Massage de la colonne vertébrale: Les techniques ayurvédiques

Pour administrer un massage complet qui soit pleinement bénéfique, il faut comprendre la technique systématique du massage.

La forme réelle de la colonne vertébrale, l’alignement convenable des vertèbres, la localisa­tion des points de pression (marmas), la couleur et la texture idéales de la peau, tout cela doit être étudié. C’est à partir de la texture de la peau que le masseur peut comprendre l’état du corps et déterminer son dosha constitutionnel (prakriti). Avec la connaissance des pouls, le masseur peut déterminer le dosha dominant à un moment donné (vikriti). Il doit aussi connaître les contre-indications, énumérées ci-dessus.

Le massage ne peut être administré n’importe quand et n’importe où. Un environnement, un lieu, un moment, et une huile appropriés doivent être choisis. Le praticien doit aussi être familiarisé avec l’aspect psycho­ physique de l’organisme humain. La peau et les muscles ne sont pas les seuls à être impliqués ; le sont aussi l’art délicat du contact et les nom­breuses réponses à ce contact. Le contact active beaucoup de systèmes du corps, parmi lesquels les systèmes circulatoire, lymphatique, nerveux et endocrinien. A un niveau plus subtil, le masseur doit prêter une attention consciente au rôle des vibrations. Létude de l’ayurveda, combinée à une connaissance du svar yoga* – la science du souffle – fournit une carte rou­tière complète pour le masseur.

Pour acquérir la connaissance de l’anatomie et de la physiologie, le pra­ ticien doit se mettre à l’étude de textes et prendre des cours; il doit aussi participer à des arts martiaux, soulever des poids et faire de la gymnas­ tique. Pour acquérir une compréhension de la forme naturelle de la colon­ ne vertébrale, le praticien doit étudier des enfants heureux et sains, de trois à huit ans. Lobservation est la clef de l’étude de la physiologie humaine. Il est essentiel d’avoir un œil perçant, et aussi d’étudier son propre  corps.

 

Les mouvements

Les quatre types de mouvements qui doivent être utilisés dans le mas­ sage ayurvédique sont le tapotement, le pétrissage, la friction, et la pres­ sion. Le masseur doit commencer par tapoter la région à masser, puis la pétrir. Alors, il faut frotter vigoureusement quelques gouttes d’huile entre les mains pour améliorer leur circulation et leur chaleur. Cette chaleur sti­mulera les ganglions lymphatiques et la circulation de la lymphe dans le corps du patient. Puis l’huile doit être frottée sur le corps. Chaque fois que le contact est rompu, le masseur doit vigoureusement se frapper les mains. Cela sert à donner au patient un temps pour respirer, et au masseur un moment pour reprendre de l’énergie. Une fois que la région corporelle a été soigneusement frottée, le masseur finit par un mouvement croisé, pres­sant les muscles des deux mains.

 

TAPOTER

Tapoter éveille le corps. Cela accroît la circulation du sang et excite les vaisseaux capillaires sous la peau, rendant les muscles forts. Cela sert aussi à activer le système nerveux. Le tapotement met en alerte les défenses naturelles que le massage a éveillées. Le tapotement ne doit être pratiqué qu’avec les paumes recourbées. Une minute de tapotement égalise la tem­ pérature des mains du masseur et celle de la zone du corps qui doit être massée.

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PETRIR

Alors que tapoter accroît le flux de la force vitale (prana) dans un endroit particulier, le pétrissage relaxe et ôte la tension qui s’est accumu­lée dans les muscles, articulations et ligaments, au cours des activités quo­tidiennes. Les muscles doivent être pétris comme la pâte l’est par le bou­langer. Le pétrissage crée une activité à l’intérieur des parois cellulaires, accroissant la circulation des éléments chimiques donneurs de vie, qui aident à développer et à régénérer le corps. Après avoir pétri, le masseur doit saisir le muscle et le secouer un peu pour voir si le processus décon­tractant l’a rendu lisse. Si la musculature n’est pas assez détendue et lisse, l’huile nutritionnelle ne sera pas correctement absorbée et assimilée. Une fois que les muscles sont suffisamment doux, l’étape suivante – friction – peut commencer.

