colchique d’automne: propriétés et utilisation thérapeutique

Le nom du genre Colchicum qui compte 65 espèces, vient de Colchide, un ancien pays bordant la mer Noire, actuellement partie de la République de Géorgie. Le Colchique d’automne qui pousse dans toute l’Europe d’ouest en est, fleurit en automne mais les graines ne sont pas mûres avant le printemps. Ce sont les graines qui sont utilisées médicinalement. Elles contiennent quel­que 20 alcaloïdes extrêmement toxiques, principalement de la colchicine. La dose mortelle pour les adultes n’est que de 50 mg. En raison de sa grande toxicité, la drogue n’est pas utilisée comme telle. On n’emploie que des pré­parations faites d’alcaloïdes purs isolés à partir des graines, le dosage étant prescrit par un médecin. La colchicine est considérée comme le seul agent ab­solument fiable pour soulager de l’inflammation extrêmement douloureuse des articulations dans les attaques aiguës de goutte. La goutte est une mala­die métabolique caractérisée par une quantité excessive d’acide urique dans le sang, les sels d’acide urique étant déposés dans le cartilage et dans les liga­ments des articulations. Par conséquent, pour que le dosage soit efficace il doit être à la limite de la toxicité et toute auto-médication sans contrôle médi­cal est hors de question. Outre les alcaloïdes purs on utilise aussi l’extrait al­coolique obtenu à partir des graines — tinctura colchici. La colchicine ou la démécolcine moins toxique, sont utilisées commes poisons cellulaires inhibi­teurs de la division cellulaire dans le traitement de la leucémie. De nos jours cependant, on préfère les médicaments contenant des alcaloïdes de l’espèce de Madagascar Catharanthus roseus (L.) G. Don. — Pervenche de Madagas­car — pour une telle thérapie. La colchicine reste importante dans la phyto- génétique et la multiplication sélective.

Description et culture du colchique d’automne

Le Colchique d’automne (Colchicum autumnale, Colchicacée) fleurit de septembre à octobre dans les prés humides (généralement fauchés, fertilisés ou régulièrement inondés) et les marais de la plaine à la montagne. C’est une plante vivace à bulbe piriforme enfoui profondément dans le sol. Le bourgeon apparaissant sur le côté du bulbe se développe en été en une courte tige souterraine d’où partent les fleurs puis les feuilles au printemps suivant. Les fleurs mauve-violet au nombre de 1 à 3 apparaissent au-dessus de la surface et fleurissent en automne. Les étamines dans la gorge des fleurs ont des anthères orange. Au moment de la floraison, l’ovaire aux nombreux ovules est à la base du tube du périanthe sous la surface du sol. Après fertilisation la tige souterraine se met à pousser et sa base s’épaissit pour former un nouveau bulbe d’où émergent, au printemps, de larges feuilles lancéolées ayant jusqu’à 30 cm de long. Entre les feuilles se trouve une capsule gonflée avec de nombreuses graines globuleuses, très dures.

Toxique (3 cg entraînent la mort)


Quelques lectures intéressantes:


Autres appellations: tue-chien, narcisse d’automne…

 

Parties utilisées : semences, bulbe.

Principaux composants: colchicine (alcaloïde), huile essentielle…

Propriétés :

  • antigoutteux analgésique (paralyse les nerfs sensi­tifs)
  • diurétique azoturique (?)
  • inhibiteur des mitoses cellulaires (anticancer) : Huant, Mallet et Le Camus, Lenègre et Soulié, Dus- tin
  • excitant des sécrétions hépatiques et intestinales
  • antiallergique (Mugler…)
  • antiviral (Katsilabros).

Indications

(n’utiliser qu’en cas de bonne fonction ré­nale) :

  • crise de goutte
  • névralgies
  • migraines
  • asthme
  • atrophies musculaires progressives d’origine spi­nale
  • hydropisie, ascite, catarrhe bronchique
  • cancers
  • allergies, accidents sériques.

Contre-indications :

  • néphrites.

Comment l’utiliser :

  • contre la goutte :
  • teinture de semences : 15 à 60 gouttes par jour, en augmentant progressivement. A prendre en 3 fois. Arrêter dès la sédation de la crise
  • colchicine, remède héroïque de la crise aiguë : 1 /2 à 2 mg par 24 heures, pendant quelques jours. Stopper en cas de vomissements, diarrhées (plus de 4 selles par jour). Arrêter dès que la crise doulou­reuse est jugulée.

En outre, traitement de fond de la diathèse gout­teuse : 1 mg tous les jours ou tous les 2 jours pen­dant plusieurs années. Les crises aiguës s’espacent et disparaissent. Stopper ou dimi­nuer la dose en cas de diarrhée ou troubles diges­tifs. Environ 75 % de succès, pour des doses quoti­diennes de 0,5 mg à 2 mg pendant 2 à 10 ans.

  • Solution antigoutteuse :
    • intrait de colchique:  1 g
    • alcoolature de morelle: 1 g
    • alcool: 2 g
    • glycérine: 4 g
    • eau distillée:  3 g

5 à 15 gouttes, 3 à 5 fois par jour dans une infusion de cassis

  • vin de colchique : 60 g de semences desséchées ou 100 g de bulb es de colchique macérés 10 jours dans un litre de madère. Filtrer. 1 ou 2 cuillerées à café par jour dans une infusion de tilleul, au cou­cher. •
  • Pour les autres indications de la colchique, notam­ment dans les cancers, s’en remettre au méde­cin.
  • Empoisonnement par le colchique : mêmes symp­tômes que celui de la belladone et même traite­ment.Contre les cors : mettre une poignée de feuilles de colchique dans la chaussure et marcher le plus possible ce jour-là.

Le thé d’angélique est un des contre-poisons du colchique.

Crédit photo: www.gvfrontenac.ca

 




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