Les nootropiques : faut-il se laisser tenter ?

Les nootropiques (ou nootropes) sont perçus comme des médicaments, parfois des drogues, mais peu importe la manière dont on les nomme, ils présentent tous le même effet : les nootropiques agissent spécifiquement sur les fonctions cognitives. Aussi appelés « smart drugs » ou améliorateurs cognitifs, les nootropes améliorent les capacités d’apprentissage, la mémoire, l’attention, renforces les comportements appris et la motivation. Les étudiants en particulier ont parfois recours à ces substances lors des examens ou de gros coups de stress. Cependant, les risques des nootropiques ne sont pas encore bien compris par la recherche, ils font donc polémique…

Que vous procurent ils au quotidien ?

La mémoire

Ils sont particulièrement utilisés par les jeunes adultes et les personnes âgées. De nombreux nootropes sont spécifiquement conçus pour prévenir le type de dégradation neurologique qui cause la maladie d’Alzheimer, la démence sénile et la maladie de Parkinson. Les jeunes adultes, eux, les utilisent dans le cadre de leurs études, pour assimiler des informations plus facilement. Certaines substances sont utilisés pour la mémoire à court terme, tandis que d’autres ont des effets à plus long terme. Le piracétam, la choline et la créatine sont des composés communs d’amélioration de la mémoire.

La concentration

Les personnes qui boivent du café se sentent plus concentrées et plus attentives. La caféine est une substance nootrope lorsqu’elle est associée à la L-théanine. Le ginseng asiatique et le CILTeP améliorent également la concentration.


Une amélioration de l’humeur

Certains nootropes améliorent les fonctions cognitives en améliorant l’humeur et en réduisant l’anxiété. Dans de nombreuses études, la réduction de l’anxiété se traduit par une meilleure performance aux tests pour une variété d’indicateurs cognitifs (notamment la mémoire à court et à long terme). La caféine et la L-théanine sont des stimulants de l’humeur, le bacopa monniera et le ginseng asiatique aussi.

Le raisonnement et la créativité

Une catégorie moins importante de nootropes influence également le raisonnement général et améliore la créativité pour la résolution de problèmes. La créatine et l’iode sont efficaces pour améliorer ces capacités cognitives.

Anti-fatigue

Il existe des nootropes qui préviennent la fatigue en bloquant les récepteurs dans le cerveau ou en assurant une synthèse plus efficace de l’énergie. En réduisant la fatigue, les utilisateurs du médicament peuvent travailler plus longtemps et plus efficacement. La créatine et la rhodiola rosea sont des agents anti-fatigue efficaces.

Les dangers supposés des nootropes

Si rien n’est définitivement prouvé, nombreux sont les témoignages de personnes devenues dépendantes de ces médicaments. Leur utilisation s’en est faite en dehors des périodes d’examens, rendez-vous importants…c’est devenu un mode de vie. Voici quelques dangers supposés des nootropes.


Quelques lectures intéressantes:

Le développement du cerveau

Au cours des étapes critiques du développement du cerveau, comme l’adolescence, on ne sait pas si une utilisation régulière des nootropiques peut être préjudiciable pour la santé. Certains pensent qu’il est peu probable que les nootropes causent des dommages et peuvent même parfois améliorer le développement du cerveau. D’autres pensent que le cerveau peut devenir dépendant à la substance et se repose sur le médicament pour fonctionner plutôt que de créer de nouvelles adaptations associées à de nouvelles expériences. Des études suggèrent que le cerveau humain est probablement complètement développé à l’âge de 25 ans. Si vous utilisez un nootropique de façon constante avant que votre cerveau ne se développe, cela peut peut être nuire à certaines connexions neuronales. Si votre cerveau est complètement développé et que vous avez plus de 25 ans, il y a moins de risque que le médicament induise des changements fonctionnels majeurs.

Le dosage

La TEP montre que les effets des nootropes peuvent varier considérablement en fonction de la dose. Lorsque certaines substances nootropes sont prises à des doses élevées (par exemple Provigil), on a constaté qu’elles stimulent les zones du cerveau impliquées dans l’abus de substances et la dépendance. Chaque nootropique doit donc être utilisé selon les recommandations spécifiées dans la posologie.

Malheureusement, certaines personnes considèrent les nootropiques tellement efficaces qu’ils finissent par continuer à en prendre de manière régulière.

A chaque prise, vous consommez donc un produit chimique qui influencera le fonctionnement de votre cerveau.

Pensez vous que cela soit vraiment sain ?

Lorsque vous prenez des doses élevées pendant une période de temps importante, votre cerveau peut devenir tellement dépendant de la nootropie à dose élevée pour améliorer votre cognition que vous ne serez plus capable de penser clairement sans cette même dose.

La durée

Plus vous utilisez une substance nootrope (ou toute autre substance), plus elle a le potentiel d’altérer les fonctions cérébrales. Les personnes qui utilisent des substances nootropes pendant une longue période de temps peuvent parfois se rendre compte qu’ils sont dépendants de la substance dans leur quotidient. L’utilisation quotidienne d’une substance pendant des années apprend à votre cerveau et à votre système nerveux à devenir dépendant pour fonctionner.

Bien que certaines études suggèrent qu’il existe des effets neuroprotecteurs à long terme, ce n’est peut-être pas le cas pour tous les nootropes. Il est donc important d’envisager d’éviter l’utilisation à haute fréquence à des doses élevées à long terme. Pour minimiser les dangers potentiels, la durée d’utilisation doit être aussi courte que possible.

Fréquence d’utilisation

Certaines personnes utilisent les nootropiques « au besoin » pour les aider à maximiser leur productivité, par exemple pour terminer des projets avec des dates d’échéances courtes. D’autres personnes vont les utiliser lorsqu’elels sont en décalage horaire ou après une mauvaise nuit de sommeil. L’utilisation ponctuelle des nootropes est certainement moins préoccupante que lors d’une ‘utilisation quotidienne. Particulièrement avec les nootropes comme le Provigil qui fonctionnent en utilisant les réserves de dopamine. Certaines personnes le prennent plusieurs fois par jour pour éviter le « crash » mental associé qui accompagne souvent l’usage. Les personnes qui s’auto-médicamentent avec des nootropes de manière quotidienne peuvent malheureusement inhiber d’importantes fonctions du système nerveux.

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