Acouphènes, Hyperacousie : les soulager avec la sophrologie

Qu’est ce que les acouphènes et quelles sont leurs causes ?

L’acouphène peut se définir comme une perception sonore, en l’absence de tout stimulus extérieur. Il peut s’agir d’un sifflement, d’un bourdonnement, ou parfois d’un autre son, perçu dans une oreille, dans les deux ou encore dans la tête.

Pour comprendre ce phénomène, il faut garder à l’esprit que, lorsqu’un son parvient au cerveau, celui-ci va analyser ces informations sonores qui vont déclencher, selon le cas, des réactions d’alerte, de peur, ou au contraire de plaisir, d’intérêt.

Suite à un dysfonctionnement du système auditif (perte d’audition ou autres causes, telles que consommation de certains médicaments, traumatisme sonore, surdité brusque, traumatisme crânien ou cervical, pour n’en citer que quelques-unes), le cerveau ne va plus recevoir suffisamment d’informations. Il va alors augmenter son activité pour tenter de compenser. Cette hyperactivité neuronale va générer un signal nerveux interprété comme un son (l’acouphène).


En tout état de cause, la survenance d’acouphènes doit TOUJOURS conduire à consulter un médecin ORL.

L’acouphène peut s’accompagner d’hyperacousie, c’est-à-dire d’un abaissement anormal de la sensibilité à des sons, habituellement tolérés, qui deviennent douloureux.

L’acouphène est également souvent synonyme d’anxiété, de difficultés de concentration, de troubles du sommeil, voire de dépression et de retrait social.

Ces troubles associés s’expliquent par le rôle important du facteur émotionnel dans la perception de l’acouphène. En effet, le cerveau limbique (qui traite les émotions) est en veille permanente pour nous avertir de ce qui peut constituer un danger et déclencher immédiatement une alarme qui va nous permettre d’agir.

Pour peu que l’état psycho-émotionnel du patient et le contexte particulier (qui peut être lié à du stress ou un événement de vie douloureux) s’y prêtent, cette perception inconnue que constitue pour lui l’acouphène va être perçue comme un signal d’alarme, générateur d’anxiété, de gêne et d’intolérance, affectant de façon plus ou moins sévère sa vie quotidienne.

Dans certains cas, la focalisation permanente sur l’acouphène va instaurer un « cercle vicieux » : l’attention portée à l’acouphène va amplifier considérablement la gêne et l’intolérance qui vont ainsi « s’auto-entretenir ».

Qu’apporte la sophrologie dans le traitement des personnes souffrant d’acouphènes et/ou d’hyperacousie ?

Il n’existe pas à ce jour de traitement curatif médicamenteux validé de l’acouphène.

La stratégie thérapeutique va en conséquence le plus souvent consister à aider le patient à améliorer son adaptation au symptôme. C’est ce qu’on appelle le processus « d’habituation » : c’est un phénomène de plasticité neuronale par lequel un stimulus continu dépourvu de sens reste relégué au niveau de l’inconscient. Cette stratégie vise à amener le patient à classer le signal « acouphène » comme non dangereux, non intrusif pour lui et à le négliger.

C’est exactement le même processus que lorsque la pluie se met à tomber contre une vitre : au début, vous n’entendez que cela, et, au bout de quelques minutes vous n’y faites plus attention.


Quelques lectures intéressantes:

La sophrologie s’inscrit parfaitement dans cette stratégie et va donc pouvoir soulager durablement la détresse de la personne souffrant d’acouphènes et/ou d’hyperacousie.

La prise en charge du patient acouphénique s’effectue idéalement de façon pluridisciplinaire, dans le cadre d’un travail d’équipe fédéré par le médecin ORL qui va prendre en compte toutes les répercussions de l’acouphène sur la vie quotidienne du patient et pourra notamment l’orienter vers le sophrologue de l’équipe, spécifiquement formé à la prise en charge du symptôme. De telles équipes existent partout en France et sont regroupées au sein d’une association (Association Francophone des Equipes Pluridisciplinaires en Acouphénologie, AFREPA).

La sophrologie va permettre au patient, par son influence sur le système nerveux et sur le système limbique (le « cerveau des émotions »), de :

  • trouver la détente et le calme lui permettant de mettre le bruit parasite à distance ;
  • se « défocaliser » de l’acouphène et à prendre du recul sur le symptôme ;
  • récupérer le sommeil et retrouver ainsi plus d’énergie et de vitalité.

 

En général en une dizaine de séances au cours desquelles le sophrologue propose des exercices ciblés sur le symptôme, simples et faciles à reproduire dans les circonstances de la vie quotidienne (travail, domicile, transports). Ces exercices pratiqués régulièrement vont progressivement permettre au patient, en toute autonomie, de se détacher de son symptôme et de gérer les crises.

Les progrès sont régulièrement mesurés au moyen d’un test scientifiquement validé et d’une échelle visuelle analogique (EVA) mesurant la gêne et l’intensité de l’acouphène.

Concrètement, comment se déroule une séance ?

Une séance de sophrologie dure environ une heure.

La première séance est plus longue (1 h 30 environ), car elle nécessite de la part du sophrologue la prise de connaissance de la personne qui vient le consulter, du contexte et des difficultés du patient, et suppose que ce dernier puisse se fixer l’objectif qu’il entend atteindre dans son parcours de sophrologie.

Dans la mesure du possible, au cours de cette séance, le sophrologue propose une courte pratique de respiration ou de relaxation.

Après cette première séance, le sophrologue va bâtir un protocole « sur mesure » basé sur les échanges avec le patient. Ce protocole pourra être modifié en fonction de l’évolution du patient et de sa façon de s’approprier les exercices.

Pour ce qui est des séances suivantes, la séance débute par un court échange entre le sophrologue et le patient, sur le vécu et les difficultés rencontrées depuis la dernière séance (5 à 10 minutes), puis le sophrologue guide le patient dans des exercices pratiques pendant 40 minutes environ et la séance s’achève par l’expression par le patient de ses ressentis de la séance (environ 10 minutes).

Article écrit par Claire DUVAL
Sophrologue certifiée RNCP Référente du Pôle Sophrologie Acouphènes®
Membre de l’AFREPA (équipe pluridisciplinaire Paris 15ème)
Pour en savoir plus, 06 72 79 17 06 ou www.claireduval-sophrologie.fr
Me contacter: claire54.duval@orange.fr

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