Les racines en pharmacopée traditionnelle chinoise

 

L’Institut de Pharmacie traditionnelle de Nankin distinguait en 1972 quatre-vingt-une espèces de racines.

Elles sont estimées pour leur valeur nutritive. La forme de la racine est également très recher­chée. Les racines fixent le végétal dans le sol et s’implantent par géo­tropisme. Elles y absorbent l’eau et les sels minéraux. On différencie la racine proprement dite du rhizome qui est une tige allongée ou horizontale souterraine très employée en pharmacie classique.

La pharmacie traditionnelle chinoise compte quarante-cinq rhizomes principaux, mais nous nous limiterons volontairement à quelques exemples caractéristiques.
La première plante médicinale chinoise est la « plante douce » (Kan-ts’ao), des montagnes ou « racine douce». Il s’agit de la réglisse ( Glycyrrhiza) des vieilles pharmacopées. Le Radix Glycyr­rhizae (Glycyrrhiza uralensis Fischer) croît au Chan-si, en Mongolie et dans le Nord-Est de la Chine. La racine contient de la glycyrrhi­zine. D’après le R.P. J. Roi, «la glycyrrhizine a été longtemps consi­dérée comme un glucoside azoté existant, à l’état ammoniacal, dans les racines de diverses réglisses ».


En médecine occidentale, l’extrait spécial de suc de réglisse (Re­gastrol) traite les gastrites et les ulcères gastroduodénaux. Selon les laboratoires Sarget de Paris, à l’époque, “l’action anti-inflammatoire des dérivés flavoniques du suc de réglisse s’ajoute également à la phénylbuta­zone”.
En médecine chinoise, la racine douce était béchique. Elle est actuellement prescrite contre l’ulcère peptique.
La racine de Chine était également réputée comme anti-inflamma­toire.

La squine, ou racine de Chine, est une plante méridionale des montagnes. Elle est appelée T’ou fou-lîng (Fou-ling de la terre), et identifiée : Smilax glabra Roxburgh. La partie employée est la racine que l’on trouve en morceaux noueux. La squine, recommandée en décoction, traite le rhumatisme articulaire aigu. Elle a été expérimen­tée par l’Académie des Sciences de Chine (Institut de Botanique du Houa–nan, 1970). La racine de Chine (Smilax China L.) est antal­gique. Autrefois, elle devait prévenir la cardite. Elle est actuellement indiquée contre les tumeurs.


Quelques lectures intéressantes:

C’est exceptionnellement qu’on recueille la plante entière. L’ha­bitat et la partie employée de la plante sont toujours précisés dans les Pen-ts’ao (Materia Medica).
A l’époque, la recherche sur les antimi­totiques est assimilée à la lutte anticancéreuse. Elle s’est développée depuis 1959. Les Chinois utilisaient la Vinca à l’Institut du Cancer de Chang-haï, mais ils préféraient, en général, la Sarcolysine et ses dérivés l’Endoxan et le Tiotepa.

La médecine traditionnelle a expérimenté la violette chinoise (Viola inconspicus BI.) Tch’ang ngo­kin ts’ai, contre les tumeurn (Canto11, 19ï2). Cette espèce croît dans le midi de la Chine. Dans le nord, les essais ont porté sur la Viola yedoensis (Ti-ting) (Pékin, 1974).
Le traitement des leucémies par la plante Hi-chou a été institué par les Instituts de Médecine traditionnelle chinoise du Kouang­tong, du Kouang-si et du Hou-nan associés aux Unités de Médecine militaire (1974). Il s’agit de l’écorce de la racine de Campthotheca acuminata Decne.

Les résultats se sont révélés satisfaisant dans les leucoses myéloïdes chroniques et les leucoses lymphoïdes chroni­ques. Le traitement permettrait de ralentir l’évolution des leucoses aiguës. L’extrait fluide de Hi-chou a également été employé contre les tumeurs malignes telles que le cancer de l’estomac, le cancer du rectum, le cancer du foie, le cancer de la vessie, les lymphosarcomes et les adénocarcinomes de l’ovaire.
Parmi les drogues à vertu antimitotique nous signalerons le Galium spurium L. var. echinospermum, utilisé contre les cancers du sein, les cancers du foie, les leucémies et les lymphosarcomes.
La drogue Chan-teou (Cajanus indicus) dont les racines étaient réputées pour leur action bénéfique dans les angines et les ulcéra­tions pharyngées a été redécouverte comme drogue douée de proprié­tés anticancéreuses. Le docteur A. Briot (1975) nous a également confirmé que le Cajanus indicus avait été expérimenté par le profes­seur Niita Goichi en 1959.
Les recherches sur l’action antimitotique des racines chinoises se poursuivent sous l’égide de l’Académie des Sciences médicales de Chine (1976).

Les racines sont pivotantes avec crampons, tuberculeuses, fascicu­lées, adventives terrestres et aériennes.

Dans la mentalité populaire, les vraies racines sont les racines souterraines qui ont des tiges modifiées. On leur accorde une grande importance dans une popula­tion essentiellement végétarienne. La phytothérapie fait une large place aux racines: Radix Angelicae, Radix Bup/euri, Radix Ginseng, Radix Morindae, Radix Scrophulariae, Radix Trichosanthis, etc.

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