Pensée sauvage: plante médicinale dépurative, décongestionnante, diurétique, antiprugineuse, antisyphilitique

La Pensée sauvage (Viola tricolor, Violariée) est une plante annuelle ou bisannuelle au caractère d’adventice. Elle pousse dans les champs, sur les talus, au bord des cours d’eau et dans les lieux incultes. Floraison d’avril à octobre. Elle a des tiges partiellement traçantes, ascendantes, souvent très ramifiées, atteignant 20 cm de haut. Les pétales sont jaune pâle ou les deux pétales supérieurs sont bleu violet et les trois inférieurs ont des stries longitudinales foncées ; le pétale le plus bas présente un long éperon émoussé. La Pensée sauvage existe en plusieurs races, toutes pouvant être récoltées pour le marché des drogues végétales car toutes ont des propriétés équivalentes. La Violette odorante ( Viola odorata L.) est aussi utilisée médicinalement mais a une plus grande importance en parfumerie. Certaines espèces ont été pratiquement exterminées par une cueillette inconsidérée et sont à juste titre protégées par la loi. Parmi celles-ci, la Pensée des Vosges ( Viola lutea ssp. sudetica), une violette de montagne vivace à fleurs jaune foncé.

Pensée sauvage, plante médicinale :

Le genre Viola, comptant 450 espèces, est le plus grand de toute la famille et ses membres sont distribués pratiquement dans le monde entier. La Pensée sauvage pousse en Europe, en Sibérie occidentale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, souvent comme adventice des champs. Les parties utilisées médicinalement sont les tiges fleuries récoltées uniquement dans la nature. Les constituants comprennent surtout des saponines, des glucosides flavoni-ques et des substances auxiliaires. L’effet de la drogue est accru par la pré­sence de mucilage et de tanins. Elle est utilisée en usages interne et externe; par voie orale surtout dans le traitement de l’inflammation des voies respira­toires supérieures en raison de sa teneur en saponine. Les propriétés diuréti­ques et antiseptiques de la drogue sont utilisées dans les tisanes pour les infections des voies urinaires. La drogue est employée sous forme d’infusion préparée avec 1 cuillere à café de drogue émiettée pour 1 tasse d’eau, briève­ment infusée, ou avec 1 cuillere à soupe de drogue pour *A 1 d’eau froide infu­sée pendant 8 heures. Le dosage est de 2 à 4 tasses par jour après les repas. En usage externe, la drogue est conseillée sous forme de compresses princi­palement pour les maladies de la peau chez les petits enfants (dermatoses et eczémas infantiles). Les compresses sont préparées en imbibant un tampon de gaze dans l’une des infusions indiquées ci-dessus. Il est conseillé de com­pléter le traitement externe par un traitement oral, c’est-à-dire en prenant une tasse d’infusion deux fois par jour. Selon R. F. Weiss, l’infusion peut être utilisée pour remplacer l’eau dans la préparation des aliments pour enfants. Dans le cas d’adultes, il faut tenir compte que le traitement prendra nécessairement plus longtemps bien que l’action de la drogue soit tout aussi sûre.


Quelques lectures intéressantes:

  • Autres appellations : violette des champs, violette tricolore, herbe de la Trinité.
  • Parties utilisées : fleurs.
  • Principaux composants : violine, acide salicyli- que, salicylate de méthyle (Desmoulière).

Propriétés :

  • dépuratif
  • décongestionnant
  • diurétique
  • antiprugineux
  • antisyphilitique (Camériarus)

Indications :

  • dermatoses : eczéma, acné, psoriasis (Emmery), tei­gne, impétigo, dartres, croûtes de lait (Strack, Dille- nius)
  • ulcères de jambes eczématisés
  • phlébites, hémorroïdes
  • neipès
  • urticaire
  • oligurie
  • rhumatisme, goutte, artériosclérose
  • scrofulose
  • syphilis (?)
  • spasmes nerveux, hystérie.

Utilisation thérapeutique de la pensée sauvage :

  • infusion : 60 g (une poignée) de fleurs pour 1 litre
    d’eau bouillante. Infuser 10 minutes. 3 tasses par jour entre les repas
  • extrait aqueux sous forme de sirop : 3 g dans 150 g de sirop simple
  • pour les petits enfants : 1 à 3 g de plante sèche, en infusion dans 1/2 litre d’eau ou de lait
  • tisane des cinq fleurs (voir à Bourrache).

N.B. : Cette plante donne aux urines une odeur de pisse de chat.


Crédit photo: www.photos-album.net

 

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