Le méridien dans la médecine chinoise: quel est son rôle? Comment fonctionne t’il?

Le système méridien, l’acupuncture et les grandes lignes de cette vaste organisation

Selon la médecine traditionnelle chinoise, notre corps est constitué d’une toile géante appelée système des méridiens qui relie les différentes parties du corps entre elles. Cette toile constitue une carte corporelle complète mais complexe qui distribue le « Qi », c’est à dire l’énergie vitale, dans chaque partie du corps. Cette énergie vitale facilite la distribution du sang et des fluides corporels, maintient l’équilibre entre les éléments yin et yang, et protège le corps contre les maladies.

Les chinoise parlent parfois de fleuves pour désigner ces canaux qui distribuent l’énergie. Mais le terme le plus couramment employé pour désigner ces canaux, ce sont les « méridiens ». Les Chinois ont identifié 71 méridiens dans le corps humain, selon une carte énergétique de base pour tous les êtres humains. Les méridiens sont souvent comparés à une série d’autoroutes interconnectées. Chacun des principaux organes du corps est associé à son propre méridien. Grâce au réseau de méridiens, les organes internes sont reliés à certaines zones et parties du corps, dont notamment les muscles, les os, les articulations et d’autres organes.

Les Chinois estiment que la bonne santé est une manifestation d’un certain équilibre dans le corps, tant à l’intérieur du corps lui-même qu’entre le corps et l’environnement extérieur. Lorsque le corps est équilibré intérieurement et en harmonie avec l’environnement extérieur, le Qi s’écoule doucement à travers les méridiens pour nourrir les organes et les tissus. Si une obstruction survient dans l’un des méridiens, le Qi est perturbé et ne s’écoule pas correctement. Lorsque le Qi ne peut pas s’écouler correctement ou est contraint de s’écouler dans la direction opposée, l’équilibre inné du corps est perturbé et la maladie apparaît comme une conséquence de ce déséquilibre.


Les points d’acupuncture sont les points spécifiques des méridiens où le « Qi » est à la fois concentré et accessible. L’acupuncture travaille sur le « Qi » en insérant des aiguilles sur ces points d’acupuncture très précis , le but étant de rétablir le flux correct du Qi. Au fur et à mesure que le corps retrouve son équilibre naturel, le bien-être revient.

Les acupuncteurs travaillent donc sur ces points pour réguler les organes ou méridiens correspondants afin que le corps puisse retrouver son équilibre et sa santé.

A quoi correspondent les méridiens ?

Le système des méridiens est constitué d’une série de canaux qui séquencent la circulation du « Qi » (énergie vitale). Dans ce système, douze méridiens principaux forment la structure principale et le pilier de Tui Na; ils parcourent la poitrine, l’abdomen et la tête pour relier les organes internes; quinze collatéraux externes pour courir le long des membres et sur le tronc.

Chaque Méridien est symétrique (gauche et droite), à son trajet propre, son horaire énergétique et correspond à un organe, à une entrailles ou à une fonction dont il porte le nom.

On retrouve les 5 méridiens « Yin » suivants qui portent le nom des organes auxquels ils correspondent:

  • Méridien du foie
  • Méridien du poumon
  • Méridien du coeur
  • Méridien de la rate
  • Méridien des reins

On retrouve ensuite les 5 méridiens yang suivants :


Quelques lectures intéressantes:

  • Méridien de l’estomac
  • Méridien de l’intestin grêle
  • Méridien de la vésicule biliaire
  • Méridien du gros intestin
  • Méridien de la vessie

Les méridiens travaillent en étroite collaboration les uns avec les autres, et le dysfonctionnement de l’un d’entre eux affecte généralement un autre. En médecine chinoise, la connaissance du système des méridiens est aussi importante que l’anatomie et la physiologie en médecine occidentale.

Le méridien dans les médecines traditionnelles

Il y a plus de 2000 ans, les cultures anciennes relataient déjà l’existence de ces canaux énergétiques (méridiens). On les appelait « sen » en Thaïlande, « nadis » en Inde, »méridiens », »chenaux », « navires », « fleuves » en Chine et au Japon, et « chenaux » au Tibet. En Inde, où de nombreux arts de guérison orientaux se sont développés, on comptabilise 72 000 nadis ou voies énergétiques.

Le point essentiel commun à toutes ces cultures, c’est que la maladie (au sens large et quelques soient les maladies) correspond en fait à un blocage dans le flux d’énergie de ces canaux. De nombreuses formes de médecine traditionnelle, notamment l’acupuncture, l’acupression, la réflexologie, le massage et le yoga, sont fondées sur le principe de l’existence de ces méridiens.

Le décalage entre orient et occident

La principale raison pour laquelle l’acupuncture est souvent méprisée par la médecine occidentale, c’est le manque de réalité scientifique substantielle derrière son fonctionnement. Les premières tentatives pour « expliquer » l’acupuncture ont très vite été décriées, les protocoles et méthodologies étant très incertains.

En 2010, des neuroscientifiques américains, sous la direction de Maiken Nedergaard, ont tenté de démontrer qu’un mécanisme physiologique bien connu permettait d’expliquer les bienfaits de cette science orientale sur certaines douleurs locales. L’étude a été publiée dans Nature Neurosciences et est intitulée « Les récepteurs A1 de l’adénosine sont les médiateurs des effets antidouleur de l’acupuncture ». (1)

Les séances d’acupuncture menées par Maiken Nedergaard ont duré une demi-heure pour chaque animal. A chaque fois, elle a enfoncé une aiguille dans un point bien identifié situé dans la patte douloureuse d’un cobaye et a tourné l’aiguille, selon une méthode traditionnelle, toutes les cinq minutes. Elle a alors prélevé un peu du liquide qu’elle trouvait dans la zone piquée, et a mesuré la teneur en adénosine, un anti-douleur naturel sécrété par certaines cellules. A la fin de la séance, celui-ci était 24 fois plus élevé qu’au début. Par ailleurs, les chercheurs ont constaté que cela coïncidait bien avec une diminution importante de la souffrance pour deux tiers des souris traitées. (source: www.lefigaro.fr).

 

 

(1) Nat Neurosci. 2010 Jul ;13(7) :883-8. Epub 2010 May 30. Adenosine A1 receptors mediate local anti-nociceptive effects of acupuncture. Goldman N, Chen M, Fujita T, Xu Q, Peng W, Liu W, Jensen TK, Pei Y, Wang F, Han X, Chen JF, Schnermann J, Takano T, Bekar L, Tieu K, Nedergaard M.

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