Quels sont les traitements naturels contre le polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde (PAR) est une maladie auto-immune qui provoque une inflammation chronique des articulations. Les maladies auto-immunes sont des maladies qui surviennent lorsque les tissus de l’organisme sont attaqués par erreur par leur propre système immunitaire.

Le système immunitaire contient une organisation complexe de cellules et d’anticorps conçus normalement pour « chercher et détruire » les envahisseurs du corps, en particulier les infections. Les patients atteints de maladies auto-immunes ont dans leur sang des anticorps et des cellules immunitaires qui ciblent les tissus de leur propre corps, qui peuvent alors être associés à l’inflammation.

Bien que l’inflammation des tissus entourant les articulations et l’arthrite inflammatoire soient des caractéristiques de la polyarthrite rhumatoïde, la maladie peut également causer de l’inflammation et des lésions dans d’autres organes du corps. Parce qu’elle peut affecter plusieurs autres organes du corps, la polyarthrite rhumatoïde est appelée maladie systémique.



La polyarthrite rhumatoïde est une maladie rhumatismale classique. La polyarthrite rhumatoïde qui commence chez les personnes de moins de 16 ans est appelée polyarthrite juvénile idiopathique (anciennement polyarthrite rhumatoïde juvénile).

Symptômes

Les signes et les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde peuvent inclure:

  • Articulations douloureuses, chaudes et enflées
  • Une raideur articulaire qui s’aggrave habituellement le matin et après les périodes d’inactivité.
  • Fatigue, fièvre et perte de poids

La polyarthrite rhumatoïde précoce a tendance à affecter d’abord vos petites articulations, en particulier les articulations qui attachent vos doigts aux mains et vos orteils aux pieds.

Au fur et à mesure que la maladie progresse, les symptômes se propagent souvent aux poignets, aux genoux, aux chevilles, aux coudes, aux hanches et aux épaules. Dans la plupart des cas, les symptômes apparaissent dans les mêmes articulations des deux côtés du corps.

Environ 40 pour cent des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde présentent également des signes et des symptômes qui n’impliquent pas les articulations. La polyarthrite rhumatoïde peut affecter de nombreuses structures non articulaires:

  • Peau
  • Yeux
  • Poumons
  • Coeur
  • Reins
  • Glandes salivaires
  • Tissu nerveux
  • Moelle osseuse
  • Vaisseaux sanguins

Les signes et les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde peuvent varier en gravité et fluctuer dans un sens comme dans l’autre. Les périodes d’augmentation de l’activité de la maladie, appelées poussées, alternent avec les périodes de rémission relative – lorsque le gonflement et la douleur s’estompent ou disparaissent. Avec le temps, la polyarthrite rhumatoïde peut déformer les articulations et les déplacer.

Que se passe t’il au niveau d’une articulation touchée

Une articulation normale comporte du cartilage et une membrane synoviale qui tapisse tous les tissus fibreux (ligaments, tendons, capsules) servant à unir les extrémités osseuses. La polyarthrite rhumatoïde se caractérise par une synovite agressive, c’est à dire l’inflammation de la membrane synoviale. On observe d’abord la présence de quelques cellules inflammatoires, la multiplication des vaisseaux, puis un épaississement considérable du tissu synovial quelquefois appelé « pannus ». La membrane synoviale comporte alors de nombreuses couches au lieu d’une seule : le tissu synovial et sous-synovial est infiltré par de très nombreuses cellules inflammatoires, monocytes /macrophages, cellules dendritiques, lymphocytes, et polynucléaires neutrophiles.

Ces cellules vont détruire les structures alentours : le cartilage, qui s’érode et s’amincit, et l’os au sein duquel apparaissent des encoches ou des géodes, et qui se déminéralise tout autour de l’articulation. Rapidement, les tendons et les ligaments peuvent être aussi attaqués et se rompre. (source: www.inserm.fr)

 

