Traitement naturel des règles abondantes en médecine traditionnelle chinoise

Les règles anormales sont attribuées à un hyperfonctionnement ( Yang) ou à un hypofonctionnement ( Yin). Le sang menstruel excessif est signalé par l’anémie et la faiblesse du pouls (ménorragie), mais il peut venir en surcroit des menstrues (métrorragie). Les décoctions végétales traitent la diminution ou la suppression des règles (aménorrhée).
Les règles excessives ou les règles insuffisantes sont soignées par les plantes fondamentales déjà prescrites sous les Mongols, par Tchou Tchen-heng (1281 -1358). La première drogue chinoise recommandée en gynécologie est le Tang-kouei, « qui fait revenir » – sous-entendu : les règles – plus connu en Occident sous le nom de ses extraits (tancol, euménol et giménol).

Traitement naturel des règles abondantes ou insuffisantes – Traitement simple

Le Tang-kouei, Radix Angelicae Sinensis, Angelica polymorpha Maximowicz var. Sinensis Oliver (Umbelliferae) est le remède spé­cifique de la dysménorrhée (règles douloureuses). Il a une action tonique. L’extrait liquide de Tang-kouei, “nourricier du sang” (yang-hiue tang-kouei tsing), produit à Canton, est célèbre dans toute l’asie orientale. Les lieux de culture du Tang-kouei sont situés dans la région méridionale du Kan- sou et en bordure du Sseu Tchouan. On peul aussi citer le Chen-si, le Hou-pei, le Kouei–tcheou et le Yun-nan.
D’après J. Roi (1955), la racine de Tang-kouei (Angélique) contient « une huile essentielle avec du carvacrol, du safrol et de l’isosafrol, des sesquiterpènes et alcools sesquiterpèniques, du cadi­nène, du n-dodécanol, n-tétradécanol, n-butylphalid, de l’acide pal­mitique et linolénique, du sucre et une substance cristallisable non encore définie».

Les Chinois emploient la racine de Tang-kouei crue ou cuite. Les médecins de Pékin recommandaient autrefois le Tankwe Gin, extrait d’angéli­que (1975) associé à d’autres plantes.


Traitement naturel des règles abondantes ou insuffisantes – Traitement combiné

Les règles anormales sont traitées par la décoction dite des “quatre drogues” (Sseu-wou t’ang):

1. Radix Angelicae Sinensis;

2. Chou-ti (Radix et Rhizoma Rehmanniae (Scrophulariaceae));

3. Pai-chao (Radix Paeoniae lactijlorae (Ranunculaceae));

4. Tch’ouan-kong (Rhizoma Ligustici (Umbellijerae)) parfois renforcé avec le Radix

 

La racine de Tang-kouei n’est pas uniquement réservée au traite­ment de la dysménorrhée. Son action fortifiante en fait une drogue de choix contre l’anémie. Elle entre dans la composition de nom­breuses drogues “nourricières du sang”. Nous mentionnerons celle de Han-k’eou :


Quelques lectures intéressantes:

  • Radix A ngelicae Sinensis ( Umbellij’erae) : 6,9%
  • Gelatina nigra (Colle) : 4,5%
  • Radix Codonopsitis (Campanulaceae) : 4,5%
  • R adix Astragali (Leguminosae) : 4,5%
  • Radix et Rhizoma Rehmanniae (Scrophu/ariaceae) Paria (Polyporaceae) : 4,5%
  • Radix Paeoniae lactiflorae (Ranunculaceae) : 4,5%
  • R hizoma Ligustici Sinensis ( Umbel/iferae) : 2%
  • Radix G/ycyrrhizae (Leguminosae) : 2%
  • Sucre : Ex Q.S.

On peut remédier aux troubles des règles par l’acupuncture ou la moxibustion. Les points choisis sont le k’i.haï, (point n° 6 sur le méridien Conception, ligne médiance antérieure); le hiuc-hai (point 11° 10 sur le méridien de la Rate); le Kouei laï (point n° 29 sur le méridien de l’Estomac); le San yin kiao (point n° 6 sur le méridien de la Rate) auxquels on adjoint parfois le Ming-men (point n° 4 sur la ligne médiane postérieure).
Tous ces points portent des noms évocateurs qui suggèrent leur action. On distingue !es troubles pendant les règles (excès, insuffi­sance et douleurs) et les troubles précédant et succédant aux règles.
Dans les cas d’insuffisance, on a recours à la décoction dite « des quatre drogues» (Sseu-wou t’ang) associée, par exemple, à la moxi­bustion.

On traite le point K’i-haï (« mer du souffle») sur la ligne médiane antérieure par le cigare d’armoise (5 à 15 mn); le Hiue-haï (« mer du sang») sur la face interne de la cuisse avec le rouleau d’armoise (3 à 5 mn); le Kouei-taï (« fait revenir» – sous-entendu : les règles) sur l’abdomen, moxibustion (5 à 10 mn);

le San yin kiao (point de communication des trois Yin) sur le bord postérieur du tibia, à environ trois travers de doigt au-dessus du bord supérieur de la malléole interne, avec le cigare d’armoise (5 à 10 mn). Ce der­nier point est extrêmement important. La plupart des injections médicamenteuses contre la dysménorrhée se font sur le San yin kiao.

Précautions d’emploi

S’il est indispensable de bien connaître les indications de la médecine chinoise, c’est ici le cas ou jamais : ce point est formellement interdit pour les femmes enceintes. De même, l’emploi des emménagogues n’est pas sans danger.
Parmi les drogues favorisant le flux menstruel, on trouve le San­leng, Tuber Sparganii (Sparganiaceae), le Hong-houa, Flos car­thami (Compositae), le Hiue-kie, Sanguis Draconis (Palmae).

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