Le Corps de Prâna: Air et Espace (Vata)

Prânamaya, la deuxième couche (corps) du soi corporel, est sustentée par le souffle. Le vent et l’air sont à l’univers ce que le corps de prâna est aux humains, et à toutes les formes de vie. Le corps de prâna est plus subtil que le corps de nourriture.

Cet air vital est responsable de toutes les fonctions et de tous les besoins corporels. Ahamkâra, qui emmaga­sine la mémoire, est nourri par le prâna. Tous les souvenirs exprimés dans les pulsions  humaines sont activés par le souffle.

Tout notre passé et notre avenir sont contenus dans l’espace d’ahamkâra.

Nos pulsions, comme écrire, peindre, créer de la musique, chanter, danser, utiliser des ordinatems, procréer, avoir une relation, aimer, hair, manger ou évacuer, sont enracinées dans ahamkâra.

Nous sommes, par lui, inconsciemment prédisposés à certains goûrs et dégoûts, à entretenir certaines images de nous­ mêmes, à certains caprices, à adopter des compor­tements compensatoires, des résistances, des insécurités, à avoir des points faibles émotionnels, et des tendances physiologiques et psychologiques de coutes sorces. Quand nous sommes capables d’accéder correctement aux dossiers mnémoniques grâce à des sadhana spécifiques, ces tendances n’ont plus le pouvoir de nous asservir ; nous sommes guidés d’instant en instant dans notre action et notre service vers le soi cognitif. L’ univers nous a donné les sadhana comme moyen naturel de nous souvenir. Hypnose, thérapie régressive, et autres techniques forcées similaires sont des moyens non naturels de souvenir de détails cognitifs, dont les effets peuvent être plus nuisibles que bénéfiques pour notre système vital harmonique.

Chaque couche de conscience est connectée aux autres. Le prâna dosha de la planète est le vata dosha de l’être humain. Quand le corps de nourri­ ture de la planète et de ses habitants est violenté et pillé, tout l’équilibre du prâna est bouleversé, intérieurement comme extérieurement. Extérieu­ rement, les inévitable  orages violents et vents meurtriers se déchaînent, apportant avec eux les rapides karma des maladies de vata dans notre corps. Le déclin naturel d’une planète vieillissante ne rend pas pleinement compte de la distorsion de nos saisons ou des autres événements et maladies non naturels. Ils sont provoqués par l1être humain, qui foule au pied sa propre nature. Une fois que le corps de nourriture est malade, le corps de prâna souffre. (La viciation du corps de prâna est fondamentalement causée par la dégénération du corps de nourriture, mais la maladie peut avoir son origine dans le corps subtil. Cela arrive quand, au moment de la mort, la souffrance non résolue du corps mental est transférée dans le corps subtil. Alors, au moment de la renaissance, le corps subtil détérioré se réveille à son ambiance de douleur, qui finit par imprégner le corps physique.) La fonction mémorielle est la première à être viciée. Loubli, qui est endémique dans notre monde, est le symptôme direct de la détérioration  prânique.  En consé­ quence, le soi cognitif devient moins accessible. Le prâna est le souffle de l’univers. Quand la force vitale est affectée, la faim, la soif et la privation causées par les excès, prévalent.

Le prâna est la force cinétique de l’univers. Il provoque le mouvement de la terre autour du soleil. Cet amoncellement de saleté appelé terre devient une entité mobile dynamique, vibrant d’une vie complexe, grâce au prâna. Elle est rendue vivante, et elle génère la vie pour chaque organisme qui demeure sur elle, qu’il soit humain ou monocellulaire. Le prâna fait mouvoir l’air, l’eau, les nerfs et les cellules mnémoniques, contrôle l’expansion et la contraction de la surface de la terre. Les marées des océans et l’orbite de la lune autour de la terre, sont le fait du prâna.

Lair est l’énergie cinétique perçue par la peau ; le sens du toucher est né du prâna. Lespace est

 

enregistré par le saccule de l’oreille interne ; notre orientation spatiale dans notre champ gravita­ tionnel est produite par l’espace.

Le prâna contrôle aussi le souffle du cœur planétaire. La recrudescence des maladies cardiaques est due au dysfonctionnement du prâna corporel, le vata dosha.

Quand le souffle pâtit, la tristesse prévaut. Ce souffle éternel meut l’univers entier. Le souffle de la planète est la source vitale­ sante et renouvelante. Quand cette couche d’énergie est malade, la terre exsude la peur, la douleur, des frayeurs, des spasmes. Cela indique que sa robuste couche de nourriture (annamaya kosha) a été percée.

La détérioration planétaire est plus visible dans ce dosha parce que le prâna est affecté plus facilement que le corps de nourriture, à cause de sa nature subtile. De même, le système de vibrations est le premier à se détériorer dans le corps de prâna à cause des bruits et des impulsions dysharmonieux. La viciation du prâna universel est directement à l’origine de l’énorme accroissement des insécurités planétaires.

Le prâna est directement issu de l’espace cosmique. C’est parce que nous sommes capables de rêver et de réfléchir sur ses aspects intemporels et spatialement illimités. Quand le prâna vibre de nervosité, l’esprit même de notre être est percé et la douleur pénètre comme une pluie sans fin. Nous subissons présentement ce chagrin. Pendant ce temps, nous avons besoin d’être vigilants et de chérir nos différences individuelles, tout en sachant aussi que notre nature véritable est la conscience Une.