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Boire avant d’avoir soif, prévention ou mauvaise habitude ?

 Boire 1L ½ d’eau chaque jour, nous connaissons tous cette recommandation et sommes nombreux à garder en toute saison un œil sur notre bouteille d’eau et, soif ou pas soif, à nous obliger à la terminer avant la fin de la journée. Est-ce vraiment logique pour l’organisme, quelles conséquences cette injonction parfois en décalage avec nos besoins a-t-elle sur notre santé et comment écouter au mieux notre organisme ?

Il ne viendrait à l’idée de personne en période de canicule de se retenir de boire si nous estimons avoir déjà consommé notre litre et demi d’eau journalier ; notre intuition nous suggérera alors tout simplement, et avec raison, que si nous avons soif, c’est que notre organisme a besoin d’eau, peu importe les quotas requis…. Mais à l’inverse, est-ce si anodin de boire toute l’année avant d’avoir soif ?

1L ½ d’eau pour tout le monde ?

C’est la moyenne établie pour l’ensemble de la population : notre organisme a en moyenne besoin d’un litre et demi d’eau quotidienne pour assurer l’ensemble de ses fonctions.


Ne perdons pas de vue que c’est une moyenne : il est évident que l’organisme d’un homme mesurant 1 m90 et pesant 100 kg sera un gros plus consommateur que celui d’une femme mesurant 1m50 et pesant 45 kilos. De la même manière, l’organisme d’un sportif aura des besoins supérieurs à ceux d’une personne sédentaire, et bien évidement le climat chaud ou froid joue un rôle. De plus certaines personnes éliminent beaucoup d’eau (et des sels minéraux) via une transpiration abondante quand d’autres au contraire font de la rétention d’eau en toute saison….  Tous ces exemples pour bien mettre en avant ce qui est dit partout mais que l’on a oublié : notre organisme consomme en moyenne 1L ½ d’eau par jour, la quantité exacte étant dépendante de notre propre jugement en fonction de nos besoins du jour. Elle peut être en dessous, comme largement au-dessus. Tout comme nos besoins alimentaires varient parfois du simple au double selon les personnes et leurs activités…

De plus, cet apport théorique comprend tous les apports d’eau journaliers, y compris celui des cafés, thés, tisanes, fruits, légumes, jus…etc. Une personne ayant une alimentation riche en fruits et légumes verra une bonne partie de ses besoins satisfaits par cet apport, d’autant plus que les légumes par exemple apportent également une bonne part de minéraux. Ces personnes ont l’impression de peu boire, alors que leurs besoins vitaux en eau (et en sels minéraux) sont probablement largement comblés. D’ailleurs le régime Méditerranéen porte sans doute bien son nom, tant il est plutôt bien adapté au climats chauds.

A l’inverse, une soif excessive est parfois le signe d’une digestion laborieuse et/ou d’une sur alimentation. La soif est également ressenti après un effort ayant nécessité une surconsommation en eau ou des pertes via la peau pour se refroidir. L’organisme sait alors parfaitement mettre en place des mécanismes régulateurs complexes et bien organisés.

Que se passe-t-il quand on a soif ?

Pour schématiser et faire simple, il faut comprendre que quand l’organisme manque d’eau, la volhémie (l’ensemble du sang circulant) se réduit légèrement, car le sang contient moins d’eau. IL devient donc très légèrement moins fluide ; de fait la concentration en minéraux dans le sang augmente insensiblement (même quantité de minéraux dans un volume un peu diminué = augmentation de la concentration). C’est cette infime variation minérale dans le sang qui déclenche le signal d’alarme : la soif. Nous sommes alors incités à boire pour ramener à la normale l’équilibre minéral, aussi appelé équilibre électrolytique, et tout rentre dans l’ordre rapidement si nous écoutons les signaux d’alerte, car l’eau passe très rapidement dans le sang, pour atteindre nos cellules.


Quelques lectures intéressantes:

Que se passet-il en revanche quand nous buvons avant d’avoir soif ?

 Tout d’abord, le volume de sang circulant est augmenté, occasionnant un surcroit de travail au cœur (qui le pompe) et au système circulatoire (qui le transporte). L’équilibre minéral était quand à lui, peut être parfait à ce moment-là, mais l’afflux d’eau vient en diminuer la concentration. L’équilibre étant primordial pour l’organisme, les minéraux nécessaires quitteront les cellules pour venir neutraliser cette variation brusque, perturbant temporairement l’équilibre électrolytique et les échanges ioniques. D’autre part, l’organisme met alors tout en œuvre pour éliminer l’excédent d’eau en stimulant tous les émonctoires nécessaires, notamment la peau (via la transpiration) et les reins (fabrication d’urine).

D’ailleurs, contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’élimination des toxines n’est pas augmentée ; c’est seulement l’eau excédentaire qui est évacuée. Les minéraux, en revanche, sont bel et bien éliminés via la transpiration. Chez les personnes dont le métabolisme est un peu ralenti, l’eau sera stockée en attendant, amplifiant tous les phénomènes de rétention d’eau, et les problèmes circulatoires…

Bref, mieux vaut dans l’ensemble laisser l’organisme faire la gestion des stocks seul !

Attention évidement aux personnes âgées qui perdent parfois la sensation de soif ou le réflexe de boire quand le besoin s’en fait sentir ; toutefois, leur équilibre sodium/potassium doit être suivi de près… en veillant à ce que l’alimentation soit correcte et apporte suffisamment de sels minéraux. Attention aux enfants qui se déshydratent également plus vite et aux sportifs qui gèrent strictement leurs besoins en eau. Pour les autres la règle de bon sens est simplement de boire à sa soif !

En période de canicule, que faut-il changer ?

Rien…. sur le principe! Bien sûr nous boirons davantage car la demande organique sera bien plus forte, mais comme le reste de l’année, le plus important est de rester à l’écoute de ses sensations. En effet, se forcer à boire a tendance à limiter d’autant la prise d’alimentation solide, l’estomac étant déjà plein. Ce qui est le pire scénario en période de chaleur, car l’organisme a besoin de plus d’eau mais aussi de plus de sels minéraux perdus par la transpiration et normalement rapportés par l’alimentation. Nous sommes nombreux à avoir connu une fringale subite de chips et autres produits hypersalés pendant ou après une période de forte chaleur, l’organisme cherchant intuitivement à rapatrier les sels minéraux indispensables et massivement éliminés…

Pendant que l’organisme supporte une forte demande d’adaptation et tourne à plein régime, apporter de l’eau au mauvais moment lui ferait perdre des sels minéraux, tout en nuisant aux apports ; donc on garde l’eau sous la main, mais on attend le bon moment.

En période de canicule, on veille donc à boire (à sa soif) mais surtout à bien choisir ses boissons et à manger suffisamment. Des légumes offrent par exemple l’eau + les sels minéraux nécessaires, les fruits rafraichissent plus durablement qu’un simple verre d’eau …et des tisanes de vigne rouge, cassis…etc, bues froides ou chaudes amélioreront la circulation tout en hydratant l’organisme… Ce n’est pas un hasard si les fruits et légumes d’été sont gorgés d’eau et d’éléments minéraux !

Article rédigé par Marie Chetaille
Auteur Santé/Bien être
Diplômée CENA Robert Masson
Certificat de compétence en Homéopathie
Tel : 03 85 25 30 95
Mail : chetaille.marie@orange.fr




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