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CBD : la part thérapeutique du cannabis

Le cannabis, d’usage illégal, est un mot qui fait peur car classé dans les drogues psychotropes. Pourtant, une partie du cannabis, le CBD, a des vertus thérapeutiques reconnues pour détendre, soulager les muscles, calmer les douleurs y compris dans des maladies graves comme la sclérose en plaques. A tel point, que l’usage médical du cannabis va débuter en France normalement en septembre 2020, à titre expérimental, en utilisant sa forme autorisée, le CBD.

 

Une autorisation gouvernementale

C’est l’Assemblée Nationale qui l’a autorisé en octobre 2019, selon l’avis favorable émis en juillet 2019 par l’Agence Nationale du Médicament.

Bien entendu, son utilisation sera strictement encadrée par des règles précises. C’est toutefois une belle avancée pour les patients qui recherchent des solutions contre la douleur.

 

Qu’est-ce que le CBD ?

Le CBD est l’abréviation pour cannabidiol.

C’est une substance issue du cannabis, faisant partie des cannabidoïdes de la plante, comme le THC. Le CBD en est un des constituants majeurs avant même les flavonoïdes et les terpénoïdes.

Au niveau botanique, on notera que le cannabis est le nom donné à la drogue issue en fait du chanvre, une plante très répandue en Europe et en Asie.

Il existe plusieurs variétés de chanvre, sativa, indica et ruderalis principalement.

Ce sont les plants femelles qui portent les têtes de fleurs riches en CBD et en THC, les plants mâles servant principalement pour leurs fibres (cordes, vêtements en chanvre, alimentation des animaux d’élevage…).

Plus les plantes femelles avancent dans leur floraison, plus la teneur en THC contenue dans les fleurs et la résine les recouvrant (une huile essentielle, après transformation, c’est une drogue : le haschich ou shit) se transforme progressivement en CBD, le THC se détériorant de lui-même.

 

CBD VS THC

Il ne faut pas mélanger le CBD (cannabidiol) et le THC (tetrahydrocannabinol).

Le THC produit des effets psychotropes alors que le CBD non.

Le THC va viser dans notre corps des récepteurs au niveau du cerveau, d’où son effet psychotrope, alors que le CBD va aller se lier avec des récepteurs dans notre corps d’où les applications médicales possibles.

Le THC est appelé agoniste des récepteurs CB1.

Cette différence s’explique par la disposition de leurs atomes différente, bien que la composition chimique soit la même : 21 atomes de carbone, 30 atomes d’hydrogène et 2 atomes d’oxygène.

Entre autres, c’est l’effet du THC dans l’usage du cannabis qui augmente l’appétit et donc la consommation de nourriture après son ingestion, car le THC imite partiellement un neurotransmetteur produit naturellement par notre cerveau, l’anandamide.

Elle active aussi des effets « gratifiants », euphorisants, donnant une impression de bonheur et de motivation (mais qui reste donc un leurre dans l’usage du THC.)

Après prise du THC, il y a une redescente au niveau du cerveau pouvant générer angoisse, paranoïa et trouble de la mémoire et de la concentration à court terme.

Fait intéressant : quand théoriquement il y a équilibre, le CBD inhibe les effets du THC en agissant comme antagoniste des récepteurs CB1.

Il vient donc réduire les effets négatifs du THC.

Par ailleurs il est anti-inflammatoire d’une façon générale. Comme il n’agit pas sur le cerveau, il n’y a pas de modification et donc pas de « défonce » possible avec le CBD.

 

Les applications possibles

Ici on parle de cannabis médical, pour bien déterminer la vocation médicale de ce CBD et le différencier de l’usage illégal du stupéfiant à titre récréatif ou auto-thérapeutique.

Il répond à des standards pharmaceutiques, il sera donc prescrit par des médecins et délivrés par des pharmacies en centres hospitaliers uniquement.

Bien que l’usage du cannabis depuis la nuit des temps a fait l’objet d’une littérature et de témoignages abondants sur ses nombreuses vertus éventuelles, ici seulement cinq critères ont été retenus et seront étudiés dans le cadre du CBD médical :

  • Les douleurs liées à des troubles fonctionnels ou à des maladies touchant les nerfs comme la sclérose en plaques ;
  • Les douloureuses contractions musculaires par exemple à la suite d’un AVC ;
  • L’épilepsie ;
  • Les effets secondaires entraînés par les traitements chimiques liées aux cancers (nausées, vomissements…) et aux cancers en eux-mêmes (douleurs, perte de poids…) ;
  • Les soins palliatifs.

Il va de soi que la prescription du CBD viendra en complément des traitements déjà mis en place et non en remplacement.

 

Sous quelles formes ?

En l’occurrence, le CBD médical sera prescrit sous forme d’huile ou de fleurs séchées et il répondra aux standards pharmaceutiques.

Qu’on se le dise, les médecins ne prescriront pas des joints aux patients !

Les modes d’administrations comme les posologies seront adaptés à chaque patient.

Ce seront probablement des producteurs étrangers qui seront sollicités car sa production et sa commercialisation est interdite en France.

Les patients, comme les médecins, les pharmacies et les producteurs, seront enregistrés dans un registre électronique.

 

Contre-indications

On déconseille l’usage du CBD aux personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, de troubles du rythmes cardiaques, d’hypertension, de somnolence, de paranoïa et de troubles anxieux sévères.

En effet, l’usage du CBD peut amplifier ces phénomènes.

 

Remboursement

Durant les 2 ans de l’expérimentation française, le CBD sera remboursé à condition bien sûr d’avoir été prescrit par votre médecin sur ordonnance sécurisée et uniquement dans les centres hospitaliers participant à cette expérimentation.

Seules les pharmacies de ces hôpitaux seront habilitées à délivrer le CBD prescrit.

Pour la suite, la question de son remboursement éventuel et sur quelles bases n’a pas encore été définie.

Dans tous les cas, n’oubliez pas que la consommation de cannabis est illégale, comme la production et la vente, y compris à usage personnel et est passible de poursuites judiciaires.

En aucun cas, la responsabilité de l’auteure comme du magazine ne saurait être engagée. Cet article n’est en aucun cas une incitation à la consommation, à la production et/ou à la commercialisation.

 

Article rédigé par Clotilde Rolland,
Naturopathe,
Mail : clotilde.naturo@gmail.com