Traitement naturel de l’hypertension et de l’hypotension par la médecine traditionnelle chinoise

Les modalités d’application diffèrent suivant les régions et la gra­vité de la maladie.

La bonne circulation des fluides dans l’organisme est une des constantes de la médecine chinoise. Elle agit sur le cœur, les vaisseaux et la sécrétion urinaire.

On doit soustraire l’eau et le sel.


Les médications diurétiques sont prescrites très tôt. Les mesures préventives et la surveillance des troubles dn rythme sont capitales. Wang Ki (1463-1539) reconnaissait les palpitations dans la “fai­blesse du flux vital”· Fang kou et Tcheou King (xv1′ siècle) notèrent également la “faiblesse du pouls” dans l’insuffisance cardiaque. Il est agité et irrégulier. Ils observèrent que les ongles des patients étaient noirs et que leurs membres étaient froids. Dans le traitement tonicardiaque, le Ginseng demeurait le médicament majeur. Mais les travaux les plus récents de l’ Academia Sinica ont mis en lumière les applications nouvelles des remèdes traditionnels. Les digitales indgènes et les Strophantus exotiques figurent parmi les drogues stimu­lantes du cœur.

La plus active paraît être la digitale laineuse. Elle a été exploitée à Hang-tcheou (1952) et étudiée à Pékin par Lieou Cheou-chan (1975).

Les traitements simples subsistent avec les traitements combinés.

Traitement naturel de l’hypertension et de l’hypotension: Le traitement simple

Strophantus
Les Collèges médicaux de Wou-han et de Pékin (1959) ont redé· couvert l’intérêt du Yang-kiao-yao (Strophantus divaricatus Lour, Hooker et Arnott) (S. divergens Graham) comme cardiotonique. Le Strophantus contient un glucoside (la strophantine ou l’ouabaïne). Le Strophantus divaricatus de Chine est une plante méridionale de la Province du Kouang-tong et de l’île de Haï-nan. On en tire le diva· ricoside remis à l’honneur par l’Institut de Materia Medica de Nan­kin (1970).

Les semences (Semen Strophanthi divaricati) (Apocynacées) sont appréciées dans le traitement de l’hypertension artérielle et de la tachycardie. Elles rentrent dans la composition d’un “vin” dit toni­cardiaque (Wou-kia·p’i ts’ieou). Les principes actifs du Strophantus (intraits de la plante fraîche stabilisée) ont été analysés par l’équipe de Lieou Cheou-chan (Pékin, 1975).

 

Periploca
La stimulation du cœur peut être obtenue par l’emploi d’une plante nordique de la Chine. Il s’agit du Kang-lieou p’i ( Cortex Peri­plocae) (A sclepiadaceae). L’écorce du Peripfoca sepium. Bunge, est collectée dans les Provinces septentrionales du Chan-si, du Ho-nan, du Ho-pei et du Chan-tong.

 

Aristoloche
L’hypertension est également traitée à l’aide du M a-teou-lîng (Aristolochia debilis Sieb. et Zucc.) (Aristolochiaceae). Cette plante est très utilisée dans les Provinces du Tch6-kiang, du Kiang-sou, du Hou-pei, du Nganhouei, du Fou-kien et du Chen-si.

La racine est employée depuis des temps immémoriaux contre les céphalées, les vertiges, la perte de conscience, la paralysie des extrémités ou autres symptômes qui sont maintenant attribués à l’hypertension avec ou sans accident cérébral (Chung Jung-keng, 1957).

Actuellement, on préfère prescrire le fruit (Fructus Aristolochiae) plutôt que la racine qui provoque des réactions gastro-intestinales défavorables et des vomissements. Il est particulièrement conseillé contre l’hypertension essentielle qui est la plus fréquente.
La dose quotidienne d’extrait fluide du Fructus Aristolochiae est de l 8 cc. Le traitement ordinaire dure cinquante-deux jours. Il pa­raît plus efficace au premier stade de l’hypertension essentielle. Le Fructus Aristolochiae peut rivaliser avec le Rauwolfia serpentina dont on connaît les inconvénients. Son action est plus lente. Mais elle se traduit par un abaissement régulier de l’hypertension.
Rauwolfia
Les alcaloïdes des Rauwolfia ont des propriétés neurosédatives. La résrpinc est un alcaloïde tiïé du Ru-u-..vuljia serpencina àe Finde. Dans ce pays, les praticiens traditionalistes utilisaient la racine de Rauwolfia contre les maladies mentales. Sen et Bose (1931) puis Vakil (1949) s’efforcèrent d’élucider son action sympatholytique.

