La cueillette en phytothérapie traditionnelle chinoise

La phytothérapie, en Extrême-Orient, s’appuie sur la botanique médicale et la connaissance du commerce des drogues, bref, sur la droguerie. Il importe, on le conçoit aisément, de ne point utiliser les échantillons dangereux dont on ne connaît pas la nomenclature exacte; la connaissance des effets pharmacologiques est prioritaire. La terminologie populaire, elle, désigne parfois sous le même nom un végétal utile et une espèce vénéneuse, d’où le danger d’une cueillette qui n’obéirait pas à certains impératifs pratiques : il faut que les plantes soient comestibles et qu’elles aient des vertus thérapeutiques.
D’après les Pen-t’sao, la récolte s’effectue sur les arbres, les arbustes, les plantes herbacées des sous-bois, les plantes herbacées des terrains frais, les plantes herbacées des collines sèches et terrains incultes, les étangs et les cours d’eaux. L’examen direct du spécimen de la plante est essentiel.

La détermination est facilitée lorsqu’il s’agit de drogues présentant des tiges, des feuilles, des fleurs ou des graines. Les médecins traditionalistes des Instituts de Médecine chinoise de Chang-haï (1972) et de Canton (1975) s’inspirent encore de ces données fondamentales.

La Phyllotaxie et les variantes régionales

La phyllotaxie, partie de la botanique qui étudie la disposition des feuilles sur la tige des plantes, explique les variantes régionales. Elle correspond à une vieille technique chinoise qui consiste à vérifier l’aspect extérieur de la plante. Les parties les plus usitées sont les bois (les écorces), les racines et les rhizomes, les feuilles, les fleurs et les fruits. On les cueille à la saison chaude et sèche où les plantes sont exposées au soleil et débarrassées de leur humidité.


Les climats

Les climats influent sur les drogues et ils en déterminent la sélec­tion. Les différences de température étant, en Chine, nettement mar·· quées selon les régions, force est de tenir compte de la situation géo­graphique des différentes contrées. Le pays est soumis à la mousson d’hiver, dite « vent de Sibérie et de Mongolie » et à la mousson d’été, ou «mousson du Sud-Est et du Sud-Ouest». Les précipitations d’été correspondent habituellement à des températures élevées. Ces circonstances atmosphériques n’ont pas toujours été constantes en Chine, et le professeur Tchou Keh-tchen, en 1973, a bien montré les fluctuations du climat pendant les cinq derniers millénaires.
La cueillette suit les règles des saisons édictées clans L’Essentiel de la manière de vivre du peuple (Ts’i-min yao-chou) par Kia Sseu­sié vers 533 à 544.


Quelques lectures intéressantes:

C’est au début de la floraison qu’elle a lieu. Les végétaux présentent alors plus de vigueur. On découpe les écorces à la fin du printemps ou au début de l’été, parce qu’elles sont plus faciles à enlever à cette époque de l’année.

Alors qu’on ramasse les fleurs dès leur éclosion (de bonne heure le matin) et qu’on les expose rapidement au soleil, les fruits doivent être récoltés complètement développés (mûrs).

Une cueillette trop précoce ou trop tardive nuirait à la qualité du produit final. Les produits de la matière médicale ne sont utiles que s’ils ont perdu l’humidité qui leur est nuisible.

La dessiccation

La dessiccation se fait, selon les cas, soit au soleil, soit à l’ombre, soit à la chaleur. Lorsqu’on veut conserver les plantes, c’est à l’air libre qu’on les fait sécher. Certaines y perdent leurs propriétés toxi­ques. On livre les écorces à la dessiccation spontanée. Quant aux racines et aux rhizomes, ils sont dans la plupart des cas, séchés au soleil.

Les fleurs et les plantes aromatiques sont soustraites à l’action de la lumière et placées sur des claies; les racines compactes, les plantes mucilagineuses et les fruits sont chauffés dans une étuve. Les pharmaciens traditionalistes des Instituts de Médecine tradition­nelle du Kouang-tong observent encore, en 1975, toutes ces règles générales.

La recherche sur le terrain, les différentes phases de la cueillette et la sélection des plantes, sur lesquelles s’appuie notre enquête, sont fonction de l’état des sols et de la végétation.

les Biorythmes

La médecine doit aussi tenir compte des biorythmes. Réussir à synchroniser, comme le dit avec justesse A. Quaglia-Senta, l’action thérapeutique avec les biorythmes propres aux différents organes, c’est lui assurer d’une part le maximum d’efficacité et, d’autre part, la justifier rationnellement sur le plan biologique.
Le rythme conditionne en effet la physiologie, la médecine de l’équilibre est liée aux rythmes naturels des saisons.

Le calendrier traditionnel chinois

Le calendrier traditionnel chinois a fait ses preuves au cours des siècles. Il est intimement lié à l’activité paysanne. Il est divisé en vingt-quatre parties qui correspondent aux positions du soleil dans son écliptique. Le calendrier chinois suit à la fois le mouvement du soleil et le mouvement de la lune. Une lunaison représente un mois. On sème et on repique à la troisième lune. La phytothérapie repose, on le voit, sur des traditions vivaces.

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