Les cystites chroniques: c’est une question de terrain

Les cystites, ou infections urinaires chroniques touchent majoritairement les femmes. Si le traitement antibiotique permet de juguler l’infection, peu voire aucune solution n’est proposée pour éviter qu’elles ne reviennent avec une régularité désespérante chez certaines, plusieurs fois par an, voire parfois tous les mois…

 

Il est souvent préconisé aux femmes qui sont sujettes aux infections urinaires de boire davantage : mais dans le meilleur des cas, ce n’est qu’un léger palliatif pour limiter la prolifération des germes. Et d’ailleurs, d’où viennent ces bactéries ? car quand tout va bien, l’urine est naturellement stérile, grâce notamment à la présence en quantité importante d’ammoniac.

Et cela venait de l’intestin ?

Beaucoup de cystites chroniques sont en fait liées à un terrain intestinal défavorable qui permet un développement bactérien important : quand il est associé à une muqueuse intestinale hyper perméable, les bactéries peuvent quitter l’intestin pour coloniser les régions environnantes, dont la sphère urinaire. Un peu d’inflammation pour préparer le terrain et le tour est joué…


C’est donc bien en évaluant l’équilibre intestinal mais aussi en évitant tout ce qui va fragiliser ce dernier qu’on peut espérer modifier le terrain pour que les bactéries ne s’y développent plus. Ne pas hésiter à faire appel à un thérapeute pour faire le point ensemble à ce sujet. Il faudra en général soigner la constipation, grande amie des cystites…

Attention à tous les éléments qui peuvent favoriser l’inflammation de la vessie lors de leur élimination via l’urine et donc leur passage par la vessie : café, tabac, alcool, divers produits chimiques et pesticides, mais aussi des vitamines et minéraux de synthèse. On privilégie aussi les sous vêtements en coton et les protections sans chlore ni autres éléments chimiques.

On évite de porter son téléphone portable sur soi, à la ceinture ou dans la poche du pantalon : les ondes électromagnétiques vont favoriser l’inflammation mais aussi l’hyperperméabilité intestinale, responsable d’un passage excessif de germe.

 

Renforcer le terrain avec la phytothérapie

Quelques plantes peuvent jouer un grand rôle dans l’équilibre de la sphère urinaire :

– La canneberge (aussi appelée cranberry)

Elle est utilisée depuis longtemps pour prévenir et accompagner le traitement des cystites. Naturellement dotées de propriétés antioxydantes et antibactériennes, elle est utile pour éviter les récidives et se montre intéressante en accompagnement des traitements antibiotiques, car il semble qu’elle pourrait limiter l’antibiorésistance. Il faut alors essayer de se procurer du pur jus de canneberge (non sucré) et en consommer un demi-verre à 17 H 30.


Quelques lectures intéressantes:

– La busserole

Elle est également utilisée traditionnellement depuis plusieurs siècles pour ses propriétés sur la sphère urinaire : ses feuilles en particulier sont réputées antiseptiques grâce à leur richesse en hydroquinone. On peut la trouver sous forme de tisane ou d’extrait liquide : teinture mère, extrait de plante fraiche. La formule extrait liquide est plus facile d’utilisation ; elle est prête à l’emploi et permet de mieux doser les prises.

– La bruyère

Elle est aussi fréquemment citée pour son action anti inflammatoire, anti septique et diurétique: elle peut être associée à la busserole.

– L’échinacée

Plante quasi universellement connue pour renforcer les défenses immunitaires est également particulièrement intéressante pour lutter contre les infections bactériennes chroniques.

Le déclenchement des cystites est parfois liées aux règles car la congestion du petit bassin favorise l’inflammation; il faudra alors peut être le soutien de plantes décongestionnantes comme l’hamamelis, le petit houx, la vigne rouge…

Et peut être aussi du repos….

Enfin, il faudra peut être revoir son mode de vie : le surmenage, le stress, l’insomnie, en épuisant les réserves de l’organisme font baisser les défenses immunitaires et favorisent donc l’installation et le développement des germes.

D’ailleurs certaines formes de cystites chroniques sont uniquement liées au stress : celles dites à urines claires, c’est-à-dire sans germe décelable aux analyses. Elles sont dues à un stress excessif qui en agissant sur le système nerveux va engendrer des spasmes et des mini contractions de la vessie, provoquant des douleurs qui feront penser à tort à une infection urinaire.

Elles se préviennent et se traitent donc exclusivement en privilégiant les plantes ayant une action calmante sur le système nerveux : bourgeon de figuier, passiflore, mélisse… Côté nutrition, un apport d’oméga 3 est également conseillé, ainsi que du magnésium et des vitamines B. Il faudra aussi veiller à une meilleure gestion du stress grâce à des techniques comme la sophrologie, la cohérence cardiaque, le yoga… en un mot lever le pied !

 

Article rédigé par Marie Chetaille,
Naturopathe
Une question ? chetaille.marie@orange.fr

 

Vous êtes praticien santé ou paramédical ? Boostez votre visibilité en vous inscrivant gratuitement sur Therapeutes.com