Vivre avec un conjoint rescapé(e) de l’inceste ou de pédocriminalité

Tous les couples connaissent des moments ou l’un ou l’autre des conjoints a des problèmes. Ce qui fait la différence, c’est lorsque les deux conjoints tentent ensemble de trouver des solutions.

En tant que conjoint, que puis-je faire pour l’aider ?

Dans toute relation amoureuse, les deux conjoints doivent se comprendre et s’apporter un soutien mutuel. Toutefois, la/le conjoint/e d’une personne qui a subi de la violence sexuelle durant l’enfance doit faire preuve d’une grande dose de compréhension et de patience.
Voilà ce que vous pouvez faire pour apporter du soutien à votre conjoint/e :
Croyez la/le et résistez à la tentation de minimiser l’importance de l’agression sexuelle dont elle/il à été victime.
Ecoutez la/le. Si l’agresseur était un membre de la famille, elle/il peut éprouver de l’attachement pour lui malgré tout et en même temps que de la colère. Elle/il doit pouvoir se faire elle/lui même une opinion sans que vous tentiez de l’influencer, aussi difficile que ce soit pour vous !
Soutenez la/le dans le façon dont elle/il entend régler ses problèmes liés à la violence sexuelle subit ; cependant, n’essayez pas de la/le diriger dans ce qu’elle/il entreprend.
C’est à elle/lui de décider si elle/il va s’adresser à un service de conseil, une/un thérapeute de couple, une/un psychologue, se joindre à un groupe de soutien ou entamer des poursuites contre l’agresseur/e.
Votre tâche consiste à l’appuyer dans ces importants décisions, quelles qu’elles soient. Si vous essayez de vous en mêler, elle/il va de nouveau avoir l’impression que quelqu’un essaie de diriger sa vie. Si la famille de votre conjoint/e tente de l’influencer dans les mesures qu’elle/il va prendre, vous pouvez lui venir en aide en l’appuyant dans ses propres décisions.
Conservez tous les deux votre identité propre.
Vous aiderez votre conjoint/e en vous concentrant autant sur vos propres besoins que sur les siens. Dans une relation saine, chaque conjoint doit faire en sorte que ses besoins soient comblés. Qu’un seul conjoint ou que les deux aient été agressés sexuellement, ce principe demeure valable.
 – Soyez un ami en qui elle/il a entière confiance.
Cela signifie que vous devez être là lorsque votre conjoint/e a besoin de parler ou lorsqu’elle/il a besoin de compagnie, et que vous devez aussi respecter son besoin de solitude. Vous devez faire preuve de patience, surtout lorsqu’elle/il veut parler des agressions ou qu’elle/il vous raconte de nouveau ce qui lui ai arrivé.
Montrez-vous coopératif à l’égard des demandes de votre conjoint/e sur le plan sexuel.
Elle/il peut vouloir éviter les rapports sexuels ou même demander une période d’abstinence. Si elle vous le demande, c’est probablement parce que les relations sexuelles lui rappellent des souvenirs douloureux qui se rattachent à la violence sexuelle qu’elle/il a subie. L’abstinence temporaire peut sembler difficile, mais vous pouvez voir là une occasion de démontrer votre amour par des gestes d’affection et de tendresse sans caractère sexuel.
Qu’en est-il de moi ? Comment puis-je répondre à mes propres besoins ? Être le conjoint d’une personne qui à été victime d’agression sexuelle peut se révéler une épreuve tout autant qu’une expérience enrichissante. De nombreuses rencontres en médiation ou thérapie de couple nous on appris quelques principes à respecter pour préserver une relation complice.
Apprenez à reconnaître et à faire valoir vos propres besoins.
Vous devez connaître vos limites et les faire connaitre à l’autre si elle/il à un comportement qui vous dépasse. En faisant passer les besoins de votre conjoint/e avant le vôtre, vous risquez de nuire à sa “guérison ou résilience”, à votre bien-être émotif ainsi qu’à votre couple.
Penchez-vous sur le rôle que vous avez joué dans votre propre famille.
Si vous étiez celle/celui qui “se chargeait de tout”, vous risquer d’adopter ce même rôle dans votre relation. Vous vous sentirez peut-être bien, mais cette attitude n’est ni saine ni durable.
Assurez-vous d’avoir un appui à l’extérieur de votre relation.
Cet appui peut prendre la forme d’une/un conseiller, d’une/un thérapeute, d’une/un ami ou d’un groupe de soutien, ou les trois à la fois si c’est possible ! (le soutien d’ami/es peut faillir quelques fois car le sujet est très personnel et encore malheureusement très tabou car intra-familial)
Sachez apprécier votre relation pour ce qu’elle est vraiment.
 N’essayez pas de la/le  rendre conforme à un modèle idéalisé. Votre famille a peut-être créé une fausse image de la vie familiale, et les médias participent à générer des attentes irréalistes quant à ce que devrait être la vie de couple ou de famille.
Qu’arrive-t-il si j’ai moi-même été agressé sexuellement durant l’enfance ? Si le processus de “guérison ou résilience” entamé par votre conjoint/e a rappelé à vote mémoire la violence sexuelle dont vous avez été vous-même victime, vous pourriez avoir les réactions suivantes : vous éprouverez de la colère en pensant que l’expérience de votre conjoint/e a ramené à votre esprit votre propre expérience d’agressions sexuelles.
Vous serez apeuré à l’idée de ne pouvoir continuer d’offrir le même appui à votre conjoint/e et vous serez paniqué à la pensée de vivre ce que votre conjoint/e à vécu.
Si vous vous dites que la violence dont vous avez été victime était moins grave et que vos besoins peuvent attendre un certain temps et vous ressentirez de la colère et de rancune si vous mettez vos besoins de côté. Souvenez-vous d’une chose : votre responsabilité première , c’est vous-même. Si vous ne prenez pas soin de vous-même, vous ne pourrez apporter un soutien à votre conjoint/e ou à votre relation.
Tandis que vous concentrez vos énergies à guérir du traumatisme lié à la violence sexuelle, vous devez, chacun à votre tour, donner et recevoir du soutien. En outre, chacun de vous a aussi besoin de soutien venant de l’extérieur, c’est-à-dire d’un/une conseiller, un/une thérapeute, d’ami/es ou d’un groupe de soutien.

