Traitement naturel de l’indigestion et de la dyspepsie par la médecine traditionnelle chinoise

Pour l’étude de l’estomac, on emploie, en radiologie digestive, une suspension de sulfate de baryum dans de l’eau, opaque aux rayons X. En Chine, Ho Tao-feng ( 1960) a préconisé un mucilage composé d’Ostrea testae et de Bletia hyacinthina comme substitut du sulfate de baryum. Le développement de ces recherches et l’utili­sation des mucilages naturels comme substitut du sulfate de baryum seraient intéressants à connaître pour l’examen gastro-intestinal.
Les Chinois désignent sous la même expression, siao-houa pou liang (digestion pénible), la dyspepsie et l’indigestion, par opposition à l’eupepsie (digestion normale).
Les complications passagères de l’estomac qui se manifestent par une lassitude générale (sans fièvre) sont traitées par la diète, l’infu­sion de thé et de bouillon de riz. La thérapeutique traditionnelle vise à rétablir l’équilibre des fonctions. On conseille les stimulants et les ferments.

Traitement naturel de l’indigestion et de la dyspepsie: Traitement simple

Nous mentionnerons les drogues les plus couran­tes que l’on retrouve au Sud (Canton) comme au Nord (Chen-yang). Elles sont prescrites en cas d’embarras gastriques.

Crataegus (aubépine)
Les Crataegus traitent les digestions difficiles. On distingue l’espèce du Sud ( Crataegus cuneata Siebold et Zuccarini) de l’espèce du Nord (Crataegus pinnatifida Bunge). Le fruit de l’espèce méridio­nale Fructus crataegi (Rosaceae) croît au bord du Yang-tseu, clans les montagnes et les collines du Ngan-houei, du Tchii-kiang et du Kiang-sou. L’espèce du Nord est une production du Liao-ning, du Kirin, du Hei-long-kiang, du Chan-tong, du Ho-nan, du Ho-pei et du Chan-si. L’aubépine est un sédatif du sympathique.
Le Fructus crataegi est réputé de nature douce et égale. C’est un stimulant de la rate, de l’estomac et du foie. Il relève de ces trois « vaisseaux » (méridien de la rate, méridien de l’estomac et méridien du foie).
L’arbuste à épines du Crataegus pinnatifida fournit un fruit carbo­nisé qui joue le rôle de « charbon végétal ».


Hordeum (orge)
Originaire du Chan-si et du Sseu-tch’ouan (Hordeum vulgare Linné)1 le Mai-ya, Fructus Hordei germinatus (Gramineae), est un stimulant de l’estomac recommandé contre les embarras gastriques et l’indigestion. La décoction de grains d’orge est adoucissante,

Oryza (riz)
Les Kou-ya (graines germées) ou Fructus Oryzae germinatus sont toniques et stomatiques. Elles renforcent tes méridiens de la rate et de l’estomac. Les grains de riz sont les plus riches en amidon nutritif. Ils offrent les vitamines A, B, C, D, E. La décoction de riz est très utile contre la diarrhée, notamment chez les enfants.

Chorion
Du Ki-nei kin (Corium stomachichum galli) (Phasianidae), on tire la ventriculine indiquée contre la nausée et les vomissements.

Ferment
Le Chen-kiu (Massa medicatafermentata) est un ferment digestif qui tonifie la rate et l’estomac. La rate, on le sait, assume d’impor­tantes fonctions dans l’organisme : elle fabrique les lymphocytes et tient en réserve les hématies. D’où le nombre des drogues qui ont pour but de la fortifier. Citons-en seulement quelques-unes : le Pai­chou (Rhizoma Atractylodis macrocephalae), le Chan-yao (Rhizoma batatatis), le Pien-teou (Semen Lablab.) et le Fou-ling (Poria cocos Wolff.).

