Exemple de sophronisation

1) Sophronisation minimale :

Ce schéma de sophronisation comporte certains éléments abso­lument indispensables pour induire un état sophronique.

a. relaxation, comportant au minimum les deux premiers exercices du training-autogène de Schultz : poids et chaleur

b. approfondissement par des mouvements respiratoires

c. suggestion postsophronique avec signe-signal

d. désophronisation

2) Schéma d’une sophronisation classique en odontologie

a) anamnèse sommaire ;

b) relaxation induite grâce aux différents exercices du training­ autogène de Schultz (poids, chaleur, perception du rythme car­ diaque, perception du rythme respiratoire, dont on se servira pour approfondir l’état sophronique, chaleur au plexus et fraî­ cheur au niveau du front) ;

c) tests de contrôle de la profondeur de l’état sophronique ;

d) index signal ;

e) images libres ;

f) suggestion d’anesthésie thérapeutique (anesthésie en gant, froid, sécheresse, éventuellement images imposées) ;

g) suggestions postsophroniqnes (durée de l’anesthésie), signe- signal (mains, front), cadeau (sommeil, bien-être) ;

h) sophronisation très lente, progressive ;

i) dialogue avec le malade ;

Examinons maintenant point par point les différentes étapes de cette sophronisation classique :

a) L’anamnèse sommaire : il faut d’abord demander au sujet s’il connaît la relaxation et s’il a fait du yoga ; s’il s’agit d’une femme, lui demander si elle a eu l’occasion d’expérimenter l’ac­ couchement sans douleur. Il faut faire préciser an sujet s’il est droitier on gaucher (ce qui a une importance dans l’induction de la relaxation, comme nous le verrons dans l’étude du training­ autogène de Schultz).

b) La relaxation : les différents exercices du training sont faits dans l’ordre en surveillant le pouls, la respiration.

c) Les tests de contrôle : ils permettent de contrôler le degré de relaxation atteint.

d) L’index-signal : arrivé à ce stade de la relaxation, vous dites au malade : « Je touche l’index de votre main gauche et vous constatez que vous pouvez le soulever, cela va vous permettre, si vous le soulevez une fois, de signaler votre désir de sortir de cet état ou de répondre à mes questions sans sortir de votre état de relaxation. Pour répondre oui, vous soulevez une fois votre index, pour répondre non vous le soulevez deux fois. »

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e) Images libres : on suggère au patient de se rappeler une situation agréable, celle qu’il désire, qui se présente à son esprit, sans chercher à rinfluencer. Dans certains cas, pour mieux faire ressentir certains phénomènes, on peut cependant être amené à utiliser des images imposées. Il faut alors le faire, comme l’a souligné Dumont, clairement, sans aucune équivoque, de manière que le sujet ressente cette manœuvre comme un moyeu technique conventionnel ne le heurtant en rien. C’est ainsi, par exemple, que les suggestions de froid que l’on fait pour l’anes­thésie pourront être renforcées par des images de neige, de glace ; les suggestions de froid s’emploient surtout pour diminuer le temps de saignement. La sensation de chaleur qui est, comme nous l’avons vu, utilisée pour lutter contre certaines douleurs, certaines manifestations spasmodiques, sera évoquée par le soleil, le sable chaud. Les sensations de soif ou de sécheresse de la bouche permettront de diminuer le flux salivaire.

f) Suggestions postsophroniques : on peut obtenir par des suggestions appropriées, en état sophronique, une anesthésie qui se prolonge au-delà de la sophronisation, ce qui permet de travailler sur un sujet parfaitement lucide, coopérant. Celui-ci étant parfaitement présent lors de l’acte opératoire, il faut tou­jours fixer une certaine durée à la suggestion d’anesthésie post­ sophronique. Il est important de souligner qu’il n’existe pas d’amnésie, bien que l’anesthésie persiste. Cela signifie que la personne sait que le phénomène a été suggéré pendant la sophro­nisation.

g) Le signe-signal : le signe-signal, qui est une convention entre le sophrologue et le sophronisé, permettra d’obtenir un état sophronique plus rapidement lors d’une séance ultérieure, l’induction étant déclenchée par le signe-signal lui-même. Le cadeau : Abrezol et Dumont insistent beaucoup sur la notion du « cadeau » qui est en général banal, impersonnel : bien dormir, se sentir parfaitement détendu, en pleine forme après la séance.

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h) La désophronisation : la désophronisation est une phase extrêmement importante. Il est en effet parfois assez difficile d’estimer la profondeur de l’état sophronique atteint et l’on peut être très surpris des difficultés qu’éprouve un sujet à émerger de son état de relaxation ; soit qu’il ait atteint un état vraiment très profond, soit qu’il se trouve vraiment si bien qu’il ait envie de prolonger la séance. Il ne faut jamais brusquer les choses. On propose tout simplement un délai : « Je vais compter jusqu’à 15 et vous allez sortir lentement, progressivement de votre état de relaxation ; à 15 vous émergerez complètement. » Si l’on déso­phronise trop rapidement, on peut déclencher des troubles gênants : angoisse, agitation, réaction tachycardique, vertiges, fris­sons. Caycedo fait toujours refaire à l’envers, au sujet, le chemin initial ; il lui fait prendre conscience du tonus musculaire des jambes, du corps, de la nuque ; il le fait s’étirer, inspirer et expirer fortement, puis ouvrir les yeux en prenant soin d’effacer, avant la désophronisation, toutes les suggestions dont on ne désire pas que l’effet se prolonge après « le réveil ».

i) Dialogue : il permet de contrôler ce que le patient a res­senti et de le ramener complètement à l’état vigile. Il est indis­pensable de s’assurer, après sophronisation, que le patient a com­plètement récupéré avant de le laisser sortir du cabinet.