La psychologie du remède en médecine traditionnelle chinoise

L’alimentation étant une nécessité, elle explique le choix d’une drogue qui est un aliment. Dans ce cas, l’automédication est courante. Le fortifiant est souvent demandé au praticien.
Déjà hautement valorisé par l’officine, le remède est magnifié par la tradition. Le tonique garde une puissance occulte. Il détient la pre­mière place dans la pharmacie moderne chinoise.

Il est censé réveil­ler l’activité des organes. Il jouit de la réputation la plus haute en Asie orientale. Les toniques sont constitués par un élément appelé «essence» (Tsing), c’est-à-dire par un produit naturel qui est à la base du médicament.

« L’essence de gallinacés » est, par exemple, additionnée de Cordyceps qui est réputé nutritif et corroborant. Ce remède est un reconstituant général. Il est recommandé aux vieil­lards frileux comme aux intellectuels surmenés. Il traite l’insomnie, la dyspepsie et l’asthénie. Il s’agit souvent de troubles fonctionnels sans cause anatomique décelable.


Le traitement doit viser à rétablir avant tout un équilibre de fonction. Une cause importante de déséquilibre réside dans l’ingestion de médicaments irritants. « L’essence de gallinacés» avec Cordyceps (Tch’ong-ts’ao Ki-Ising) est facile à prendre, diluée dans de l’eau chaude ou froide. Elle était présentée sous la marque Yang-cheng (« Nourrir la Vie ») à Canton (I 972).
Cet emploi actuel de la« Plante l’été et Ver l’hiver» sous la dési­gnation « Nourrir la vie», témoigne de la pérennité de la nomencla· ture populaire.
Elle confirme la croyance locale suivant laquelle une partie de cette drogue serait végétale et l’autre animale. Réaumur lui-même, n’avait pas réalisé qu’il s’agissait d’un cas de parasitisme.


Quelques lectures intéressantes:

Le Cordyceps est collecté dans les forêts du Sseu-tch’ouan et du Si-k’ang. Son exploitation a été étendue au Yun-nan et au Tibet. Il a été identifié par Berkeley sous Sphaeria sinensis (Londres, 1843). P’ei Kien et Tcheou T’ai-yen (1951) ont précisé les données des Pen-ts’ao (Ma­teria Medica).

Le Cordyceps est un stimulant du Ming-men (“Porte du destin”) figurant le rein. Il est, par conséquent, destiné à favoriser l’activité génésique, c’est-à-dire à nourrir la vie.
Le Hia-ts’ao Tong-tch’ong (Plante l’été et Ver l’hiver) est un champignon A scomycète (Hypocreaceae) entomophyte du genre Cordyceps (Cordyceps sinensis (Berk.) Sacc., Mich. I. 320 (1879)). Il fut signalé à l’Académie des Sciences par le très grand biologiste que fut Réaumur (Paris, 1726).
Tchao Hiue-min ( 1765) considérait le Cordyceps comme le toni­que par excellence. Cette dernière indication est reprise par l’Aca­démie des Sciences de Chine (Icones of Chinese Medicinal Plants. Pékin, 1951, p. 5). La partie employée est l’hôte et le mycélium. L’hôte est une noctuide (Agrotîs sp.).

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