Chélidoine: propriétés médicinales et mode d’emploi

La Chélidoine (Chelidonium majus, Papavéracée) est la seule espèce du genre. Elle est répartie dans les ré­gions tempérées de l’hémisphère Nord et fut introduite sur la côte atlantique de l’Amérique du Nord. C’est une mauvaise herbe des sols riches. La drogue brute est constituée des sommités séchées, cueillies au début de la floraison, mais non des fruits. La sève laiteuse de la plante contient quelque 20 alcaloï­des, le principal étant la chélédonine. La chélérythrine est la plus toxique. Toutes les utilisations internes doivent être sous contrôle médical strict en raison de la toxicité de la drogue. Le groupe d’alcaloïdes et la présence de flavonoïdes ont un effet antispasmodique sur le système digestif, stimulent la sécrétion de bile, ont une action bénéfique et calmante dans les maladies de la vésicule biliaire, de l’estomac et du duodénum, détruisent les micro-orga­nismes infectieux des voies digestives supérieures et ont un effet sédatif. La drogue est généralement prise sous forme d’infusion (1 cuillere à café de dro­gue écrasée pour 1 tasse d’eau bouillante, 2 à 3 fois par jour). On l’absorbe entre les principaux repas, c’est-à-dire dans la matinée et dans l’après-midi. La drogue ne doit pas avoir plus d’un an car la concentration de ses principes actifs n’est pas toujours sûre. Une méthode plus fiable consiste donc à utiliser une teinture de plante fraîche (30 gouttes 3 fois par jour). L’évolution de la pharmaceutique aboutira, en définitive, à la production de préparations ayant une concentration stabilisée des alcaloïdes et flavonoïdes et à l’élimina­tion de la drogue, en tant que telle, de la thérapie. Bien que l’action antispas­modique de la drogue affecte aussi les bronches, elle ne peut remplacer des antitussifs efficaces. Les alcaloïdes des racines (principalement de la sanguimarine) sont un constituant efficace des bains de bouche utilisés avec succès dans le traitement des maladies périodontales (gencives).

 

Description de la Chélidoine :

La Chélidoine est une plante vivace toxique pouvant atteindre 1 m de haut selon les localités. Elle est très fragile et exsude un suc laiteux orangé aux endroits lésés. Racine relativement petite, comparée aux sommités, cassant facilement. Tige creuse, feuilles alternées, pennées, foncées dessus, gris cendré dessous. Fleurs jaune vif, en ombelles. Le fruit est une silique s’ouvrant en deux de bas en haut.

Graines noires à fossettes, avec un appendice blanc charnu, mets favori des fourmis qui servent ainsi à la propagation de la plante. Le suc laiteux est toujours employé, en usage externe, pour les verrues. Les résultats sont relativement heureux si l’on applique fréquemment la sève sur les verrues — jusqu’à 5 fois par jour — et si on laisse sécher.


 

Autres appellations de la Chélidoine : herbe aux verrues, éclaire…


Quelques lectures intéressantes:

Parties utilisées : racine et feuilles.

Principaux composants: latex – chélidonine (poison vésicant), sanguinarine, acide chélidonique, une substance colorante.

Propriétés :

  • antispasmodique
  • hypotenseur
  • cnolérétique
  • anticancéreux (?) : restreindrait momentanément l’extension
  • coricide
  • vermifuge

Indications :

  • angine de poitrine
  • hypertension
  • asthme
  • athérosclérose
  • troubles gastriques et duodénaux
  • hypertonie gastrique
  • affections hépatiques (hépatite aiguë ou chronique, ictère)
  • insuffisance biliaire
  • lithiase biliaire
  • syphilis
  • parasites intestinaux
  • cancer gastrique (associé au houblon, calme les douleurs du cancer gastrique et retarderait son extension).

Usage externe :

  • ophtalmie
  • dartres
  • adénites cervicales
  • verrues, papillomes (H. Leclerc)
  • cors, durillons.

Comment l’utiliser :

Usage interne :

  • infusion : 15 g de feuilles sèches pour 1 litre d’eau. Infuser 10 minutes. 3 tasses par jour entre les repas
  • extrait hydro-alcoolique : 0,30 à 1 g par jour
  • extrait fluide : 0,50 à 2 g par jour
  • teinture : 2 à 5 g par jour

 

Chêne

  • la teinture diluée (2 D.H.) donnerait parfois de bons résultats dans la cirrhose
  • suc : 1 à 5 g dans de l’eau sucrée.
  • Mixture contre les angiospasmes et l’hypertension artérielle :
    • extrait de chélidoine  0,50 g
    • extrait d’eupatoire | aa 2,5 g
    • extrait de fumeterre | aa 2,5 g
    • extrait de piloselle | aa 3 g
    • extrait de bourdaine| aa 3 g
    • glycérine 40 g
    • eau q.s.p 200 ml

1 cuillerée à dessert avant les 2 grands repas.

Usage externe :

  • en applications locales pour les verrues, les cors : extrait et glycérine à par­ties égales
  • suc fraîchement exprimé (le « lait » qui est jaune orangé) pour les verrues, durillons, et protéger la peau saine : applications 3 ou 4 fois par jour sur les cors,
  • décoction : contre l’ophtalmie (bains oculaires)
  • collyre :
    • suc  4 g
    • eau de roses  100 g

contre les ulcérations des paupières (en instilla­tions).

Crédit photo: morriganscave.files.wordpress.com

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