Comment nettoyer vos artères avec un simple fruit

Surprise, surprise, l’un des meilleurs traitements et outil préventif contre les maladies cardiovasculaires ne se trouve pas dans votre armoire à pharmacie comme aimerait le laisser croire bigpharma, mais bien dans votre cuisine ou peut être même dans votre jardin.

La grenade prévient la progression de la maladie coronarienne

Une étude publiée dans la revue Atherosclerosis confirme que l’extrait de grenade peut prévenir, voire inverser la principale pathologie associée à la mortalité cardiaque : l’athérosclérose. (1)

L’athérosclérose correspond à la formation de plaques d’athérome dans lesquelles des cellules inflammatoires et des lipides se réorganisent avec d’autres éléments, menant à une modification locale de l’aspect et de la nature de la paroi. Des cellules sanguines peuvent secondairement s’y associer. Leur épaississement ou leur rupture vont être responsables de manifestations cliniques potentiellement sévères, voire mortelles. (source: Inserm)


On vous épargne le jargon scientifique incompréhensible, mais voici les grosses lignes de la conclusion de cette étude :

  • Réduction des plaques d’athérome dans le sinus aortique
  • Réduction du nombre d’artères coronaires présentant des plaques d’athérome occlusives.
  • Réduction des niveaux de stress oxydatif
  • Réduction de la protéine chimiotactique monocyte-1, un messager chimique (chimiokine) associé aux processus inflammatoires dans les artères.
  • Réduction de l’accumulation de lipides dans le myocarde
  • Réduction de l’infiltration des macrophages dans le myocarde.
  • Réduction des niveaux de la protéine chimiotactique monocyte-1 et de la fibrose dans le myocarde.
  • Réduction de l’hypertrophie cardiaque

Il est très surprenant qu’un simple extrait de fruit ait pu générer autant d’effets positifs. L’une des explications possibles remonterait aux habitudes alimentaires de nos ancêtres.

Nos ancètres ont évolué très longtemps avec certains aliments (les fruits en particulier) et le manque de quantités adéquates de ces aliments pourrait directement entraîner une détérioration de la fonction de nos organes.

On retrouve d’ailleurs cette explication dans d’autres circonstances : Linus Pauling, deux fois lauréat du prix Nobel, a soutenu que la carence en vitamine C est une cause fondamentale des maladies cardiovasculaires, car nos ancêtres primates avaient autrefois accès aux fruits toute l’année et ont donc perdu la capacité de la synthétiser.

Autre explication sur l’extraordinaire pouvoir de la grenade sur les artères: si vous avez déjà goûté à la grenade, ou au jus de Grenade, vous connaissez nécessairement son aspect astringent qui donne à la bouche et aux gencives cette sensation de secheresse dans la bouche. Cette sensation est techniquement causée, comme pour tous les astringents, par le rétrécissement et la désinfection de vos muqueuses. Vous comprendrez aisément pourquoi elle est si efficace pour nettoyer le système circulatoire.

La nature a certainement planté suffisamment d’indices visuels poétiques à notre intention : son jus ressemble à du sang, et elle ressemble effectivement à un cœur disposant de plusieurs cavités.

En réalité, votre bouche et vos artères sont tapissées du même type de cellules : les cellules épithéliales. Ensemble, elles constituent l’épithélium, l’un des quatre types de tissus de base chez les animaux, avec le tissu conjonctif, le tissu musculaire et le tissu nerveux (les parois intérieures de tout le système circulatoire). Ainsi, lorsque vous ressentez cet effet « nettoyant » un peu surprenant dans votre bouche, vous pouvez imaginer ce qui se produit dans votre système circulatoire et au niveau de l’épithélium/endothélium qui tapisse l’intérieur de vos veines et artères.


Quelques lectures intéressantes:

3 façons dont la grenade soigne le système cardiovasculaire

Les chercheurs ont identifié 3 mécanismes d’action probables derrière l’activité anti-athérosclérotique observée avec la grenade :

1. Propriétés antioxydantes :

Au cours de l’étude, les sujets ayant reçu de la grenade ont profité d’une réduction significative du stress oxydatif.

La diminution du stress oxydatif était mesurable par une augmentation de l’enzyme paraoxonase 1 (PON1) dans le sérum sanguin allant jusqu’à 91 % après 3 ans ; la PON1 est une enzyme dont l’activité est associée à une diminution du stress oxydatif.