Le traitement de l’hypertension par le Rauwolfia serpentina fut introduit en Occident vers 1952.
Le Rauwolfia chinensis est une plante de la Chine du Sud (Yun­nan, Kouang-si et Kouang-tong), des îles de Formose et de Haï-nan. L’écorce de la racine est également recommandée contre l’hypcrtension. L’espèce chinoise est identifiée sous Rauwolfia vertici/lata (Lour.) Baill. (Apocynaceae).

Le Rauwolfia A, extrait de la racine du Rauwo(fia de Chine, a été isolé, pour la première fois, par C.K. Chao (1957) qui a explicité son action hypotensive. Les possibilités thérapeutiques de la feuille et de l’alcaloïde extrait du Rauwolfia du Kouang-tong ont été précisées par Hsia Ping-nan, Fu Nai-wu et Chin Yin-chiang (Pékin, Institut de Materia Medica, 1962).
Les applications des Lo-fou-mou (Rauwolfia) ont été cataloguées par Lieou Cheou-chan (Pékin, 1975).
Si le Rauwolfia verticillata du Kouang-tong est prescrit contre l’hypertension, le Rauwolfia verticillata du Kouei-tcheou est, lui, in­diqué contre l’hypotension (1960). Ce dernier entraîne aussi des malaises généraux.

 

Digitales
La baisse de l’hypertension artérielle améliore l’insuffisance car­diaque et l’insuffisance rénale. La digitale, remède de l’insuffisance cardiaque, est également contre-indiquée dans l’hypertension.
« La digitale est le médicament majeur de l’insuffisance cardiaque progressive avec œdèmes et tachyarythmie.
« Par sa triple action brachycardisante, régularisante et renforçatrice de la contraction cardiaque, elle détermine une augmentation du débit cardiaque; celle-ci a pour double conséquence : en amont, la diminution de la masse sanguine et de la pression veineuse; en aval, l’amélioration de l’irrigation rénale.»

Les Chinois considèrent la digitale comme une plante typique de l’Europe. En Chine, elle est exploitée dans la région de Hang-tcheou (1970). La plus employée est la digitale pourprée (Digitalis purpurea Linné) (Scrophulariaceae). Le Folium Digitalis est appelé Yang Ti-houang. La digitale contient un principe amer et toxique : la digi­taline.

La digitale pourprée pousse naturellement sur les terrains siliceux d’Europe.
La digitale laineuse (Digitalis lanata), à fleurs poilues, est dite ori­ginaire de Hongrie. En Chine, elle est désignée sous les termes de « digitale de France» ou « digitale de Grèce ». Les feuilles de la« di­gitale velue» contiennent des glucosides cardiotoniques.


Quelques lectures intéressantes:

Traitement naturel de l’hypertension et de l’hypotension: Le traitement combiné

Le traitement combiné peut associer la digita­line à des drogues locales. On connaît les inconvénients de la digita­line qui s’élimine lentement dans l’organisme et la difficulté d’appro­visionnement en digitales occidentales. Les dérivés de l’ergot de seigle ont également été expérimentés. En Occident, l’Hydergine diminue l’hypertension et les résistances opposées par les artères du cerveau à une bonne circulation du sang. D’après M. Pradal, ce dernier médicament présente des inconvénients (congestion nasale, sensations nauséeuses et intolérances digestives).
Les accidents dus à l’hypertension ne sont pas toujours fonction de la pression artérielle. Il faut veiller sur les troubles circulatoires et craindre l’hémiparésie. On doit protéger le cerveau, support de la sensibilité consciente, des mouvements et de l’activité psychique. Les fameuses « pilules fortifiantes du cerveau » (Pou-nao wan) sont large­ment répandues sur le continent chinois. Nous en donnerons les constituants :

