Syndrome prémenstruel et phytothérapie, les bons gestes

Chez certaines femmes la période précédant les règles est associée au syndrome prémenstruel avec son cortège de manifestations : irritabilité, fatigue, douleurs lombaires, sensation de gonflement, insomnie, douleurs le premier jour des règles… Des solutions naturelles existent alors pour éviter ou réduire le syndrome prémenstruel, mais attention à bien choisir ses plantes …

Une histoire d’hormones en équilibre…

Pour essayer de retrouver le confort, il faut d’abord comprendre ce qui se passe.

En (très) bref, le cycle féminin est sous le contrôle de deux hormones bien connues de toutes : les œstrogènes et la progestérone.


Les œstrogènes sont naturellement dominants en première partie du cycle, puis ils diminuent un peu tandis que la progestérone devient prédominante.

Mais les œstrogènes étant des hormones plus puissantes que la progestérone, il suffit que le taux d’œstrogènes augmente légèrement ou que la progestérone baisse un peu pour que tout se dérègle… sans jeux de mot.

En effet, le syndrome prémenstruel est associé à une dominance en œstrogènes ; leur taux peut être tout à fait dans la norme, mais s’il y a une légère carence en progestérone, le rapport entre les deux est déséquilibré.

De plus, chez certaines femmes, on soupçonne une hypersensibilité des récepteurs hormonaux aux œstrogènes ; c’est encore plus complexe car les taux sont normaux, mais l’organisme y sur –réagit. Alors quelles sont les erreurs à éviter et les bons gestes ?

Alimentation

Avant de rajouter des plantes, on surveille son alimentation :

D’abord on privilégie au maximum les aliments issus de cultures et/ou d’élevage sans pesticides : nombre d’entre eux sont largement suspectés de se comporter comme des perturbateurs neuro endocriniens. Beaucoup de molécules chimiques seraient en effet dites oestrogènes like, c’est-à-dire qu’elles imitent les œstrogènes au point de duper l’organisme, en ayant la possibilité de se fixer sur les récepteurs des œstrogènes et d’avoir les mêmes effets qu’eux.

Attention également aux emballages plastiques, dont les molécules peuvent migrer dans l’aliment. Et on fuit les plats préparés et tous les produits transformés qui contiennent eux aussi diverses molécules chimiques : additifs, colorants, exhausteurs de gout, conservateurs…etc. Toutes ces molécules peuvent avoir un impact sur le système hormonal, et leur effet cumulé n’est même pas encore défini…

De nombreuses femmes ont également remarqué que réduire leur consommation de produits laitiers avait un impact favorable sur leurs symptômes prémenstruels.

Ensuite, beaucoup de femmes ont recours aux plantes pour améliorer l’équilibre hormonal; mais quelques erreurs sont à éviter pour ne pas aggraver les choses.

Les plantes ayant une action hormonale, mode d’emploi

Plusieurs plantes sont utilisées depuis des millénaires pour leur action sur le système hormonal féminin ; par contre, il faut connaitre leur action avant de les prendre… pour être sure d’aller dans le bon sens !


Quelques lectures intéressantes:

Œstrogène like ou progestérone like ?

C’est la première question à se poser, est ce que la plante que vous envisagez de consommer (ou que l’on vous a conseillé entre amies, voisines, connaissances…etc. ) a une action similaire aux œstrogènes ou à la progestérone ? Méfiez vous : ce qui a marché pour votre amie peut ne pas marcher dans votre cas, ou pire, aggraver les symptômes, car tout dépend si dans votre cas les œstrogènes sont en excès ou si la progestérone est basse…etc. Dans tous les cas, mieux vaut se rapprocher d’un(e) professionnel(le), plus à même de vous conseiller. En effet, les plantes agissant sur le système hormonal sont à utiliser avec la plus grande précision.

En cas de syndrome prémenstruel avec des règles douloureuses, on évite de façon logique les plantes ayant une action œstrogène like, puisque le déséquilibre est souvent lié à un excès.

Pour citer les plus courantes, il s’agit de la sauge, l’angélique, le fenouil, l’airelle, le cyprès, le cimicifuga, le trèfle rouge…

Elles sont également déconseillées en cas de cancers hormonaux dépendants.

Attention aussi à la consommation de soja, sous forme d’isoflavones ou sous forme alimentaire : il apporte lui aussi des taux non négligeables de phyto œstrogènes.

Par contre, ces plantes seront intéressantes à l’approche de la ménopause quand les taux d’hormones chutent naturellement, mais là encore, il faut penser à les associer à une plante dite progestérone like pour garantir l’équilibre…

Ensuite il faut toujours respecter l’alternance naturelle d’influence entre œstrogènes et progestérone au cours du cycle. (pour rappel, en première partie de cycle c’est les œstrogènes qui dominent, ensuite c’est la progestérone..). On ne prend pas une plante œstrogène like tout au long du cycle, ce n’est pas du tout cohérent pour l’organisme… idem avec celles dites progestérone like.

Les plantes qualifiées de progestérone like sont pour les plus courantes : l’achillée millefeuille, le yam ou le gattilier. Elles sont beaucoup plus faciles à utiliser pour les novices, en deuxième partie de cycle, jusqu’au règles.

Mais le mieux est alors de se tourner vers un phytothérapeute qui vous établira un programme personnalisé…avec des dates précises pour la prise de chaque plante, calées sur votre cycle.

Pour les débutantes en phyto ou si on ne connait très bien le sens du déséquilibre, on vise plutôt la sécurité et la simplicité avec l’huile d’onagre en capsule, pendant plusieurs mois. Elle peut être prise tout au long du cycle car elle n’a pas d’action hormonale directe. Si les symptômes sont légers, on peut se contenter de la prendre en deuxième partie de cycle.

C’est simple, mais redoutablement efficace!

 

Article rédigé par Marie Chetaille,
Naturopathe
Une question ? chetaille.marie@orange.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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