Cancer: comment la sophrologie aide à gérer l’angoisse de la récidive

Par Fériel Berraies Sophrologue certifiée  RNCP spécialisée dans l’accompagnement du cancer

Le cancer est un dysfonctionnement cellulaire entrainant la prolifération incessante de cellules altérées dans les tissus sains de   l’organisme.  Le dysfonctionnement se fait au niveau des gènes et de l’ADN. Le Cancer peut se développer chez tout le monde sous l’influence de facteurs innés et ou acquis.

Le cancer est la première cause de décès en France avant l’âge de 65 ans.



Selon l’Inca, en 2015, 385 000 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués en France Métropolitaine. Par ailleurs, 1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 sera diagnostiqué de cancer avant ses 85 ans.

La demande d’accompagnement en Sophrologie dans le cadre du cancer est de plus en plus importante, face aux chiffres de la maladie. Elle est soit sollicitée de façon spontanée ou elle est conseillée par le médecin traitant.

Un accompagnement spécifique face à une pathologie lourde

Accompagner une personne souffrant d’un cancer nécessite une véritable prise en compte de l’impact psychologique de sa maladie. C’est une pathologie éprouvante qui affecte la personne dans les différents domaines de sa vie familiale, amicale et professionnelle. En fonction des différentes périodes de la maladie et de son évolution, les réactions psychologiques peuvent être différentes.

Passé le choc de l’annonce de la maladie, la colère, le déni, la stupeur, puis ensuite la souffrance psychologique et les aléas physiques des traitements, le patient n’est pas au bout du parcours. Car une fois en « rémission », entre pour lui une période d’incertitudes, de doutes et de grandes angoisses. Période qui va ouvrir la porte pour certains sujets très fragilisés (ayant vécu un trauma ou des troubles mentaux précédents)  à un stress plus ou moins grave et chronique que l’on nomme «  état de stress post traumatique »

C’est durant la rémission, période consécutive à tout le cheminement médical, que la grande période d’angoisses apparaît.

Cancer et Etat de stress post traumatique, une possibilité mais pas une fatalité

Après avoir fini ses traitements et suite à la rémission, le sujet après avoir été longtemps « couvé »  et entouré par un personnel médical, se retrouve seul. Il  est une nouvelle fois plongé dans l’inconnu. Et cet inconnu va nourrir toute sorte d’angoisses. Car la fin des traitements pour lui, c’est aussi  la période des grands doutes et d’une grande solitude.

La fin des traitements est souvent une période difficile à vivre pour la personne en rémission. Bien que cela soit un premier pas vers la guérison, il lui est toujours difficile d’apprendre à revivre normalement. La personne souffre naturellement de la peur que le cancer puisse revenir. Et tout ce qui se passe dans son corps la maintient dans un état d’hyper vigilance.

Sentiments ambivalents : culpabilité, panique, stress, comment reprendre sa vie d’avant ?

« Ma vie d’avant n’est plus possible… ! »

…et pourtant il lui faut aller de l’avant.

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Période de grande solitude, car les visites médicales sont espacées, les proches moins présents et tout une organisation quotidienne est à reconstruire.

Il est d’autant plus compliqué d’envisager un retour à la vie professionnelle, que la personne n’a pas retrouvé toutes ses capacités, et peut se sentir en décalage avec les collègues et les personnes autour d’elle.

Etats de stress post traumatique, quand tu nous tiens !

La période de rémission est de cinq ans et elle doit nécessairement être accompagnée des soins de support :  CAD une bonne alimentation, sport et séances d’immunothérapie pour booster les défenses immunitaires. S’en suit une période de contrôle : avec des biopsies tous les trois mois puis tous les ans, puis tous les deux ans. L’arrêt du traitement ne permet pas de bénéficier du soutien régulier de l’équipe médicale. La vie reprend son cours, certes, mais les choses ne sont plus comme avant dans le corps et la tête de l’ancien malade.

Une période difficile à vivre, car il y a toujours cette peur de la récidive, un isolement soudain, un manque d’énergie et un sentiment d’abandon qui reste très présent. Cette période est propice à l’angoisse de la « récidive » et l’ancien malade peut douter alors de ses capacités. Par ailleurs, il faut se rappeler que lors des traitements, il y a eu une altération des fonctions cognitives : cad que la mémoire et la concentration ont pris un coup. Et c’est dans ce contexte précis que le syndrome de stress post-traumatique (SSPT)  peut intervenir si l’on est un sujet fragile et prédisposé par sa vie passée (traumas passés, problèmes mentaux) .

