La dépression chez les hommes

La dépression a longtemps été considérée comme une maladie typiquement féminine.

En réalité elle touche aussi les hommes. Leurs symptômes sont différents que chez la femme, moins visibles et donc plus dangereux pour eux.

Moins bien diagnostiquée et donc prise en charge moins vite, il existe pourtant bel et bien une souffrance chez l’homme.


 

Des différences avec la dépression féminine

La façon dont la dépression naît, se vit et s’affronte est souvent très différente chez les hommes et chez les femmes.

De façon générale, les femmes souffrent plus souvent de dépression légère ou modérée, les hommes passent directement aux formes graves de la maladie.

 

Pourquoi les hommes passent directement à une dépression grave

Il s’agit d’un conditionnement sociétal.

En effet, d’une façon générale et encore aujourd’hui, la construction de la vie est plus aisée pour les hommes. Une carrière professionnelle souvent facilitée et un gravissement des échelons plus rapide ; moins de discrimination, de meilleurs salaires, moins de tiraillement entre carrière et désir d’enfant… Mais également, entre autres, moins de violences domestiques.

Ce contexte semble protéger, un temps, les hommes de la dépression.

Par contre il y a toujours des évènements de la vie douloureux comme un divorce, un décès, un accident grave, une maladie, un licenciement…

Lors de cet évènement, les hommes les hommes s’autorisent moins à extérioriser leurs sentiments et à se laisser aller à pleurer. C’est le célèbre -et absurbe- un garçon, ça ne pleure pas !

Sauf que si, un garçon a le droit de pleurer. C’est même conseillé. Car pleurer permet de libérer directement ses tensions intérieures et d’évacuer le traumatisme pour mieux se reconstruire derrière, et plus vite.

Enfin, quelqu’un qui pleure attire l’empathie des autres. Donc du soutien et des encouragements. C’est une entraide du groupe. L’effet positif est donc multiplié.

 

Les symptômes de la dépression chez l’homme

Les symptômes de la dépression sont connus.

Plus il y a de symptômes marqués chez un homme dépressif, plus sa dépression est prononcée.

Ces symptômes sont listés dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders ou DSM-IV).

 

Parmi les neuf cités, au moins 5 doivent exister depuis 2 semaines, et l’un des 2 premiers doit obligatoirement être présent :


Quelques lectures intéressantes:

  • Humeur dépressive continuelle (tristesse et apathie)
  • Perte d’intérêt ou de plaisir pour toute activité
  • Troubles de l’appétit ou changement de poids de 5 % au moins durant le dernier mois
  • Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie)
  • Une agitation ou un ralentissement général
  • Une fatigue excessive
  • Une sensation de culpabilité inappropriée
  • Des difficultés de concentration
  • Des « idées noires » (voire des pensées de mort, de suicide et/ou une conduite suicidaire).

A ces symptômes « généraux », on peut rajouter ceux-ci qui révèlent davantage d’un comportement « masculin » :

 

  • sautes d’humeur
  • agressivité, violence
  • rejet de l’intimité
  • refuge dans l’alcool, les drogues, le sport
  • repli sur soi, isolement
  • déni de son état dépressifC’est ce déni qui va empêcher la reconnaissance de la maladie et donc sa prise en charge.Cette ignorance et l’absence de soins auront pour répercussions d’entraîner le malade encore plus profondément dans la dépression. On pourra même observer une aggravation des comportements violents ou adicts pouvant se répercuter sur la vie de famille, de couple et professionnelle, voire même de conduire au suicide.

 

Les chiffres de la dépression chez l’homme (Source INPES)

  • Les hommes souffrent deux fois moins souvent de dépression que les femmes : environ 10% des hommes contre près de 20% des femmes.
  • Les taux de suicide chez l’homme sont quatre fois plus élevés que chez la femme.
  • Les hommes les plus touchés par la dépression ont entre 45 et 54 ans (10,3 %).
  • 33,7 % des hommes dépressifs déclarent avoir consulté un professionnel de santé.
  • Ce sont les médecins généralistes qui sont les professionnels de santé les plus consultés en cas de dépression (54,7 %), avant les psychiatres et les psychologues. Une meilleure prise en charge à l’avenirA présent, les professionnels de santé reconnaissant que la dépression est une maladie à part entière et qu’elle touche également les hommes.
  • Mais il vaut lieux être déclaré dépressif et donc soigné à un âge qu’attendre une limite où le corps comme le mental sont épuisés et auront beaucoup plus de mal à guérir.
  • Paradoxalement on peut voir arriver des états dépressifs plus tôt, les hommes avant donnant le change avec une hyperagitation, de l’agressivité ou en se réfugiant dans l’alcool.
  • De plus, les générations d’hommes évoluent et s’éloignent du modèle archaïque de l’homme « fort et viril ». Les hommes s’autorisent à présent à aller mal et à pleurer et donc à consulter un médecin.
  • Être un en dépression pour un homme n’est plus – ou moins – jugé comme une marque de lâcheté ou de faiblessse d’âme.
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