Comment le jeûne change votre cerveau et prolonge la vie

Nous savons que le jeûne peut être excellent pour le corps, notamment pour améliorer la santé métabolique, augmenter la longévité et améliorer la santé cardiaque, mais nous ne savions pas encore quels étaient les effets sur le cerveau. Des recherches préliminaires montrent que le jeune pourrait également entretenir votre cerveau – surtout si vous êtes à sujet à des troubles neurodégénératifs comme la maladie d’Alzheimer et de Parkinson.

Les scientifiques de l’Institut Buck pour la recherche sur le vieillissement ont montré, pour la première fois, comment le jeûne agit sur le cerveau au niveau neurologique.

Il existe  beaucoup de techniques différentes et « d’écoles de pensée » sur le jeûne, mais la pratique implique habituellement de s’abstenir d’ingérer de la nourriture (ou suivre un régime très restreint en calories) pendant 24 heures à quelques jours.

Le fait de « mourir de faim » est la dernière chose que tout expert en santé recommanderait, mais le jeûne réalisé avec modération (et sous la supervision d’un médecin, si vous avez un problème de santé) peut conférer un certain nombre de bienfaits physiques et neurologiques pour la santé.

Des recherches antérieures ont suggéré que le jeûne peut améliorer la fonction cognitive, stimuler un apprentissage plus rapide et une meilleure mémoire. Les nouvelles découvertes, publiées la semaine dernière dans le journal Neuron, nous éclairent sur la façon dont le jeune peut favoriser la santé du cerveau.

Dans leur étude sur les larves de mouches des fruits, les chercheurs ont constaté que le cerveau réagit à la pénurie de nutriments (comme celle qui se produit pendant le jeûne) en réduisant l’activité synaptique. (Les synapses sont les structures de connexion qui permettent aux signaux chimiques d’être transmis entre les neurones.) Cela peut être essentiellement la manière du cerveau de conserver l’énergie et de se donner un petit « redémarrage ».

«Peut-être est-ce une bonne chose que lorsque les nutriments ne sont pas disponibles, un organisme réduit la libération des neurotransmetteurs et économise ainsi une bonne partie de sa dépense énergétique globale», a déclaré le docteur Pejmun Haghighi, professeur au Buck Institute et auteur principal de l’étude.

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En quelques heures seulement, la restriction alimentaire a déclenché une réponse des voies moléculaires qui régissent l’activité synaptique, ou la libération des neurotransmetteurs. En réduisant la libération de neurotransmetteurs des synapses dans le cerveau, le jeûne peut également donner une pause au système nerveux.

« Le processus de libération des neurotransmetteurs est un processus énergiquement coûteux », a expliqué Haghighi à l’Huffington Post. « En raison de cette forte exigence d’énergie, il génère également des déchets, y compris de l’oxygène réactif, qui pourrait conduire à des dommages oxydatifs dans les cellules, y compris les neurones. … Synchroniser l’activité synaptique à la suite du jeûne pourrait aider à limiter les dommages oxydatifs indésirables dans le système nerveux.

Les neuroscientifiques ont lié l’activité synaptique suractive avec des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer, Huntington et Parkinson, et donc le jeûne pourrait être une mesure préventive efficace.

« Nous pensons que l’accord de l’activité synaptique à la suite d’un jeûne aigu pourrait être bénéfique pour les personnes qui sont à haut risque de neurodégénérescence », a déclaré Haghighi.

Les résultats actuels restent théoriques jusqu’à ce que davantage d’études sur les humains soient menées. Cependant, combinées à d’autres recherches sur les avantages cognitifs potentiels du jeûne, elles suggèrent que la pratique pourrait promettre d’améliorer la fonction cérébrale et peut-être même de prévenir le déclin cognitif lié à l’âge.

La fameuse conférence TEDc de Mark Mattson

Dans une conférence ne conférence TEDx donnée par Mark Mattson, l’actuel chef du laboratoire de neurosciences au National Institute on Aging, les conclusions sont encore plus saisissantes.

Mark Mattson est une sommité dans le domaine. Il est également professeur de neurosciences à l’université Johns Hopkins, et l’un des plus éminents chercheurs dans le domaine des mécanismes cellulaires et moléculaires qui sous-tendent plusieurs maladies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer.

Voici les grandes lignes de cette conférence:

« La restriction calorique (RC) prolonge la vie et retarde les maladies chroniques liées à l’âge chez une grande variété d’espèces incluant les rats, les souris, les poissons, les mouches, les vers de terre et les levures. Le mécanisme ou les mécanismes par lesquels cela se passe sont flous. »

Le jeûne est un défi pour votre cerveau, et le cerveau répond à ce défi en adaptant les voies de réponse au stress qui aident votre cerveau à mieux faire face au stress et aux maladies. Les mêmes changements qui se produisent dans le cerveau durant le jeûne imitent les changements qui arrivent avec un exercice physique régulier. Ils améliorent tous les deux la production de protéines dans le cerveau (facteurs neurotrophiques), ce qui a pour résultat de promouvoir la croissance des neurones, la connexion entre les neurones, et la force des synapses.

Les défis pour votre cerveau, que ce soit le jeûne intermittent ou l’exercice vigoureux (…) sont des défis cognitifs. Quand ça arrive les circuits neuronaux sont activés, les niveaux de facteurs neurotrophiques augmentent, ce qui favorise la croissance des neurones et la formation et le renforcement des synapses (…)

Le jeûne peut également stimuler la production de nouvelles cellules nerveuses depuis les cellules souches de l’hypothalamus. Il mentionne également les cétones (une source d’énergie pour les neurones), et indique comment le jeûne stimule leur production et augmente également le nombre de mitochondries dans les neurones et dans les cellules nerveuses.

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En augmentant le nombre de mitochondries dans les neurones, la capacité des neurones à se former et à maintenir les connexions entre eux s’améliore également, améliorant ainsi l’apprentissage et la mémoire.

Le jeûne intermittent améliore la capacité des cellules nerveuses à réparer l’ADN.

Voici la vidéo de la conférence pour les plus curieux (c’est en anglais)

En conclusion, lorsqu’il est fait correctement, le jeûne porte la promesse de nombreux avantages physiques et cognitifs de la santé, avec peu de risques d’effets indésirables…Vous essayez quand ?