Des fausses idées, des légendes et beaucoup de préjugés

Que se passe-t-il si je suis du même sexe que mon conjoint/ma conjointe ? Si vous et votre conjoint/e êtes du même sexe, vous aurez à faire face aux mêmes situations que les autres couples : suivre et accompagner votre compagne/compagnon de vie dans son processus de “guérison et de résilience” ; appliquer les principes visant à soutenir votre conjoint/e. Et si votre famille et vos amis n’approuvent pas votre relation, vous ressentirez un stress supplémentaire. Certains “spécialistes” s’appliquent à dire qu’il faut un père et une mère pour assurer l’équilibre d’un enfant et le couple homosexuel représente alors un handicap supplémentaire ! Ces pseudos vérités d’un autre âge nous laissent croire que le père représenterait le masculin et la mère le féminin. C’est une des plus absurde légende que l’on fait passer pour une vérité psychologique. Masculin et féminin ne se répartissent pas aussi rationnellement que cela. Pour qu’un couple se forme et qu’il dure, il faut une alliance équilibrée entre le masculin et le féminin et cet équilibre réside aussi bien dans les couples hétérosexuels qu’homosexuels.

Y a-t-il une “vie après “la guérison, la résilience” ?

Oui !
Tous les couples connaissent des moments où l’un et l’autre des conjoints a des problèmes. Ce qui fait la différence, c’est lorsque les deux conjoints tentent ensemble de trouver des solutions pour ne pas se perdre, se quitter.
Un vécu d’agression sexuelle peut perturber une relation dès le départ, même si vous n’êtes au courant de rien. Lorsque votre conjoint/e vous en parle, vous comprenez alors où se situe le problème et vous avez de meilleures chances de résoudre les difficultés au fur et à mesure qu’elles se présentent.
La communication positive et bienveillante que vous établissez entre vous et le soutien que vous vous apportez mutuellement pendant le processus de “guérison ou de résilience” augmenteront la CONFIANCE que vous avez l’un envers l’autre, de telle sorte que vous pourrez parler en toutes sécurité même des questions les plus délicates.
La communication est la base la plus solide d’une relation . Afin de pouvoir de pouvoir vivre pleinement après la “guérison ou résilience”, rappelez-vous des conseils suivants :
*Continuez de communiquer votre amour.
*Montrez de la sollicitude dans vos gestes.
*Soyez conscient/es de vos propres besoins et vos limites.
*Faites connaître vos besoins et vos limites à votre conjoint/e.
*Réservez-vous des moments privilégiés avec votre conjoint/e, où la question de la violence sexuelle ne sera jamais abordée.
*Passez du bon temps en compagnie l’un de l’autre et rappelle-vous des raisons pour lesquelles vous avez choisi d’être ensemble au début de votre histoire.
Article rédigé par Randy Do, membre du réseau Thérapeutes.com
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