Les racines de la peur d’aimer

Aimer c’est lâcher prise, c’est accepter que la personne aimée puisse nous briser le cœur… ou pas.

Nous rêvons tous de grands émois de grands frissons, mais encore faut-il lâcher prise.

Face à cette émotion intense qui nous fait parfois vaciller et qui nous tombe dessus sans crier gare, comment gérer le grand vertige et nos grandes peurs ?


Beaucoup prennent la poudre d’escampette, s’autosabotent ou sont dans le déni.

Pouvons-nous vivre sans amour ?

Nous vivons dans un monde où le danger semble être partout, alors nous cherchons à tout contrôler.

Mais le contrôle n’est qu’illusion. L’affect et les émotions ne se contrôlent pas, ils peuvent construire comme déconstruire. L’inconnu fait parti de la vie, il fait parti de l’amour et de ses tourments. Cette peur du devenir du sentiment amoureux alimente beaucoup de névroses, de ratés, d’omissions, de souffrances.

Mais pouvons-nous vivre sans amour ? pouvons et avons-nous le droit de nier cette profonde partie de nous, cette chose qui nous fait aller de l’avant, qui nous donne des ailes, qui nous donne parfois la force de tout surmonter ?

Il est vrai aussi que les statistiques ne sont pas encourageantes, lorsque l’on sait qu’un mariage sur deux se termine en divorce, il n’est pas étonnant que la peur d’aimer soit un mal de plus en plus courant.

Ce billet, je l’écris aujourd’hui pour toutes ces personnes qui ont peur de l’engagement, car cela est réellement un pattern, un comportement qui peut alimenter beaucoup de solitude morale, générer des ruptures, ou des relations affectives dysfonctionnelles.

Comprendre la peur d’aimer

Nous avons tous un arbre émotionnel, un arbre de vie où nous avons rangé toutes les rencontres amoureuses de notre vie. Selon notre trajectoire et l’expérience, nous avons aussi chacun de nous des fêlures, des blessures, des ratés, comme de belles expériences.

Le seul dénominateur commun est notre façon d’appréhender l’inconnu amoureux et surtout les apprentissages que nous aurons tirés de nos réussites ou de nos échecs affectifs.

Comme la vie, rien n’est linéaire et encore moins les sentiments. Il est connu que la durée et l’usure ne sont pas les meilleurs alliés des relations  d’amour mais encore moins, si le sujet traine avec lui des casseroles liées à  l’enfance, l’éducation,  un problème de confiance ou d’estime, ou pire un trauma.

La rencontre: décoder les ferments de l’idylle

Nous connaissons tous les émois de la première rencontre, cette crainte, ces atermoiements psychologiques, c’est comme si on redoutait l’autre mais en même temps une partie de soi allait à sa rencontre. Dès le premier regard ; nous mettons en place des stratégies inconscientes de « défense »

Le premier contact est remuant, il y a cette peur de s’engager qui est instinctive, car se mettre avec quelqu’un signifie aussi « renoncer à d’autres possibles »

Alors que l’on a envie en général de trouver sa moitié, son concubin, son amour ou son amant paradoxalement : on lui en veut forcément… comme l’expliquerait le psychanalyste Samuel Lepastier.

La Stratégie de fuite

Chacun de nous à notre insu développe une stratégie de fuite. Un genre de test que nous imposons à nous même, ou un test pour comprendre et analyser les « frontières de l’autre ».

Lui faire peur peut être pour nous une façon de nous protéger car en quelque sorte, rester dans la réserve pour ne pas se mettre en danger, ou faire du sur place, est une façon de décompenser cette tensions nerveuse qui s’empare de nous quand on est face à l’autre.

Arrêtez l’autoflagellation

Bien souvent, vous êtes votre pire ennemi.

Vous vous remettez en question, vous vous sous estimez, comme si vous n’étiez pas assez bien, pas assez intéressant, pas assez désirable. Cette petite voix qui vous tire vers le bas, ce fichu miroir qui vous renvoie une image écornée de vous-même !

Quand votre côté sombre, noie toute velléité d’être séduisant et désirable, un reflet faux et déformé de votre personne finira par aliéner toute confiance en vous.

Ces pensées parasites sont réellement toxiques.

Cela n’est ni le lieu ni le moment si vous voulez rencontrer quelqu’un.

Cela vous tire vers le bas et si vous êtes fragile ou en manque de confiance, cela vous lamine littéralement.

Ce monologue intérieur qui se nourrit essentiellement de vos pensées négatives éliminera toutes vos chances.

Parti ainsi, vous seriez une bombe sexuelle que vous n’auriez aucune chance avec l’autre !

Si vous n’êtes pas bien dans votre peau ou votre cœur, vous n’enverrez certainement pas le bon message à l’autre.

Apprenez à vous aimer d’abord si vous voulez être aimé par l’autre et surtout ne vous précipitez pas : l’amour de l’autre s’obtient, il ne s’impose pas.