Traitement naturel de l’indigestion et de la dyspepsie: Le traitement combiné

La dyspepsie est due à des troubles fonction­nels. Elle se caractérise par des douleurs post-prandiales et des troubles de l’évacuation. On peut également noter l’inflammation de l’estomac (gastrite). On range les malades en hypersthéniques (type Yang) et en hyposthéniques (type Yin). Les premiers sont traités avec des poudres naturelles (kaolin, bismuth, sodium (bicarbonate de soude)). Les seconds sont soignés avec des amers apéritifs et digestifs qui accroissent la sécrétion des sucs gastriques et intesti­naux et activent les selles, ou simplement avec des ferments digestifs.
L’indigestion est habituellement un malaise sans gravité. Elle est provoquée par un excès d’aliments ou par une intoxication alimen­taire. Elle peut aussi annoncer une maladie infectieuse aiguë. On conseille le repos, la diète, les infusions chaudes et les purgatifs.

Les embarras gastriques simples sont traités à l’aide de la « pilule réconfortante» (K’ang-ning wan) composée de « drogues supérieu­res ». Ce remède possède des propriétés dites « douces ». Il n’a donc pas d’action stimulante. Il ne provoque pas d’effets secondaires. On lui demande seulement de rééquilibrer l’organisme. Les indigestions ont pour cause l’excès de nourritures et de boissons, ou même l’absorption d’aliments mal tolérés. Elles provoquent des dérange­ments intestinaux (constipation et diarrhée), parfois accompagnés de douleurs ou de sensations de ballonnement, d’irritation ou de disten­sion. Le malade a recours à la « pilule réconfortante » qui traite éga­lement les vomissements de la femme enceinte et les troubles gastro· intestinaux aigus ou chroniques. Cette pilule améliore la fonction digestive; elle combat la nausée, la dyspepsie et la diarrhée; elle est légèrement antipyrétique. Ses principaux constituants sont :

indigestion


Quelques lectures intéressantes:

La gastrodie (T’ien-ma) ou Rhizoma Gastrodiae (Orchidaceae) pousse dans la région de Ngo-mei (Province du Sseu-tch’ouan), mais également dans le Yun-nan, le Chen-si et le Hou-pei. Ce sédatif agit sur la fièvre. La racine tubéreuse est tonique, elle stoppe les vertiges et les maux de tête.
Le Ts’ang-chou (R hizoma A tractylodis) ( Compositae), vient du Kiang-sou, du Hou-pei, du Ngan-houei, du Tcho-kiang, du Kiang-si et du Chan-tong. L’espèce septentionale est collectée plus particuliè­rement dans le Ho-pei, le Chan-si, le Chen-si et dans le Nord-Est. Elle est amère et aromatique. C’est Li Che-tchen (1518-1593) qui, le premier, attira l’attention sur l’habitat des drogues. Ainsi, le Pa/­chou (Atratylis ovata) fut divisé en Tcho-mou (espèce du Tcho­kiang) et Cho-mou (espèce du Ngan-houei).
Les traditionalistes considèrent actuellement le Rhizoma Atracty­lodis comme un médicament spécifique des indigestions. Il contient de l’atractylol.

Les fleurs de chrysanthème, Kiu-houa, Flos Cluysanthemi (Compositae), traitent les vertiges et les céphalées. Leur saveur douce et amère est rafraîchissante.

La Ko-ken (racine Ko), Radix Puerariae (Leguminosae), est recommandée contre la sécheresse de la bouche et les états nauséeux. Elle est indiquée contre les maux de tête, les contractures et la diar­rhée. La racine tubéreuse de Pueraria (ko-ken), sudorifique et rafraichissante, contient de l’amidon. Elle traite la diarrhée. Elle est également prescrite contre !’hypersensibilité cl les lésions de la muqueuse de l’cslomac (brûlures et crampes).

Le T’ien houa fen (“poudre de fleur céleste”) ou Koua-leou (Radix Trichosanthis) (Cucurbitaceae), est exploité au Ho-nan, au Kiang-sou, au Ngan-houei, au Sseu-tch’ouan, au Kouei-tcheou et au Kouang-si. La racine tubéreuse est indiquée contre la fièvre, la diar­rhée et les hémorroïdes. Elle tonifie la rate et l’estomac.
Le Kouang mou-hiang, Radix Saussureae (Compositae), est une indication du Nord de l’Inde. En Chine, l’espèce la plus appréciée est celle du Yun-nan, appelée Mou-hiang (bois aromatique). On en tire un alcaloïde, la saussurine.
La racine (Radix Saussureae) est de saveur chaude et amère. Elle est stomachique. Elle est réduite en tranches. La poudre est employée en infusion. Elle traite la distension abdominale, les vomis­sements et la diarrhée.

