A la rencontre d’une productrice de bio

Depuis quelques années, nous assistons à un véritable engouement pour les produits bio.

Mais cela correspond-il à un véritable choix de vie pensé et raisonné ou à un phénomène de mode ?

La naturopathe en moi serait tentée par la première option. Pour vous aider à vous faire votre propre opinion sur le sujet, je suis partie sur les routes de France et j’ai posé mon baluchon chez Magali Besse, productrice de bio en Dordogne.

V. V. : Bonjour Magali, comment définiriez-vous l’agriculture biologique ?

M.B. : L’agriculture bio (A.B.) est un mode de production respectueux des équilibres naturels qui exclut l’usage des pesticides de synthèse et des engrais chimiques. Cela exclut aussi tous les O.G.M. Nous nous basons sur l’observation, sur des savoirs. Nous utilisons également parfois quelques intrants (fumier, amendements). Notre rôle est de tenir un sol vivant, de manière à ce que ce que nous allons y planter et qui va devenir de la nourriture soit suffisamment fort pour résister aux attaques des insectes et des maladies. L’agriculture bio est régie par un cahier des charges européen.

V.V. : Est-ce que les produits bio sont vraiment meilleurs pour la santé que les produits classiques ?

M.B. : « Incontestablement, c’est bon pour la santé des agriculteurs qui sont les plus exposés et les premières victimes des pesticides (maladie de Parkinson). De plus, les produits bio sont riches en composants bénéfiques à l’organisme (en matières sèches, en antioxydants, en oméga 3, magnésium, fer…). » www.phyto-victimes.fr/étude de l’Université de Newcastle publiée en juillet 2014. On peut ajouter aussi par exemple le cas du cancer des testicules plus que prouvé chez les viticulteurs. On peut dire qu’en tous cas, l’agriculture bio est moins nocive pour la santé et que les vitamines y sont bien plus présentes (par exemple dans les fruits). De plus, avec ce mode d’agriculture, nous ne polluons pas les eaux. Il faut savoir que c’est le contribuable qui supporte directement le prix du traitement des eaux fortement polluées aux pesticides.

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V.V. : Que pensez-vous du slogan que l’on entend partout « Mangez bio, local et de saison » ?

M.B. : Oui, je le partage. C’est une démarche où on est bio et écologique, où on cherche à limiter l’impact lié aux transports.

V.V. : Le bio est-il vraiment plus cher ?

M.B. : On ne peut pas dire oui ou non. C’est un changement de mode de consommation. Il faut se rapprocher des producteurs ayant des produits de qualité et un label. Cela ne revient pas plus cher d’acheter de bons produits bio et de saison que d’aller acheter des plats cuisinés ou des fraises hors saison. Dans un produit bio, tout se mange. Vous n’avez quasiment pas de déchet. Prenons l’exemple de la betterave dont les feuilles se préparent en gratin. De plus, il n’est pas nécessaire d’éplucher les légumes.

V.V. : Que diriez-vous à tous ceux qui disent qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter bio ?

M.B. : Je leur dirais d’aller se fournir directement sur les marchés auprès des producteurs ou de se rapprocher des magasins de producteurs. Acheter bio est un choix de vie et de priorité. C’est choisir entre la société de consommation et la santé. Pierre Rabhi a dit : « On a fait de nous des pousseurs de chariots »… A méditer…

V.V. : Verriez-vous l’agriculture biologique pour un retour en arrière ou comme un bond en avant ?

M.B. : Incontestablement comme un bond en avant. On se rend compte que cela apporte un mieux donc ce n’est pas un recul. D’autant que nous savons à présent que nous pouvons éviter l’apparition de nombreuses maladies comme Parkinson en prenant soin de notre alimentation et de notre planète.

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V.V. : Cette évolution de consommation, la verriez-vous comme un phénomène de mode ou comme un mode de vie ?

M.B. : Cela a commencé par une prise de conscience au niveau de petits groupes. Cela s’inscrit à présent à travers les générations. Manger et donner à manger à ses enfants des produits sains et sans pesticide devient une priorité. Cela a tendance à prendre de l’ampleur. Nous assistons à un éveil des consciences par rapport à l’alimentation. Des cantines et des collectivités inscrivent des produits bio à leur menu.

V.V. : Et si vous ne deviez dire qu’un mot à ceux qui vont nous lire ?

M.B. : Informez-vous ! Soyez curieux ! Allez à la rencontre des producteurs ! Il est temps de restaurer la confiance entre ceux qui font manger le monde et le monde qui mange. Cela passe par la connaissance.

V.V. : Merci Magali.

M.B. : Merci à vous.

Magali Besse est productrice de bio à Limeuil (24) au Jardin du Triton Marbré.

Prenez soin de vous et portez-vous bien !

Véronique Vauclaire

Naturopathe

veronique-vauclaire.fr – 06.75 .93.83.83