Schéma de la polyarthrite rhumatoïde © Inserm/Koulikoff, Frédérique

Crédit Photo: Inserm

Faits et prévalence

  • La polyarthrite rhumatoïde touche entre 300 à 600 000 personnes en France (Scand J Rheumatol 1994 ;23 :264-8 )
  • La polyarthrite rhumatoïde est le type le plus courant de polyarthrite auto-immune.
  • Les femmes sont trois fois plus à risque de développer la polyarthrite rhumatoïde que les hommes.
  • Environ 75 % des patients atteints de PR sont des femmes et les estimations montrent maintenant qu’entre 1 à 3 % des femmes souffriront de polyarthrite rhumatoïde au cours de leur vie.
  • La polyarthrite rhumatoïde commence souvent à l’âge moyen, habituellement entre 30 et 60 ans, et elle est plus fréquente chez les adultes plus âgés (les enfants peuvent aussi contracter la polyarthrite rhumatoïde, mais elle est plus rare). Les hommes ont tendance à contracter la PR plus tard dans la vie que les femmes.
  • Les antécédents familiaux de PR augmentent les risques de développer la maladie, mais la majorité des personnes atteintes de PR n’ont aucun antécédent familial de la maladie.
  • La polyarthrite rhumatoïde est une maladie systématique qui affecte l’ensemble du corps, notamment le cœur, les vaisseaux sanguins et les nerfs. Une étude suédoise menée en 2010 a révélé que le risque de crise cardiaque pour les personnes atteintes de PR était 60 % plus élevé un an après le diagnostic.

Une maladie multifactorielle

Il existe des gènes de prédisposition à la polyarthrite rhumatoïde, situés dans différentes régions du génome. Les gènes dont l’implication est la plus forte appartiennent au complexe majeur d’histocompatibilité : il s’agit de certains gènes HLA-DR qui codent des molécules essentielles pour la présentation des antigènes au système immunitaire. Ces gènes favorisent l’apparition de la maladie, mais leur présence n’est pas indispensable. Certaines études conduites sur des jumeaux homozygotes (les « vrais jumeaux ») montrent que si l’un est atteint, l’autre ne le sera que dans 10 à 15% des cas, montrant bien que d’autres facteurs interviennent.

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Ces autres facteurs sont en fait un ensemble de facteurs environnementaux :

  • La fumée de tabac joue un rôle très important : la polyarthrite rhumatoïde est plus fréquente, plus grave, et répond moins au traitement chez les fumeurs.
  • Le sexe : la maladie est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.
  • L’âge : le pic d’apparition de la maladie se situe vers 45 ans.
  • Il existe également des variations géographiques dans la fréquence de la maladie: (source: www.inserm.fr)

D’un pays à l’autre et même d’un groupe ethnique à l’autre, la fréquence de la maladie diffère comme le souligne le Pr. Oili Kaupiainen-Seppanen. Certaines tribus indiennes nord-américaines présentent une proportion de polyarthrite rhumatoïde bien plus importante que la population caucasienne. En Afrique, cette maladie est bien moins fréquente, sauf en Afrique du Sud. En Asie et en Australie, la polyarthrite est moins fréquente qu’en Europe, où la France fait partie des pays les moins touchés. Selon une étude 4 française présentée lors du Congrès annuel européen de rhumatologie 2003, 0,31 % (0,44 % pour les femmes et 0,11 % pour les hommes) de la population serait concernée.

Mais de nombreuses études attestent également aujourd’hui d’un certain recul de la maladie. « Un déclin de l’incidence mondiale de la polyarthrite rhumatoïde a été rapporté à Rochester et en Finlande, ainsi qu’au sein de la tribu des indiens Pima, où une diminution de 50 % a été notée entre 1966 et 1990 ».

Source: www.doctissimo.fr

Traitements naturels de la polyarthrite rhumatoïde

Les traitements médicamenteux sont bien documentés et nous ne pourrons pas apporter de valeur ajoutée par rapport à ce que vous trouverez notamment ici.

Nous avons en revanche décidé d’aborder le sujet sous l’angle des traitements naturels:

1. Mangez un régime anti-inflammatoire

Les aliments riches en antioxydants et ceux qui sont « entiers » /non transformés aident à contrôler les symptômes. Les experts soulignent l’importance de manger un « régime alimentaire sain contre l’arthrite » qui comprend des aliments naturellement riches en oméga-3 (comme le poisson sauvage et les noix/graines sauvages), beaucoup de légumes et de fruits frais, du bouillon d’os, des aliments riches en soufre et des graisses saines comme l’huile d’olive et l’huile de coco. Il est également important d’éviter les aliments qui déclenchent l’inflammation – comme le sucre ajouté, les ingrédients synthétiques, les gras hydrogénés/trans, les aliments transformés et les allergènes courants comme le gluten ou les produits laitiers pasteurisés.