Le Semen Coicis ( Gramineae) est collecté dans toute la Chine : au Kiang-sou, clans le Tcho-kiang, au Ngan-houei, dans le Ho-nan, au Kouang-si, dans le Hou-nan, au Kouei-tcheou et dans le Nord­est. Les graines du Caix !ach1yma-jobi Linné, sont globuleuses et fendues. Elles contiennent de l’amidon et des acides aminés. On distingue deux actions :

1. Le Semen Coicis, émollient et diurétique, réduit les œdèmes. Il est associé à !’Angélique (Tang-kouei) contre le béri-béri.

2. Les graines du Coix lachryma-jobi linné traitent la dyspe­psie et l’indigestion.
Le Fou-ling (Paria) appartient à la longue liste des drogues dites “d’immortalité”. Il s’agit du Pachyma hoelen Rumph. (Polypora­ceae) qui croît à l’état sauvage au Yun-nan. C’est l’espèce la plus estimée. Elle donne le calme aux malades anxieux. Elle est indiquée contre l’insomnie, mais son action principale porte sur la diminution du chlorure de sodium dans l’organisme. Elle est diurétique.
Le Cortex Magnoliae, Heou-p’o de la Province du Tcho-kiang, ou Magnolia oj]ïcinalis var. biloba Rehder et Wilson (Magnoliaceae), est recherché pour son écorce amère qui contient une huile essen­tielle, du tétrahydro-magnolol et du machilol. Le Cortex Magnoliae traite les vomissements et la diarrhée.

L’écorce de l’oranger (Citl’Us) est stomachique. On l’emploie avec l’ Herba Pogostemi, l’ Angélique (Tang-lcouei) et la menthe (Po-ho). Nous ne pouvons entrer dans le détail des indications chinoises mais nous préciserons leur utilité en ce qui concerne le traitement des embarras gastriques.
Le Kouang-houa hiang, llerba patchouli (Labiatae) est identifiée sous Pogostemon cablin Bentham var. suavis Hooker. Cette plante est originaire des Philippines, de l’Inde et de la Malaisie. Les feuilles et les tiges donnent une huile essentielle (camphre de patchouli). En Chine, la région de Canton et l’île de Haï-nan, sont les principaux centres d’exploitation de l’0leum Patchouli.Les tiges et les feuilles réparent “les déficiences de l’estomac”· Elles sont employées contre les vomissements.

La Chine est la première productrice de menthe du monde. L’Herba Menthae la plus réputée est celle du Kiang-sou. Elle contient une huile essentielle dont on extrait le menthol qui arrête les nausées et les vomissements.
Les “pilules réconfortantes chinoises” jouent le rôle d’un “nor­mo-gastryl” et suppriment les troubles gastriques fonctionnels. Elles traitent la dyspepsie, l’aérophagie, la gastralgie, les digestions lentes, l’hyperacidité, etc.

La menthe, herbe vivace ou herbe des champs (M entha arvensis L.) (Labiatae) est une plante aux propriétés stomachiques, antispas­modiques et carminatives. On la prescrit souvent en infusions contre la dyspepsie.

Le traitement combiné prévoit également l’acupuncture et la moxibustion. L’effet de l’acupuncture sur la motilité de l’estomac est ob­servé par la multiradiographie. L’étude comparative montre que l’acupuncture du San-li de la jambe (point n° 36 de !’Estomac, sur la face antéro-externe de la jambe) augmente les mouvements de contraction de l’estomac, tandis que l’acupuncture du Ho-kou (point n°4 du Gros Intestin, dans l’angle formé par les 1er et 2ème métacarpiens) diminue les mouvements péristaltiques.

La moxibustion peut également avoir une action calmante sur les douleurs stomacales. ­

Les informations, les opinions et les conseils contenus dans cet article ne doivent pas être utilisés comme outil de diagnostic ni être substitués à un diagnostic médical.
Il est fortement recommandé de demander un avis médical auprès d’un professionnel de santé avant d’envisager tout traitement.

 

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