traitement naturel hypertension

Ces pilules activent la circulation sanguine et facilitent la fonction rénale. Elles sont préparées à Sian.
La clorprûmazine, lranquiliisant de type occidental, qui agit à la fois sur le système nerveux central et le système nerveux autonome, est, en Chine, prescrit contre l’hypotension (1958).
Parmi les drogues hypotensives chinoises nous mentionnerons encore le Veratrum Schindleri, le Paeonia moutan, le Chrysanthe­mum indicum L. et le Clerodendron trichotomum T., traditionnelle­ment prescrit contre les céphalées et les rhumatismes.
James Y.P. Chen (1972) a signalé les propriétés hypotensives d’un nouvel alcaloïde tiré des graines du Lotus asiatique (Nelumbo nuci­fera G.).
La décoction dite des « deux génies » (Eul-sien t’ang) a été utilisée en clinique contre l’hypertension de la femme à l’hôpital n° 11 de Chang-haï (1959). Elle est composée de six drogues traditionnelles: le Rhizoma Curculigo (Sien-mao), l’Herba Epimedii ( Yin-yang­houo), le Radix Morinda officinalis (Pa-ki-t’ien), le Cortex Phello­dendron chinense (Houang-nie), le Rhizoma Anemarrhenae (Tche­mou) et le Radix Angelica sinensis (Tang-kouei). Cette dernière dro­gue n’avait jamais été expérimentée en cardiologie.
Les exercices physiques modérés (techniques respiratoires) et la massothérapie traditionnelle permettent également de soulager les hypertendus.
L’hypertension artérielle se manifeste par la pression du sang dans les artères. Elle peut être passagère (néphrite aiguë) ou permanente (constitutionnelle). La médecine chinoise considère l’hypertension comme une « dysfonction » artérielle. On y remédie par l’administra­tion de « tablettes tranquillisantes du cceur » (sin-sing) qui servent à prévenir l’artériosclérose (durcissement des artères): l’artérite des coronaires peut en effet entraîner la sténose ou le spasme des artères, l’infarctus, etc.

Il arrive que ces tablettes provoquent une diarrhée transitoire et le malade doit être suivi médicalement. Le traitement habituel est de deux tablettes trois fois par jour. La formule n’est pas donnée, mais la drogue est vendue par la Taichow Chinese medi­cine works (Kiang-sou).
Nous donnerons la composition de la « pilule dite de Ginseng nou­vellement confectionnée» (Ginseng (Jen-chen) tsai-tsao wan):

pillule de ginseng

La « pilule dite de Ginseng» est prise une ou deux fois par jour. Elle est indiquée contre les rhumatismes, l’apoplexie et l’hémiplégie. Elle est produite à Chang-haï.
L’artériosclérose est une maladie commune chez les vieillards, mais elle paraît moins fréquente en Chine et survient plus tardive­ment. Ce fait est attribué au régime alimentaire peu riche en lipides qui supprime la plupart des graisses animales. Les recherches sur l’hypertension ont porté sur le Rauwolfia verticillata.
Le traitement combiné n’est pas réduit à l’association de prépara­tions végétales. Il fait appel à tout l’arsenal thérapeutique chinois. Dans le cas de durcissement des parois des artères (arteriosclérose), les « médecins aux pieds nus » ont eu recours, en 1971, aux prépara­tions animales, à l’acupuncture et à !’auriculothérapie. En thérapeu­tique traditionnelle, l’indication la plus courante est celle du Wou­ling Tche (Excrementum Pteropi) combiné avec P’ou-houang (Pollen Typhae), Yen-hou-sa (Tuber Coryda!idis) et Tch’ouan Lien­tseu (Fructus Toosendan). Il convient de rappeler que les vertus antalgiques du Yen-hou-sa ( C01ydalis ambigua, Papaveraceae), décrites par Li Che-tchen ( 1518-1593), ont été confirmées très récem­ment. Quant au Corydalis B., on l’a découvert en 1955 ou 1957. Il s’est révélé aussi actif que l’ l-Iydergine comme tranquillisant.

Les acupuncteurs chinois retiennent trois points dans le traitement des manifestations de la diathèse arthritique. Il s’agit du Nei-kouan (Point n° 6 du méridien Maître du Cœur, à environ trois travers de doigt au-dessus du milieu du pli du poignet), du Kien-che (Point n° 5 du méridien Maître du Cœur, localisé sur la face antérieure de l’avant–bras au-dessus du Nei-kouan), du Chan-tchong (Point n° 17 de la ligne médiane antérieure sur le sternum dit « Point respira­toire»).
Les points de l’oreille conseillés sont le point du Cœur, le point sédatif Chen-men, le point Sous-cortical, combinés avec le point du Sympathique, le point Endocrinien, le point des Reins et le point de l’estomac.
Nous n’insisterons pas sur ces techniques qui ont été étudiées d’une manière exhaustive par le docteur Henri Jarricot.

Les informations, les opinions et les conseils contenus dans cet article ne doivent pas être utilisés comme outil de diagnostic ni être substitués à un diagnostic médical.
Il est fortement recommandé de demander un avis médical auprès d’un professionnel de santé avant d’envisager tout traitement.

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