Les compléments anti-inflammatoires:

Les suppléments anti-inflammatoires qui peuvent aider à réduire la douleur arthritique sont:

  • curcuma et extrait de gingembre
  • boswellia/encens français
  • enzymes protéolytiques
  • glucosamine
  • MSM
  • Les huiles de poisson (oméga-3): Plusieurs études ont démontré que les suppléments d’huile de poisson peuvent aider à réduire la raideur matinale de la polyarthrite rhumatoïde. Les oméga-3 réduisent l’inflammation et aident à prévenir les maladies cardiaques. C’est un bon point pour les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, qui sont plus à risque que les autres de contracter une maladie cardiaque. L’huile de poisson semble sans danger lorsqu’elle est utilisée adéquatement. Ne prenez pas plus de 3 grammes par jour en raison du risque de saignement.

2. Approche par les médecines alternatives et complémentaires

Acupuncture et acupression

Selon la médecine chinoise, le corps humain contient un réseau de voies énergétiques au travers desquelles circule l’énergie vitale, appelée chi. Ces voies contiennent des « points » spécifiques qui fonctionnent comme des portes, permettant au chi de circuler dans le corps. Cette forme traditionnelle de la médecine chinoise utilise donc des aiguilles super-fines pour stimuler ces voies énergétiques appelées « méridiens » dans le corps pour corriger les déséquilibres d’énergie, ou « qi/chi ».

Des recherches importantes ont été menées sur l’efficacité de l’acupuncture. Certes, la plupart des études portent sur les symptômes de l’arthrose du genou, du col de l’utérus et de la hanche et non sur la PAR. Mais au cours des dernières années, les recherches scientifiques sur l’utilité de l’acupuncture se sont tellement accumulées dans le cadre de l’arthrose, qu’elle représente une piste intéressante d’investigation pour la PR.

Il n’ y a pas encore beaucoup de recherche spécifique à la PR, mais les études déjà réalisées montrent que l’acupuncture aide notamment – dans un cadre global – à soulager la douleur, en particulier les maux de dos. NB: seul les médecins en France sont autorisés à exercer l’acupuncture.

Les aiguilles doivent être stériles pour éviter la transmission de maladies. Évitez dans les cas de valvulopathies, infections, troubles hémorragiques, affections médicales d’origine inconnue, troubles neurologiques ou si vous prenez des anticoagulants. Évitez sur les zones qui ont subi une radiothérapie et pendant la grossesse. Évitez l’électroacupuncture avec des battements cardiaques irréguliers ou chez les patients portant un stimulateur cardiaque. Utiliser avec prudence en présence d’une maladie pulmonaire (comme l’asthme ou l’emphysème). Utiliser avec prudence chez les patients âgés, les diabétiques ou ayant des antécédents de convulsions.

Huiles essentielles

Les huiles essentielles utilisées sur la peau aident à gérer les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde. Elles peuvent notamment servir à soulager naturellement du stress, améliorer la conscience corporelle, vous aider à rester actif, et peuvent vous aider à dormir. Les huiles essentielles – pour l’arthrite – sont le gingembre, l’orange, la myrrhe, l’encens et les huiles de curcuma. Vous pouvez également essayer d’utiliser des traitements topiques sur la peau contenant des salicylates ou de la capsaïcine, dont certaines études montrent qu’ils aident à réduire la douleur articulaire.

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Phytothérapie

Des études montrent également que l’application topique de feuilles d’ortie à l’emplacement de la douleur diminue la douleur articulaire et peut traiter l’arthrite. L’ortie peut également apporter un soulagement lorsqu’elle est prise oralement. Une étude publiée dans le Journal of Rheumatology montre le pouvoir anti-inflammatoire de l’ortie piquante contre d’autres maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde. (1)

3. Chaleur et froid

De nombreux médecins recommandent des traitements faisant varier des épisodes de chaleur et de froid pour soulager les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde.

