Houa T’o et l’utilisation des drogues anesthésiante, antiseptiques, onguents, anthelminthiques

La biographie de Houa T’o (vers 141-208) est moins sûre. On le présente comme le plus grand chirurgien de la Chine ancienne pratiquant les premières laparotomies, résections des intestins, thoracoto­mies, greffes d’organes, rhinoplasties, lithotomies, etc.
Houa T’a, originaire de P’ei-kouo-tsiao (Province du Ngan-houci), serait né sous le règne de l’Empereur Chouen, pendant l’ère Yang-ho ( 136-141 après J .-C.) et serait mort sous le règne de Hien-ti, la trei­zième année de la période Kien-ngan (196-219 après J.-C.). Il s’inté­ressa a l’action des drogues et forma la pharmacologie Wou p’ou.

Houa T’o utilisa les drogues anesthésiantes (poudres et décoc­tions), les antiseptiques, les onguents contre les inflammations, les anthelminthiques contre l’Ascaris (Houei) et notamment l’Allium sativum L. (Ta-souan) additionné de vinaigre.

Houa T’o aurait le premier utilisé la fleur de Datura afin de supprimer la perception de la douleur. Ses indications sont reprises par les chirurgiens du Kiang-sou ( 1975).


Houa T’o utilisait des décoctions anesthésiantes pour ses opéra· lions et notamment le cannabis. Le professeur Che Jolin ( l 959) rap pelle qu’il existe au Japon une recette inspirée de Houa T’o appelée Mafeisan. L’analyse ne donne point de chanvre indien. La recette se compose de six ingrédients: Man-t’o-lo houa (fleur de stramoine); Cheng ts’ao-wou, probablement pour Ts’ao-wou t’eou (A conitum Jischeri Reich.) qui contient de !’aconitine, substance paralysante; Hiang pai-tche (Angelica anomala Pail.); Tang-kouei (Angelica sinensis Oliver); Tch’ouan-kong (Ugusticum wallichii Franchet); Tien nan-sing (Arisaerna amurense Maximowîcz).
La prescription de Houa T’o, appelée « recette complexe aux six saveurs», est encore employée par les pharmaciens traditionalistes qui soulignent les dangers de l’interprétation philologique (Wou Tchêi-ki, 1961).


Quelques lectures intéressantes:

D’après le professeur Li T’ao (1954), de nombreuses drogues in­diennes furent introduites en Chine au XII siècle. Il signala la «fleur de Bouddha» (Fa-houa) et la «fleur de stramoine» (Man-t’o-lo) ”’. Cet anticonvulsivant était employé en pédiatrie avec d’autres séda­tifs tels que le T’ien nan-sing (Arisaema Japonicum).
La préparation anesthésiante du chirurgien japonais Hanaoka Scishû (1760-1835), inspirée par Houa T’o, fut appliquée pour la première fois le 13 novembre 1805. Elle comportait:

1. Datura tatula L.;

2. Aconitum japonicum Thunb.;

3. Angelica anomala Pall.;

4. Angelica acutiloba Kitagawa var. Sugiyamae Hikino;

5. Cnidium officinale Makino;

6. Arisaema japonicum Blume.

Les plantes hachées menu, étaient plongées dans l’eau chaude portée à ébullition. Le sédiment était éliminé. L’efficacité de la drogue se manifestait une à deux heures après l’ingestion. Elle durait cinq à six heures (Alain Briot, 1974).

 

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