Morelle noire: Propriétés, Indications et usages thérapeutiques

SOLANUM NIGRUM – L.
  • Solarium chenopodioides
  • Solanum diffusum
  • Solanum oleraceum
  • Solanum virginiacum
  • Solanum angulosum*

Autres appellations :

Herva moura – Aguaraquiia – Carachichu – Maria prêta – Pimenta de cachorro – Pimenta de rato – Pimenta de ga- linha – Guaraquinha – Erva do bicho – Caaxixa – Ca- raxiocu – Schwarzer Nachtschatten (Allemagne) – Black nightshade (Angleterre) – Hierba mora (Espagne) – Solano nero (Italie) – Morelle noire (France).

* Pio Corrêa donne une cinquantaine d’autres noms.

Origines :

Plante qui pousse près des habitations et dans les ruines ; cosmopolite, elle est probablement originaire d’Europe, et est abondante dans les régions tropicales et sub-tropi- cales, notamment en Amérique du Sud. Selon le botaniste Dunal, l’Herva moura du Brésil présente des variantes de l’espèce-type européenne décrite par Linné. La 5. nigrum aguaraquiia, qui habite les bois du Japura et du Rio Negro, fleurit en janvier.


Description :

Plante herbacée annuelle et parfois vivace, plus ou moins pileuse et d’odeur caractéristique, désagréable.

  • . Tige dressée ou étalée, de 20 à 60 cm,  verte ou pourpre foncé, simple ou plus ou moins rameuse, plus ou moins anguleuse, recouverte de poils courts.
  • . Feuilles alternes, fréquemment géminées, vert sombre, presque glabres, pétiolées, ovales-acuminées, sinuées- dentées ou entières.
  • . Fleurs en corymbes à court pédoncule ; calice à cinq dents arrondies ; la corolle est rotacée, blanche, aux laciniures lancéolées-ai gües, 5 étamines droites aux fila­ments très courts ; anthères exsertes, déhiscentes, s’ouvrant par deux pores terminaux, d’un jaune intense ;ovaires biloculaires, long style.
  • Fruit : baie globuleuse, d’abord verte, puis rouge ou noire à maturité ; graines reniformes.

Note : Les formes les plus notables de la Solanui nigrum sont :

  • S. nigrum genuinum (Mart.) aux feuilles ovales triangulaires, dentées- bombées, aux pédicelles courbées vers le bas ; fruit noir.
  • S. nodiflorum (Jacq.) à tige ronde, feuilles entières rombiformes ou lancé­olées, très pointues, fleurs en ombelles, petites, au pédoncule très fin, co­rolle blanche ou jaune.

. S. aguaraquiya (Pizo) (la S. diffusum de Ve11. et la S. olenacum de Rich.) à tige anguleuse, rameuse, fréquemment arbustive ou arboriforme, à feuilles entières ou dentées, rombiformes ou lancéolées, mais plus étroites que la va­riété précédente.


Quelques lectures intéressantes:

PARTIES UTILISEES

Les feuilles.

Composition chimique :

  • Solanine, gluco-alcaloïde (isolé en 1821 par Desfosses) qui se scinde par hydrolyse en glucose, galactose, rham- nose et solanidine.
  • Rutine, saponine, asparagine, phytostérol ; acides pal- mitique, stéarique, linolénique (Diniz da Silva).
  • Les fruits sont assez riches en vitamine C (Sosa Bourdoui I ).

Indications thérapeutiques :

  • Antispasmodique, analgésique, narcotique, sédatif.
  • Employé dans les dyspepsies douloureuses (douleurs gas­triques et intestinales), les spasmes vésicaux, les dou­leurs hémorroi’dales.
  • En usage externe dans les affections cutanées : prurits , eczémas suintants, prurit anal et vulvaîre, plaies et ul­cères douloureux, abcès, dartres, furoncles, panaris, en­flures des rhumatismes articulaires.
  • Autrefois on l’utilisait contre la lèpre (Valette).
  • En homéopathie: méningites, convulsions, excitation cérébrale, vertiges, terreurs nocturnes (Meira Penna).

Note : Selon Martius, c’est un remède astringent, rafraîchissant, non toxique. Selon Negri, toutes les parties vertes de la plante et le fruit sont vénéneux, en raison delà présence de l’alcaloîde solanine. Celle-ci agit comme narco­tique, soit sur le cervelet, soit sur le bulbe et la moelle vertébrale et pa­ralyse les extrémités des nerfs sensoriels et moteurs, d’où résulte son action analgésique et sédative. Selon Bâillon: diurétique et dépuratif, le suc de cette plante entre dans la composition du « Balsamo tranqüilo » (Codex).

Le suc entrait dans la composition d’un mélange utilisé en Europe au XlIIe siècle comme anesthésique général pour les opérés (Valnet).

Quant aux propriétés toxiques des feuilles et des fruits, d’après la plupart des auteurs, elles ne paraissent pas certaines pour la majorité des formes brésiliennes. Cela dépend essentiellement du sol et du climat. En certaines régions du Brésil, on mange les feuilles en guise de légumes et les fruits servent de condiments, alors qu’en Australie cette plante est considérée comme vénéneuse pour le bétail (Pio Corrêa).

Séchées, les feuilles perdraient leurs propriétés toxiques (Balbach).

 


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