Le froid freine l’inflammation des articulations et diminue le gonflement. Vous pouvez appliquer une compresse froide sur l’articulation affectée lors d’une poussée par exemple.

Il ne faut cependant pas forcer sur la durée: Appliquez la compresse froide pendant 15 minutes et faîtes une pause d’au moins 30 minutes entre chaque application.

La chaleur détend les muscles et stimule la circulation sanguine. Vous pouvez utiliser un coussin chauffant humide ou une serviette chaude et humide.

Attention à ne pas appliquer trop de chaleur. La peau ne doit pas brûler.

Quelques conseils sur votre hygiène de vie

1. Restez actif

Bien que la polyarthrite rhumatoïde puisse causer des poussées douloureuses et limiter l’amplitude des mouvements, il est très important de demeurer actif en général pour maîtriser les symptômes et gérer l’inflammation articulaire. Les douleurs articulaires associées à la polyarthrite rhumatoïde tendent à s’aggraver après des périodes d’inactivité (ce qui explique pourquoi le sommeil engendre une raideur matinale).

Le meilleur type d’activités pour les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde sont celles qui ont peu d’impact et qui ne sont pas trop sensibles au stress articulaire, notamment le vélo, la marche, l’aquagym et le yoga. Votre programme d’exercice devrait idéalement combiner une forme d’activité aérobie avec un entraînement de force et des étirements pour améliorer la flexibilité, la force musculaire et la santé cardiovasculaire. Lorsque les symptômes s’aggravent, un repos supplémentaire est utile, mais les étirements peuvent tout de même aider à gérer l’inflammation.

2. Apprenez à gérer le stress et dormez suffisamment

Le fait d’avoir assez de sommeil et de limiter le stress émotionnel permet aux articulations de mieux guérir; ces habitudes sont donc particulièrement importantes pendant les épisodes d’inflammation, de douleur, de gonflement et de raideur. La fatigue et les épisodes de stress ont tendance à aggraver l’inflammation et peuvent également contribuer à des complications telles que les douleurs musculaires, une faible immunité, les infections, la suralimentation, l’inactivité et la prise de poids.

Des études ont démontré qu’en pratiquant des techniques de relaxation – comme la méditation guidée, le yoga ou l’étirement, la respiration profonde, l’imagerie guidée et la visualisation – vous bénéficiez d’une meilleure protection contre les épisodes douloureux, car ces techniques aident vos muscles à se détendre, équilibrent les hormones, diminuent le cortisol et renforcent votre système immunitaire. La Fondation contre l’arthrite souligne qu’il a été démontré que les activités qui permettent de soulager le stress, le fait d’avoir une attitude positive et le soutien de la famille et des amis ont grandement aidé les patients atteints de PR à composer avec leur douleur.

 

La recherche

Les travaux sur le microbiote, l’ensemble des bactéries qui colonisent l’organisme, pourraient également entraîner des développements thérapeutiques. Des anomalies du microbiote intestinal associées à la maladie ont été mises en évidence, en particulier une restriction de la diversité microbienne et une réduction de la fréquence des Firmicutes, des bactéries connues pour leurs propriétés immunorégulatrices. Le microbiote buccal est également suspecté, en raison de la fréquence de périodontite sévère chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ou encore de la présence d’ADN de Porphyromonas gingivalis dans le liquide synovial de certains d’entre eux. Corriger ces anomalies pourrait améliorer l’immunité des patients.

Enfin, des thérapies cellulaires sont elles-aussi en développement. Plusieurs pistes sont étudiées : utilisation de cellules différenciées comme les lymphocytes T régulateurs, ou celle de cellules souches au potentiel anti-inflammatoire ou réparateur tissulaire. L’utilisation de cellules souches mésenchymateuses est par exemple en cours de développement par des scientifiques européens (projet REGENER-AR). Ces cellules présentent des propriétés immunomodulatrices. Un essai clinique de phase Ib/Iia, incluant des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde réfractaire, traités et suivis pendant six mois, a montré l’innocuité de ce traitement et des résultats préliminaires d’efficacité positifs. Un essai de phase II devrait débuter avec des patients atteints de forme précoce qui sont insensibles au méthotrexate.