Le SSPT ou état de stress post traumatique est l’ensemble de symptômes observés chez certaines personnes qui ont survécu à un événement très stressant et traumatisant, qui a sérieusement nuit à l’intégrité physique au point de  la mettre en danger. C’est le cas des catastrophes naturelles, de la guerre, des attentats, d’une mort accidentelle ou le cancer…

Pas tous, mais certains patients en rémission du cancer, peuvent développer le SSPT

Car  il faut se dire, que la résilience n’est pas la même pour tous et le vécu et les complications de la maladie, restent une histoire très personnelle, qu’importe l’accompagnement. C’est l’arbre de vie, et l’histoire du vécu qui parle ici, et l’inconscient a aussi son mot à dire.

Les manifestations de ce stress aigu et chronique, si elles sont avérées, peuvent impacter considérablement le quotidien de la personne qui les vit:

  • On pourra retrouver des syndromes d’évitement : concernant les hôpitaux, les malades, tout ce qui relie au cancer
  • Des troubles du caractère et des émotions : anxiété, angoisse, mélancolie, irritabilité etc voire asociabilité
  • De troubles du sommeil, cauchemars et reviviscence de scénarios incluant la maladie

Mais cela reste rare, et concerne des patients qui ont déjà eu un passif de traumatisme et des problèmes de santé mentale.

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Mais également, les personnes dont le taux de stress est élevé dans leur vie au quotidien et tous ceux qui ne bénéficient d’aucun soutien familial ou amical face à la maladie.

Le traitement du SSPT peut être accompagné de diverses façons

La participation à un groupe de soutien est un premier pas au travers duquel le patient va apprendre à s’adapter à sa nouvelle situation, à changer sa façon de penser et de s’adapter – également à stopper son syndrome d’évitement et  à mieux maîtriser son stress.

Si les symptômes du SSPT sont graves, le médecin devra prescrire des médicaments qui atténuent l’anxiété ou la dépression et proposer un suivi psychologique en plus.

Après cette étape,  le sujet pourra bénéficier de soins de supports comme la sophrologie, qui va lui proposer des outils et l’aider à faire tout un travail pour le ramener à vivre une vie « normale » une fois sortie de la maladie.

Les  demandes exprimées à cette période ?

«  Ne plus avoir peur »  — peur de la récidive — peur de la séduction ( accepter son image changée suite au cancer)

«  Ne plus se sentir diminué » car toutes les capacités cognitives ont été altérées

«  Se rassurer sur ses capacités » car le client a du mal à se réinsérer dans la vie professionnelle (on est dans l’après traitement et la rémission)

Cette phase de reconstruction globale est cruciale. Elle peut présenter des difficultés et impacte le bien-être du patient, notamment quand il doit envisager le retour au travail.

Cette période lui demande beaucoup de ressources et quand il ne parvient pas à les reprendre, il peut se replier sur lui-même et rester prostré dans la peur de la réapparition de son cancer.

Le Protocole pour l’accompagnement de l’après Traitement en Sophrologie,  est un protocole d’amélioration du quotidien, car les difficultés auxquels il est confronté impactent son état de bien être dans la vie de tous les jours. Ce protocole va amener la personne à vivre sereinement. Pour cela, il doit apprendre à chasser sa peur de la récidive et renforcer sa confiance en elle.

Par ailleurs, un Protocole 2 de Préparation mentale pour affronter sereinement le travail peut être proposé, afin d’optimiser le potentiel physique, mental et émotionnel de la personne en rémission.

En cas de grave dépression ou d’Etat de Stress post traumatique, la Sophrologie ne pourra être proposée qu’en supplément du suivi psychiatrique et médical, à défaut, elle ne pourra pas s’y substituer.

Retrouvez les conseils de Fériel Berraies

www.feriel-berraies-therapeute.com

Lui écrire fbsophro@gmail.com

Fériel Berraies consulte en cabinet à Ozoir la Ferrière mais se déplace sur Paris et environs pour travailler en Entreprise, en milieu hospitalier, en  Collectifs et Associations et établissements scolaires.