Les racines de la peur d’aimer

Nous sommes tous plus ou moins marqués par des histoires, des souvenirs douloureux.

Nous avons appris à nous protéger, chacun à notre façon.

Chacun sa stratégie de faire face.

Nous sommes dans cette lutte continuelle entre l’envie d’aimer et le besoin de nous protéger.


Quelques lectures intéressantes:

Nous écartons ainsi tout risque d’amour, de peur de l’humiliation (là c’est l’égo qui parle), de peur de l’infidélité (là c’est le trauma qui s’enclenche surtout si l’on a vécu cet épisode), d’angoisse de ne pas contrôler notre vie et la situation.

Autant de facteurs qui sont un réel frein à tout avenir amoureux.

Il n’y a pas de médicament, ni de solution miracle à la peur de souffrir.

Seul un recentrage, un lâcher prise, et le temps vous permettront de retrouver la force d’y croire.

Arrêtez d’idéaliser l’autre !

Et retombez sur vos « pattes ».

Pour cela, il faut rester dans le réalisme et la lucidité, qu’importe les élans de votre cœur, la chute éventuelle en serait ainsi plus ou moins atténuée.

Au début d’une relation, on projette nos fantasmes de bonheur sur l’autre, et c’est plus l’image du bonheur qu’on n’idéalise pas le partenaire.

Le quotidien vous le révélera tel qu’il est vraiment, et vous seriez bien déçu, voire tenté de le quitter, persuadé qu’il a changé.

Restez dans la réalité objective, observez les défauts comme les qualités, l’amour n’est pas une carte postale, c’est une question d’atomes crochus, de tolérance, de bienveillance, de partage, et certainement de réalisme !

Attention à la dépendance amoureuse

Ne changez rien à vos habitudes.

Vivez votre vie, vous ne pouvez et ne devez pas être le prolongement de l’autre, cela ne fonctionne pas à long terme et c’est une erreur.

Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, pour certains d’entre nous qui sommes dans la carence ou la dette affective, difficile de se tempérer, pourtant il le faut et c’est un travail à faire sur soi.

La séduction doit se cultiver dans la durée, il faut garder sa personnalité, ses envies, ses passions, rester autonome.

 

La sophrologie peut vous aider

En travaillant sur la confiance, l’estime de soi et une meilleure acceptation de votre miroir tel que vous êtes, la sophrologie vous permettra de vous apaiser, de revoir votre miroir avec plus de bienveillance.

On travaillera sur la détente mais surtout la reprise de la confiance en soi, et l’estime.

Il faudra vous donner le temps, il sera votre meilleur allié.

Vous corrigerez certains automatismes qui étaient initialement des mécanismes de défense mais qui vous enfermaient dans des certitudes erronées.

Chaque histoire est différente, chaque personne aussi, chaque amour aussi.

 

Commencez déjà par procéder par étapes:

1. Aimez vous

La Bienveillance devra d’abord venir de vous avant d’attendre celle des autres

2. Pardonnez-vous et pardonnez-lui

Pour pouvoir le faire, la rancune n’est plus de mise, il faut pardonner et cela vous permettra d’aller de l’avant

3. Acceptez votre situation

C’est un passage de votre vie pendant lequel vous devrez lâcher prise et en tirer des enseignements pour le futur. L’histoire est terminée et vous n’étiez pas fait pour rester ensemble.

4. Prenez le temps

C’est important de digérer le passé pour regarder le futur. Avant de penser à ressentir de nouveaux sentiments pour quelqu’un d’autre vous, vous devez vous pardonner, pardonner à l’autre.

5. Restez ouvert

Faites le point sur vos envies profondes, faites ce que vous aimez et surtout prenez le temps avant une prochaine histoire.

Il n’y a pas d’amour sans risques et une vie sans amour n’est pas une vie !

 

En conclusion :

Cesser de vouloir tout contrôler, c’est cesser d’avoir peur de l’inconnu.

Il faut repenser l’inconnu comme étant le piment d’une vie.

Se dire surtout que les ressources sont en nous pour surmonter n’importe quelle épreuve qui se dressera sur notre chemin.

Et si un jour vous vous sentez défaillant, alors la sophrologie (et ce n’est pas la seule) pourra vous être utile.

Rien n’est inéluctable, avec le temps nous pouvons guérir de tout et rien n’est une fatalité !

 

Article rédigé par Fériel Berraies

 

  • Chercheur en Sciences Sociales Experte Genre
  • Sophrologue certifiée RNCP spécialisée (cancer, sexualité, périnatalité, enfance, adolescence, personnes âgées et Entreprise)
  • Membre de la Chambre Syndicale de Sophrologie
  • Membre de la Chambre Syndicale des métiers de la Naturopathie
  • Hypnothérapeute, en formation en Naturopathie
  • Prix Sanitas de l’innovation santé à Monastir Tunisie en 2018
  • Prix UFA 2015 à Bruxelles
    Site: www.feriel-berraies-thérapeute.com
    Lui écrire: fbsophro@gmail.com
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