci -dessous :

Infections à levures récurrentes

L’apparition de mycose buccales, cutanées ou vaginales récidivantes, est un signe majeur d’infestation par le Candida. Leur origine est très souvent secondaire à une dysbiose à Candida. Seule la prise en charge du foyer digestif permettra l’arrêt des rechutes.

Troubles neurologiques

La prolifération Candidosique peut avoir des effets très larges sur la santé mentale, allant d’un simple sentiment général de lenteur jusqu’à la dépression.

Ces symptômes sont souvent causés par l’acétaldéhyde, l’une des principales neurotoxines produites par le Candida Albicans.

On observe d’ailleurs qu’en cas de prolifération du Candida, le foie est surchargé par toutes les toxines qui sont libérées dans la circulation sanguine. C’est pourquoi la détox prend une place très importante dans la prise en charge de la Candidose chronique.

Les principaux symptômes sont: Brouillard cérébral, troubles de la mémoire, manque de concentration, vertiges, dépression, crises de panique, anxiété, faible libido, fatigue, insomnie…

Problèmes digestifs

Lorsque le Candida évolue vers sa forme mycélienne, il va libérer une mycotoxine, la SAP (Secreted aspartyl proteinase), favorisant ainsi l’augmentation de la perméabilité intestinale.

Cette porosité intestinal sera souvent associé à un risque élevé d’intolérances alimentaires.

Les principaux symptômes sont : Diarrhée, flatulences, crampes d’estomac, constipation, ballonnements, reflux acide, prurit anal, sensation de ventre gonflé en fin de repas…

Les problèmes respiratoires

Bien que les mécanismes physiopathologiques soient mal connus, la plupart des études scientifiques indiquent clairement que la prolifération candidosique peut être associée à un certain nombre de problèmes respiratoires.

Le Candida, sous sa forme pathogène, se comporte alors comme un micro-organisme parasitant notre corps, pouvant ainsi induire des manifestations diverses.

Les principaux symptômes sont : Asthme, rhinites, conjonctivite, sinusites, toux persistante, maux de gorge ….

Allergies

Le candida peut causer ou aggraver des allergies de deux façons différentes. Tout d’abord, par le biais d’une augmentation de la perméabilité intestinal, permettant à des fragments d’aliments non digérés de pénétrer dans la circulation sanguine et de déclencher des problèmes respiratoires qui aggravent les maladies telles que l’asthme allergique.

Les principaux symptômes sont : Hypersensibilité alimentaire, asthme allergique, sensibilité aux parfums et produits cosmétiques, réactions allergiques au contact de certains métaux…

Dysfonction immunitaire

Les sous-produits toxiques d’une prolifération Candidosique, tels que l’acétaldéhyde, l’ammoniac et l’éthanol, peuvent rapidement surcharger le foie, perturbant ainsi l’immunité.

En cas de Candidose chronique, l’organisme devient alors plus sensible aux infections hivernales, aux troubles cutanés de type herpès, abcès, mycoses…

Les principaux symptômes sont : Rhumes fréquent, infections virales, toux chronique, infections des voies urinaires, otites, angines, pharyngites, infections cutanées de type herpès, abcès, mycoses…

Douleurs

Différents types de douleurs, souvent non spécifiques, peuvent être liés à une prolifération de Candida:
Des maux de tête chroniques peuvent apparaître lorsque la neurotoxine acétaldéhyde atteint le cerveau.

De même des douleurs articulaires et musculaires peuvent être causées par la diffusion des mycotoxines produites par le Candida sous s forme la plus virulente.

Ces mycotoxines s’accumulent dans les différents tissus conjonctifs de l’organisme, provoquant tendinites, crampes, myalgies…

Les symptômes principaux sont :  Maux de tête, sensibilité à la lumière, douleurs articulaires, douleurs musculaires, tendinites…

Troubles métaboliques

L’infection chronique à Candida albicans ( communément induite par une surconsommation de produits sucrés) sera souvent accompagnée d’une prise de poids.

Paradoxalement, peu de cas d’obésité ont été décrits dans la Candidose chronique. Il s’agit le plus souvent d’un léger embonpoint, qui se manifeste principalement par une augmentation de périmètre ombilical sans altération franche de l’indice de Masse Corporelle (IMC).

Mais alors quelle prise en charge pour une candidose chronique, elle se résume en 6 étapes :

1. Eviter tout ce qui favorise la croissance du Candida ( consommation de sucres, prise d’antibiotiques, stress etc…
2. Renforcer le système immunitaire
3. Aider les processus de détoxification de l’organisme
4. Suivre un régime alimentaire anti Candidose
5. Prendre régulièrement des antifongiques naturels (consulter un professionnel de santé)
6. Soigner les intestins, réduire leur perméabilité, et permettre le retour d’un microbiote équilibré

 

En cas de candidose ou en cas de suspicion de candidose, consultez un professionnel de santé avant tout.

Article rédigé par Jean-Claude Dosseto

Naturopathe.

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Contact: jeandosseto@gmail.com

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