Ces derniers temps, beaucoup de personnes ne décrivent pas une peur précise… mais une tension diffuse, alimentée par l’actualité, le climat, et un sentiment d’insécurité. Ce n’est pas “être fragile”. C’est souvent une réaction humaine à un environnement perçu comme instable. L’enjeu : retrouver du calme réaliste, sans s’anesthésier ni se raconter d’histoires.
Vous êtes au calme, un soir. Tout va “à peu près” dans votre vie. Et pourtant, en ouvrant les infos, quelque chose se contracte. Une crispation dans la nuque. Un soupir qui se bloque. Une pensée qui tourne : “Où est-ce qu’on va ?”
Ce n’est pas une panique spectaculaire. C’est plus sourd. Plus collant.
On confond souvent deux choses :
- la lucidité face à des risques réels,
- et l’alarme intérieure qui se met à tourner en continu, comme une sirène qui n’a plus d’interrupteur.
Cette anxiété-là a une logique… même si elle épuise
Notre cerveau n’a pas été conçu pour digérer, chaque jour, une avalanche d’alertes à l’échelle mondiale. Il est très fort pour repérer un danger proche et agir vite. Il est beaucoup moins à l’aise quand l’incertitude devient permanente et massive.
L’Organisation mondiale de la santé rappelle que l’anxiété devient un problème surtout quand elle entraîne une détresse importante et gêne le fonctionnement au quotidien.¹
Et puis il y a un phénomène spécifique, de plus en plus nommé : l’éco-anxiété, définie (dans une étude française de référence) comme une détresse mentale face aux enjeux environnementaux, à distinguer de la simple conscience des enjeux et de l’engagement.²
Autrement dit : on peut être informé, concerné, actif… sans être écrasé. Mais quand l’émotion déborde, elle peut vous voler vos ressources.
Le piège le plus courant : confondre “s’informer” et “s’exposer”
S’informer peut être utile. S’exposer en boucle, beaucoup moins. Parce que l’exposition répétée à des contenus anxiogènes entretient un état d’hypervigilance : on cherche une issue… et on nourrit la tension.
Le résultat est paradoxal : plus on scrolle, plus on a le sentiment de “faire quelque chose”, mais plus on se sent impuissant. Et l’impuissance est un carburant puissant de l’anxiété.
L’objectif n’est pas d’aller bien “malgré le monde”
L’objectif, c’est de retrouver une marge de manœuvre : un espace intérieur où vous pouvez respirer, penser clairement, choisir vos actions — même petites — plutôt que réagir en permanence.
C’est là que trois leviers réalistes peuvent se compléter : hypnose, psychologie positive, entourage social.
1) L’hypnose : apaiser l’alarme, pas effacer la réalité
L’hypnose (dans ses usages cliniques) est souvent décrite comme un état de conscience particulier mobilisable pour travailler avec l’attention, les sensations, et certaines réponses automatiques (stress, anticipation, scénarios catastrophes). Un rapport de l’Inserm consacré à l’évaluation de l’hypnose rappelle notamment ses usages dans le soin, dont la gestion de l’anxiété dans certains contextes, tout en soulignant l’importance d’une évaluation rigoureuse selon les indications.³
Ce que ça peut apporter de façon réaliste quand “le monde fait peur” :
- Réduire la charge physiologique : calmer le corps pour que l’esprit redevienne plus disponible.
- Desserrer l’anticipation : quand l’imaginaire se met à fabriquer des films noir complet, l’hypnose aide à ramener l’attention au présent.
- Renforcer un “lieu sûr” interne : pas un déni, mais un point d’appui.
Ce que ça ne fait pas :
ça ne “supprime” pas les problèmes géopolitiques ou climatiques. Ça vous rend juste plus capable de les regarder sans être aspiré.
