Exemple de sophronisation suivant la technique habituelle de Caycedo

Après avoir établi l’indication de la sophronisation, soit par voie sophrothérapique, soit par voie sophropédagogique, le Dr Caycedo procède de la manière suivante : le sujet étant dans une position commode, assis ou en decubitus, il commence par lui demander de fermer les yeux ; ensuite il le prie de déten­dre les muscles du visage et des épaules, phénomène auquel il accorde une très grande importance.

Par le terpnos logos, il explique au malade qu’en détendant les muscles du visage, des épaules, il se produit une relaxation du cou et de la nuque qui favorise ainsi la circulation cérébrale, ce qui produit une grande sensation de bien-être. Caycedo n’utilise aucun test de profondeur ni aucune épreuve.

Ensuite, il demande au sujet de détendre les bras, les muscles du dos, les abdominaux et les muscles des jambes. Il laisse le malade prendre conscience de la circula­tion sanguine et lui suggère ensuite de produire lui-même mentalement une agréable sensation d’obnubilation comme s’ « il voulait dormir ». Il lui demande de se laisser aller doucement « au bord du sommeil » . Bien entendu, la sophroni­sation est adaptée à chaque cas particulier et l’on a recours tantôt au procédé sophrothérapique, tantôt au procédé sophro­ pédagogique.

Caycedo utilise généralement un magnétophone lorsque le malade doit pratiquer à domicile une méthode déter­minée. Comme nous l’avons déjà dit, il accorde une très grande importance à la récupération du tonus musculaire ordinaire au moment de la désophronisation. Dans sa technique, telle que je l’ai donnée, qu’elle soit pratiquée individuellement ou en groupe, il procède de la façon suivante : il prie le sujet, en comptant un ! de respirer profondément et de prendre la commande progressive de son schéma corporel ; en comptant deux ! il lui demande de bouger les orteils, les doigts et les muscles du visage, comme  « s’ils mâchaient du chewing-gtnn ». C’est ce qu’il appelle « prendre contact avec les trois points cardinaux du schéma corporel ». En comptant trois ! il demande, les paupières étant toujours closes, de s’étirer librement, d’abord avec douceur puis énergiquement. Lorsque le sujet a retrouvé la plénitude de son contrôle musculaire, il peut ouvrir les yeux. C’est à ce moment-là que s’établira le dialogue pendant quelques minutes. Nous ne saurions ici analyser en détail le pourquoi et le comment de cette technique. Notons cependant que sa répétition systématique crée chez le sujet entraîné un réflexe d’autorelaxation très rapide, qui lui permet d’éliminer les ten­sions pathologiques et de maintenir un tonus musculaire harmo­nique favorable à la pratique de techniques sophroniques plus élaborées.

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Indications et contre-indications

II résulte de ce qui précède que la sophronisation est indiquée, d’abord, pour le traitement de l’ensemble des troubles psycho­ somatiques et des maladies où la mise en marche de l’énergie sous-jacente est nécessaire. La sophrothérapie peut être combinée avec n’importe quelle autre thérapeutique médicamenteuse, l’in­dication des différentes techniques étant l’affaire du spécialiste. II faut donc que celui-ci applique en l’adaptant à ses propres besoins cette arme d’une très grande puissance dans le domaine psychosomatique.

Pour Caycedo, les recherches sophrologiques doivent intéresser essentiellement deux secteurs : celui de la recherche sur la conscience, où nos connaissances sont vraiment très limitées, et celui de la thérapeutique où chaque spécialiste se limitera à l’utilisation des techniques dans le cadre de sa propre spécialité.

Une autre indication, qui est appelée à un très grand avenir, consiste dans la prévention des maladies et le développement de la personnalité psychophysique. Caycedo attache à cette indi­cation une importance de premier plan : « La sophrologie, dans la médecine en général, tend chaque jour à être davantage préventive que curative. »

Les techniques sophropédagogiques, de création récente, commencent à avoir une grande diffusion dans ce sens. Nous ne devons pas oublier en effet que l’angoisse et l’anxiété sont le mal de notre époque et que les techniques sophropédagogiques qui viennent de naître saut appelées à con­tribuer au développement des forces psychophysiques de l’homme en augmentant sa résistance vis-à-vis de l’angoisse et en développant son énergie vitale.

Les contre-indications de la sophrothérapie sont très réduites.

Chaque spécialiste devra en adapter les méthodes à sa propre spécialité. Caycedo insiste bien sur le fait qu’en aucun cas la sophrothérapie ne peut être dangereuse si son indication a été posée correctement. Un épileptique, par exemple, s’abstiendra de pratiquer le premier degré de la relaxation dynamique ; l’anes­thésie sera recherchée exclusivement lorsqu’elle s’imposera. Il va sans dire que la sophrothérapie est essentiellement réservée aux médecins, aux odontologues et aux professions paramédicales et se trouve protégée par la rigueur de l’éthique professionnelle.

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