Ce phénomène est très pertinent pour la question de l’activité anti-athérosclérotique de la grenade en raison de ce que l’on appelle l’hypothèse de la peroxydation lipidique de l’athérosclérose. On retrouve ici une hypothèse intéressante qui consiste à dire c’est la qualité des lipides sanguins (c’est-à-dire le fait qu’ils soient oxydés/endommagés ou non), et non leur simple quantité, qui détermine leur cardiotoxicité.

2. Elle abaisse la pression artérielle :

La prise de Grenade a entraîné une amélioration significative de la pression artérielle : la pression artérielle systolique a été réduite de 7 %, 11 % ,10 %, 10 % et 12 % après 1, 3, 6, 9 et 12 mois de consommation de grenade.

La capacité de la grenade à réduire la pression artérielle systolique indique qu’elle dispose d’un effet curatif sur l’endothélium.

3. Stabilisation des lésions de la plaque :

Les chercheurs ont remarqué quatre différences positives distinctes dans la composition des lésions traitées à la grenade :

1. Réduction de la teneur en cholestérol : « La teneur en cholestérol dans les lésions carotidiennes des deux patients ayant consommé de la Grenade était inférieure de 20 à 58 % par rapport aux lésions observées chez les autres patients.

2. Réduction des peroxydes lipidiques : « La teneur en peroxydes lipidiques dans les lésions obtenues des patients ayant consommé de la Grenade était significativement réduite de 44 à 61 % par rapport aux autres patients.

3. Augmentation de la teneur en glutathion réduit : « Une augmentation 2,5 fois supérieure de la teneur en glutathion réduit (un antioxydant cellulaire majeur), a été observée après la consommation de Grenade.

4. Réduction de l’oxydation des LDL : « L’oxydation des LDL par les lésions dérivées des patients après consommation de PJ pendant 3 ou 12 mois, était significativement (Po0.01) diminuée de 43% ou 32%, respectivement, par rapport aux taux d’oxydation des LDL obtenus par les lésions des patients CAS qui n’ont pas consommé de PJ (Fig. 3D) ».

Essentiellement, ces résultats révèlent que non seulement la grenade réduit la taille des lésions dans les artères carotides, mais que « la lésion elle-même peut être considérée comme moins athérogène après la consommation de Grenade, car

  • sa teneur en cholestérol et en lipides oxydés a diminué
  • sa capacité à oxyder les LDL a aussi été considérablement réduite.

Cette découverte est assez révolutionnaire, car actuellement, les dangers de la sténose de l’artère carotide sont appréhendés principalement par la taille de la lésion et non par l’évaluation de la qualité de cette lésion. Cela rejoint le concept selon lequel la simple quantité de lipoprotéines (c’est-à-dire de « cholestérol ») dans le sang ne permet pas de déterminer avec précision si ces lipoprotéines sont réellement nocives (athérogènes).

Dans cette étude, les chercheurs ont constaté que le groupe ayant consommé de la Grenade présentait des taux élevés de triglycérides et de lipoprotéines de très basse densité.

A nouveau, il semblerait que les propriétés anti-athérosclérotiques sont davantage corrélées avec l’amélioration de la qualité du milieu physiologique dans lequel toutes nos lipoprotéines opèrent plutôt qu’avec leur nombre/volume.

Il convient de souligner que tous les patients de cette étude suivaient un traitement médicamenteux conventionnel pour les maladies cardiovasculaires, notamment des agents hypocholestérolémiants et hypotenseurs.

Le traitement à base de Grenade n’a pas semblé interférer avec leurs médicaments, et en parallèle il convient de souligner que l’état du groupe témoin s’est progressivement aggravé (par exemple, l’IMT moyen a augmenté de 9 % en un an), ce qui pourrait montrer à quel point les médicaments sont inefficaces, et même qu’ils pourraient contribuer à la maladie.

(1) [Source : Aishah Al-Jarallah, Fatima Igdoura, Yi Zhang, Christine B Tenedero, Elizabeth J White, Melissa E Macdonald, Suleiman A Igdoura, Bernardo L Trigatti. The effect of pomegranate extract on coronary artery atherosclerosis in SR-BI/APOE double knockout mice. Atherosclerosis. 2013 May ;228(1):80-9. Epub 2013 Mar 7. PMID: 23528829].