 

FROTTER

La friction à sec donne de l’exercice à la peau : elle excite la circulation du sang et de la lymphe et accroît la chaleur dans la zone à masser. Cette stimulation permet aux éléments nutritifs présents dans le système circu­latoire d’atteindre les articulations, et ainsi de renforcer les os. La friction  à sec soulage aussi les muscles raides et enlève la fatigue. Frotter la peau à sec avec une serviette rugueuse après un bain procure des bienfaits, mais cela peut aussi perturber les gaz du corps en accroissant vayu, l’élément vent. Pour cette raison, on ne doit utiliser une serviette rugueuse qu’après un bain, et seulement sur avis médical.

Certains sadhus hindous et jaïna se frottent des cendres sur le corps, ce qui crée une manière d’immunité en eux contre le contact. En désensibi­lisant  leur peau – l’organe qui reçoit le sens du toucher – ils sont protégés des changements saisonniers. Les cendres deviennent leurs vêtements. Cette pratique, cependant, est réservée aux initiés des lignées jaïna et shi­vaïtes. Quiconque n’y appartenant pas s’y livrerait, s’exposerait à un des­sèchement de la peau, entraînant de la pelade ou des  irritations.

La friction avec une huile correspondant à la saison et au dosha per­turbé, est généralement recommandé en ayurveda. Si la douleur, l’inflam­mation ou des éruptions apparaissent, il faut utiliser une huile traitant des affections.

Utilisée convenablement, l’huile peut être très bénéfique. Non seule­ment elle n’excite pas l’élément vayu et ne perturbe pas ainsi les gaz cor­porels, mais elle lubrifie aussi les doigts, facilitant ainsi le frottement, et répartissant la température également. Si l’huile est parfumée, elle émane une odeur agréable, créant ainsi un environnement plaisant pour le mas­sage (aux huiles inodores, on peut ajouter quelques gouttes d’une huile organique essentielle).

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Frotter le haut, les côtés et le bas d’une jointure, aide son articulation et son mouvement parce que les ganglions lymphatiques, qui sont situés autour des articulations pour qu’elles soient lubrifiées et protégées des frottements, sont stimulés et émettent le fluide lymphatique. Selon la façon dont elle est exécutée, la friction sert différents desseins. La friction douce aide le patient à se détendre, tandis que la friction dure pro­duit les bienfaits de l’exercice. Le praticien doit commencer à frotter doucement, appliquant l’huile à la zone qui doit être massée. Après que l’huile a été appliquée, la friction peut être exécutée plus vigoureusement pour créer de la chaleur et permettre à l’huile d’être absorbée par le corps. La vitesse à laquelle le masseur travaille doit dépendre de la nature du contact : quand le massage est doux, la cadence doit être lente ; quand il devient plus rigoureux, la vitesse doit augmenter. Après la friction, le masseur doit faire des mouvements circulaires sur les marmas (points de pression).

PRESSER

La quatrième et dernière technique de massage, la pression, n’est faite que sur les membres, les doigts et les orteils. Après que l’huile utilisée pen­dant la friction a été absorbée*, presser la région corporelle à traiter en faisant un mouvement cruciforme avec les deux mains. La pression doit par­tir des cuisses, en descendant jusqu’à l’extrémité des orteils ; puis recom­mencer à l’aisselle, et se terminer au bout des doigts. Presser les doigts et les orteils est comparable à la traite des vaches, sauf que le mouvement de pression est croisé, alors que le mouvement de traite est dirigé droit vers le bas. En tordant doucement les os des orteils et des doigts aux articulations, des deux côtés, on stimulera la sécrétion de l’hormone de croissance.

La pression influence le fin réseau de nerfs et de vaisseaux sanguins qui sont sous la peau, et conduit le flux d’éléments nutritifs vers les extrémi­tés. Exercé avec une pression supportable, ce mouvement équilibre la pres­sion du sang et d’autres fluides à l’intérieur des parois cellulaires. En créant une répartition égale d’énergie, la pression aide à équilibrer la musculature. Par la pression, la tension et la douleur dans les bras et les jambes s’en vont par l’extrémité des doigts et des orteils.


Une fois que les membres ont tous été pressés et que le patient est détendu, le masseur doit appliquer une goutte d’huile à chacune des extré­mités des doigts du patient. L’huile est alors soigneusement placée autour du bout de chaque extrémité d’ongle d’orteil, remplissant l’espace entre  la chair et l’ongle.

Recommencez jusqu’à ce que les ongles des orteils aient tous été huilés. Cela ôte la sécheresse et rend les bourrelets des orteils qui sont devenus durs et craquants, à nouveau lisses. Cela lisse et renforce aussi les ongles.