Comment agir sur le système lymphatique avec le massage ayurvédique

Le massage agit directement et en simultanéité avec trois systèmes du corps humain : le système cardiovasculaire, le système nerveux, et le système lymphatique.

Bien qu’il semble travailler seulement avec la peau et la musculature, le massage est en fait transmis aux vaisseaux du corps. L’ayurveda considère le corps humain comme composé d’innombrables canaux, ou srotas, qui alimentent les divers tissus du corps. Ces canaux sont connectés aux mar­mas et aux organes internes. Le massage stimule l’activité dans les canaux et améliore la circulation d’éléments nutritifs à travers ceux-ci jusqu’aux organes afférents. Selon l’ayurveda, ces canaux acheminent vayu (vent), pitta (bile), et kapha (mucus), et comme tels, ils soutiennent l’organisme humain. Toute obstruction dans cet acheminement peut engendrer une maladie. Grâce au massage régulier, la circulation des fluides vitaux peut être maintenue.

Le coeur se comporte comme une station centrale de pompage, faisant circuler le sang chargé d’éléments nutritifs dans le corps entier. Le système nerveux réagit aux stimulus et transmet une information au corps, lui per­mettant de s’adapter à l’environnement. Le système lymphatique, cependant, n’a pas de centre de contrôle. Pour cette raison, c’est le système le plus directement influencé par le massage, et celui qui peut être le plus facilement endommagé si les techniques de massage sont fautives.


En ayurveda, la lymphe est considérée comme de nature kaphique. Le mot kapha est d’habitude traduit par « mucus » ou « phlegme », mais son extension inclut aussi le fluide lymphatique. Shlesaka kapha, une combi­naison de lymphe et de fluide synovique qui se trouve dans toutes les arti­culations, est un fluide blanc, lisse, froid, collant et doux, qui agit comme lubrifiant. Il aide à réduire la friction articulaire, évitant le déchirement et l’usure. Shlesaka kapha parcourt aussi le système nerveux, conférant aux nerfs le pouvoir de recevoir et de transmettre des signaux. Il contribue au développement des anticorps, et est ainsi important pour le système immunitaire. Le système lymphatique, qui œuvre à travers les srotas (vais­ seaux) et les ganglions, restaure les protéines perdues des vaisseaux capil­laires aux espaces intercellulaires, et transfère les graisses et fluides absor­bés des intestins au système circulatoire.


Quelques lectures intéressantes:

Le système lymphatique n’est pas un système indépendant. Il agit comme nourricier du sang, et est parallèle au système sanguin. Le sang prélève l’oxygène des poumons, les éléments nutritifs du système gastro­-intestinal, et les hormones des glandes endocrines. Le sang apporte ces substances à tous les tissus du corps, où ils se diffusent des capillaires au fluide tissulaire. Une fois dans le fluide tissulaire, les substances nutritives sont transférées dans les cellules de ce tissu et transformées en déchets. La lymphe prélève alors les éléments du fluide tissulaire, les nettoie des bac­téries, et les renvoie au flux sanguin. Le tissu lymphatique, qui se trouve dans les ganglions lymphatiques, la rate, et le thymus, a aussi pour fonc­tion de protéger le corps des cellules et substances étrangères. Le système lymphatique, avec son armée de lymphocytes, de phagocytes, et de tissus producteurs d’anticorps, fournit au corps une ligne de défense  directe.

Plutôt qu’un circuit complet, le système hémato-lymphatique est un système à sens unique : le fluide lymphatique peut aller dans la circulation sanguine, mais le sang (ou la lymphe du sang) ne peut entrer dans les vais­seaux lymphatiques. Les ganglions lymphatiques ne comportent pas de valves et sont inégalement répartis dans le corps. Le masseur doit avoir à l’esprit que les ganglions lymphatiques, qui produisent la lymphe, sont situés autour de toutes les articulations du corps. Il est possible de stimu­ler ces ganglions par un frottement circulaire de l’articulation, à partir de tous les côtés. La friction profonde d’une jointure produit de la chaleur, améliore la circulation, et fait que le ganglion lymphatique secrète son fluide.

Cela à son tour rendra plus de protéines, de glucose, de minéraux, d’oxygène, et d’anticorps disponibles pour le sang. Les ganglions lympha­tiques peuvent être excités par d’autres formes de chaleur externe, comme le sauna et la fomentation (application de serviettes chaudes et humides, etc). Ce système complexe peut être aussi stimulé par un exercice régulier, par la compression des ganglions lymphatiques ou des marmas, ou par des pratiques de respiration profonde.

Quand la circulation lymphatique est stimulée au moyen du massage avec huile, le masseur peut renforcer la chimie sanguine et aider le corps à se purifier en expulsant les toxines par la sueur et l’urine. Le massage peut ainsi avoir pour fonction d’empêcher la création de toxines dans le corps. Etant donné qu’une circulation lymphatique accrue réduit la pression san­guine, le massage est souvent prescrit par les médecins ayurvédiques aux patients souffrant de troubles cardiaques et d’hypertension. Il est égale­ment utile pour ceux qui souffrent d’hypotension, parce qu’il améliore la circulation du sang et des éléments nutritifs dans le sang.

 

 

 

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