2) La psychologie positive : retrouver du pouvoir d’agir, sans positivisme toxique
La psychologie positive sérieuse n’est pas un discours du type “pensez à des licornes”. Elle s’intéresse aux conditions qui soutiennent le bien-être, les ressources, la résilience. Santé publique France a publié une revue de littérature sur les interventions de psychologie positive, précisément pour discuter de leur efficacité et de leurs usages possibles en santé publique.⁴
Concrètement, certaines pratiques simples (bien choisies) peuvent :
- rééquilibrer l’attention (qui se colle naturellement au négatif),
- réactiver des émotions prosociales (gratitude, appréciation), associées à un meilleur bien-être social dans des travaux de recherche.⁵
Le point clé : on ne remplace pas la lucidité par de la “positive attitude”. On réintroduit du contrepoids. Sans contrepoids, votre psychisme devient une balance bloquée d’un seul côté.
3) L’entourage : l’antidote le plus sous-coté à l’angoisse diffuse
Quand on se sent en insécurité, on a tendance à se replier. Sauf que le repli augmente souvent la rumination.
À l’inverse, les approches de santé publique mettent fortement en avant les compétences psychosociales (cognitives, émotionnelles, sociales) et leur rôle dans la santé mentale et le lien aux autres.⁶
Dans la vraie vie, “un bon entourage”, ce n’est pas avoir 30 amis. C’est avoir au moins une ou deux relations où vous pouvez :
- parler sans être jugé,
- être ramené au concret,
- retrouver du rythme (sortir, marcher, manger, rire…).
Et parfois, c’est aussi apprendre à dire : “Là, je suis saturé. Je ne peux plus écouter d’alertes ce soir.”
C’est une compétence. Pas un caprice.
Trois actions simples (et tenables) dès cette semaine
- Hygiène d’info : choisissez un créneau court (ex. 15 minutes), une source fiable, puis stop. Le reste du temps : vivre.
- Rituel de retour au corps (2 minutes) : respiration lente, mains posées, sensation des appuis. L’objectif n’est pas la performance, c’est le “reset” du système d’alarme.¹
- Un contact humain intentionnel : un appel, un café, une marche. Pas pour “résoudre le monde”, juste pour réactiver du lien réel.⁶
Si l’anxiété devient envahissante (sommeil très altéré, attaques de panique, évitements, souffrance durable), ça vaut le coup d’en parler à un professionnel de santé : les troubles anxieux se prennent en charge, et les psychothérapies font partie des traitements essentiels.¹ ⁷
Le monde peut rester instable… sans que votre système intérieur soit condamné à l’être aussi. Le but n’est pas d’aller “bien” en permanence. Le but, c’est de retrouver assez de calme pour penser, aimer, agir — à votre échelle.
Grégory Renaux est hypnothérapeute à Paris praticien certifié et validé par le réseau therapeutes.com, Il accompagne les personnes qui se sentent dépassées par le stress, l’anxiété, les émotions ou certaines habitudes tenaces.
Son approche est intégrative, mêlant hypnothérapie, outils de psychologie positive, respiration et techniques de régulation, avec une adaptation fine au rythme de chacun.
Pas de promesses miracles ni de “tout ira bien” automatique : l’objectif est de rester lucide, tout en retrouvant du calme et des ressources concrètes.
Membre actif de la communauté therapeutes.com, il s’inscrit dans une démarche d’accompagnement sérieuse, transparente et centrée sur la qualité de la relation thérapeutique.
Avertissement médical : Cet article est à visée informative. L’hypnose ne remplace en aucun cas un diagnostic médical ni un suivi thérapeutique. Pour tout trouble persistant, il est essentiel de consulter un professionnel de santé qualifié.
Sources
- Organisation mondiale de la santé (OMS) — Troubles anxieux — Fiche d’information — 8 sept. 2025. (Organisation mondiale de la santé)
- ADEME — Éco-anxiété : quelles menaces sur la santé mentale des Français ? — Communiqué — 15 avr. 2025. (Agence de la transition écologique)
- Inserm — Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose — Rapport thématique — 2015. (Inserm)
- Santé publique France — Psychologie positive : revue de littérature sur les interventions — Document PDF — 2017 (mise en ligne selon PDF). (Santé Publique France)
- Revue québécoise de psychologie (via Érudit) — Gratitude et bien-être social : mécanismes explicatifs… — Article (PDF) — 2017. (Érudit)
- Santé publique France — Compétences psychosociales — Page thématique — s. d. (Santé Publique France)
- Inserm — Troubles anxieux — Dossier — 2 mars 2021. (Inserm)



